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L'esprit qui était dégoûté par un autre. [PV Amelia]

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MessageSujet: L'esprit qui était dégoûté par un autre. [PV Amelia] Mer 8 Oct - 12:08

Chaque matin c'était le même rituel qu'Alastair observait. Il avait découvert sa victime dans un supermarché quelconque, à demi-caché des regards entre les rayons pendant qu'il entassait de la nourriture dans son cadis. L'homme avait de suite piqué son intérêt et Alastair s'était intéressé à lui. Peut-être un peu trop mais tant pis. Chaque jour, comme une fleur qui s'épanouissait, l'idée de posséder cet homme qu'il observait le titillait. Mais il fallait être patient et attendre son heure, posséder assez d'énergie. Alastair avait commencé à le tourmenter. Des objets bougeaient, tombaient. L'homme commençait à avoir peur chez lui. Cet homme qui lui ressemblait étrangement, mais avec une qualité de vie bien supérieure. Cet homme qui avait une petite fille de dix ans qui venait toutes les deux semaines chez lui pour un séjour de quatre jours. Ce monde était différent, les lois différentes, les mentalités différentes. Sa future victime avait décidé d'aller au parc avec sa fille, habitant dans le quartier de Mid-City.

C'était bien le seul quartier qui était considéré comme no man's land par toutes les créatures surnaturelles ainsi que l'association des médiums, sorciers et exorcistes. Ce quartier était une tranchée épargnée tandis que chaque côté, quartier esprit et humain se faisaient face. Alastair se rendait naturellement au parc, invisible, suivant le père et sa fille. Les feuilles commençaient à tomber, prenant des teintes orangées tandis qu'elles échouaient mollement au sol. Le spectacle était magnifique à observer, même si au final, le Dibbouk s'en moquait comme de l'an quarante. Il faisait frais disaient les vivants, mais Alastair ne ressentait rien. Il passait entre les bancs, entre les conversations qui disaient que la ville était étrange, mais aussi, la colère grondait. La ville était confinée, personne ne sortait et les seuls qui rentraient, à ce qu'on racontait, étaient les exorcistes. Alastair le savait car les esprits discutaient entre eux.

Et à trop discuter, certains se retournaient contre d'autres esprits et les accusaient de servir la cause de l'association. Alastair avait assisté de nombreuses fois à ce genre de scènes. Il ne comptait pas aider l'association, mais tout cela le rendait curieux même s'il n'en parlait pas ouvertement. La peur ainsi que la rage grondaient dans les rangs, chacun avait peur de se prendre un retour de bâtons sur la bobine. Après tout, le fait que des exorcistes arrivent en masse dans cette ville n'avaient rien de bien rassurant. Furfur était tout dans ses pensées quand sa victime bifurqua de chemin, emmenant sa fille sur des petits jeux et que le regard d'Alastair se posa sur Amelia. Il connaissait cette possédée depuis quelques temps et avait été particulièrement dégoûté quand il avait découvert que l'esprit qui la possédait, était un homme qui l'aimait. Furfur était tordu, mais dans une certaine limite bien entendu. Et étrangement, il y avait encore des choses dans ce monde qui pouvait le dégoûter. Par exemple, le fait qu'un esprit amoureux possède quelqu'un cher à son cœur.

D'une poussée d'énergie, le mauvais esprit se rendit visible. Dans sa tenue de l'époque, il faisait un peu tâche, mais personne ne s'attardait guère longtemps sur lui. Il portait un vieux pantalon usé ainsi que des bottes d'équitation en véritable cuir, dans le même état. Il portait une chemise foncée aux manches relevées sur des bras musclés et brunis par le travail en extérieur avec les chevaux, à l'époque. Un visage mal-rasé, des yeux bleu clair profonds mais remplis de dureté. Il avait conservé sa dernière apparence, celle de 249 ans auparavant. Alastair s'arrêta devant Amelia qui se trouvait sur un banc.

« Salut, tu ne devrais pas travailler ? »

Est-ce qu'il s'en souciait ? En réalité non, mais c'était un sale fouineur. Furfur s'assit à côté d'Amelia l'air de rien et la toisa quelques minutes.

« Salut Evan. »

C'était un sale emmerdeur, il n'y avait pas à dire. Il adorait chercher la petite bête, pousser les gens à bout pour leur donner envie de hurler. Il était ainsi, désagréable, mais pas trop sénile pour continuer encore à emmerder les autres. A plus de deux siècles, on pouvait presque oser dire que la sénilité était à deux pas de lui. Ce n'était pas naturel de rester coincé dans ce monde à cause de sa haine. Cela vous bouffait, vous détruisait année après année. Mais il était encore là, porté par la rage. Alastair savait qu'Amelia était une petite employée dans une librairie. Il l'avait vue plusieurs fois et en avait appris des choses sur elle. Au fond, il avait pitié d'elle, fait extrêmement rare chez le Dibbouk. Mais son intérêt pour cette femme n'était pas du tout anodin.
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MessageSujet: Re: L'esprit qui était dégoûté par un autre. [PV Amelia] Jeu 9 Oct - 3:12


L'esprit qui n'aimait pas les autres
Amelia K. Donovan & Alastair N. Sullivan


Je n'allais pas bien. De moins en moins au fur et à mesure que les jours s'écoulaient. Cela faisait plus d'un an qu'Evan ne me quittait plus. Durant la première année, j'avais vécu cela comme un fardeau, bien sûr, mais qui n'avait jamais été jusqu'à l'insoutenable. Tout cela avait changé. Depuis que nous avions croisé Belâam, quelque chose avait changé en Evan. Il ne se contentait plus d'être la petite voix dans ma tête qui m'incitait fortement à m'éloigner des autres. Maintenant, je n'avais plus réellement le choix. Peut-être cela avait-il empiré la première fois que l'esprit de Zéèv s'était retourné contre moi et qu'il m'avait frappé. Je préférais ne pas penser à ce moment, peut-être car je savais que c'était à cet instant que quelque chose s'était brisé en moi. Je n'avais pas réalisé jusqu'à cet instant comme il m'était salutaire de pouvoir vivre ne serais-ce qu'un instant sans qu'Evan ne contrôle tout. Les autres esprits l'avaient autrefois effrayé, voulant prendre ma défense en se terrant. Sa nouvelle puissance lui avait fait comprendre, ou plutôt croire, que la meilleure défense était l'attaque et que mieux valait prévenir que guérir. Ainsi donc il en était venu à me forcer à m'isoler, presque complètement et à prendre possession presque inévitablement chaque fois que quelqu'un s'approchait de moi. J'ignorais depuis combien de temps les mots que je m'étais attendu dire étaient vraiment venu de ma bouche.

Cette présence constante affectait grandement mon travail. J'étais moins joviale avec les clients et il me fallait rester concentrer et alerte à chaque instant pour être certaine de garder le contrôle d'Evan pour ne pas perdre mon emploi. Cela m'épuisait et j'en devenais épuisée. On avait dû le remarquer et croyant surement à un épuisement, on me donnait maintenant plus de congé. Des congés qui étaient à la fois bienfaiteur et destructeur. Ils m'évitaient de m'épuiser, mais en même temps ils m'isolaient encore plus. J'avais fait un effort aujourd'hui, réussissant à sortir à l'extérieur sans qu'Evan ne m'en empêche. Il n'était question que d'aller au parc, lire sur un banc et espérer peut-être malgré moi réussir à échanger quelques mots avec quelqu'un.

J'étais assise et lisait depuis un moment. Au début, il m'avait été difficile de m'investir dans cette lecture, mais j'avais fini par retrouver le plaisir que j'avais à le faire. J'avais les jambes croisées, dans la position de toute jeune femme convenable que je n'étais pas. Mes vêtements pendaient, ternes sur mon corps. Je n'avais pas réalisé que j'avais maigri, un fait qui pouvait s'avérer une mauvaise chose pour une fille aussi chétive de nature que je l'étais. Il me fallut un moment pour saisir qu'on s'adressait à moi. En redressant la tête, je vis cet homme à l'accoutrement particulier. Il me sembla en l'observant l'avoir vu, mais je n'étais pas certaine. En comprenant sa question, je me dis que peut-être l'avais-je vu à la boutique.

«On m'a donné la journée de libre...»

Une seule phrase, voilà tout ce que j'eus le temps de prononcer. Une phrase que j'avais prononcé moi-même et qui m'avait soulagé, jusqu'à ce qu'Evan réalise que c'était un esprit. Il se méfiait d'eux et particulièrement de celui-ci. Ainsi, je fus englouti dans mon propre corps, sentant mes muscles se contracter alors qu'il prenait place à mes côtés. Evan ne répondit pas immédiatement à la salutation qui d'ailleurs lui était directement adressé. Ma mâchoire se crispait et comme toujours depuis quelques temps, je sentais la colère montée en lui.

«Qu'est-ce que tu me veux?»

Evan ne prenait plus la peine de se cacher, il parlait froidement de cette voix qui était la mienne et qui pourtant n'avait jamais été si rauque. M'entendre parler ainsi me faisait peur et je n'avais pas la moindre possibilité de reprendre le dessus. J'étais coincée dans mon propre corps, n'ayant même pas la possibilité de pleurer ou d'hurler.
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MessageSujet: Re: L'esprit qui était dégoûté par un autre. [PV Amelia] Sam 18 Oct - 11:22

Amelia était le genre de mystère qui intriguait Alastair et ce n'était rien de le dire. Le mauvais esprit se laissa aller calmement contre le banc, même si c'était une illusion qu'il donnait. Il ne pouvait pas se laisser aller contre ce banc compte-tenu du fait qu'il n'était tout simplement pas réel. La jeune femme avait encore plus mauvaise mine que d'habitude et le Dibbouk avait terriblement pitié d'elle. Il aurait voulu l'aider, soulager son âme si c'était possible, mais il se demandait s'il en avait envie. Furfur restait un très mauvais esprit et il n'aidait jamais sans raison les gens. Il se pencha légèrement en avant quand elle dit qu'on lui avait donné sa journée et soudainement, elle se tut. Un peu comme si quelqu'un venait d'appuyer sur un bouton magique. Alastair eut un sourire foncièrement mauvais, l'autre esprit semblait être de la partie, Evan. Le mauvais esprit en avait rencontré des possédés, mais jamais des ainsi et cela l'agaçait. Cette situation l'agaçait car il trouvait fondamentalement contre nature le fait qu'un homme possède une femme. Oui il avait des principes, et surtout qu'il avait très bien remarqué que l'esprit qui possédait semblait terriblement étrange.

C'était normal, mais il y avait quelque chose d'étrange là-dedans, quelque chose qui dérangeait profondément Alastair. Il fallait y aller pour le dégoûter, ce n'était pas du tout chose aisée, mais quand on s'y mettait sérieusement, on pouvait y arriver sans difficulté. Ah tiens, l'autre se manifestait, avec sa voix froide et son air bourru. Ce qui était bien dommage de voir une telle expression sur un si joli visage.

« Qu'est-ce que je te veux ? Juste te saluer ! Ce que tu peux être possessif avec ton petit jouet. Tu l'es tellement maltraitée qu'elle s'est amaigri. Tu n'es pas soigneux très cher. As-tu vu au moins son état, ou la rage t'aveugle-t-elle au point que tu veuilles la détruire ? »

Alastair détestait autant qu'il aimait les femmes. Cela avait toujours été ambivalent avec lui. Il avait été un homme à femmes avant son mariage avec Rebecca. Un mariage qui avait détruit complètement le couple. Il y avait certains caractères qui ne devaient tout simplement pas se mettre ensemble, mais ils n'en avaient pas tenu compte et cela les avait complètement détruit. Tant et si bien qu'il en était venu à tuer la femme qu'il aimait de tout son cœur. Il y avait des choses qu'on n'expliquait pas. Par contre, pour revenir à la réalité, il se méfiait de cet Evan hyper possessif. Un esprit à moitié cinglé, cela passait, mais un possédé qui montrait son agacement, cela lui convenait beaucoup moins. Son regard s'attarda volontairement sur les formes d'Amelia, il voulait provoquer l'autre esprit. Il avait tellement envie de le faire sortir de ses gongs, qu'il explose sans prévenir. C'était de la méchanceté gratuite, mais qui s'en souciait réellement ? Pas grand monde à dire vrai.

« Si tu continues à la maltraiter, tu n'auras bientôt plus d'hôte, en plus d'attirer le regard des médiums. Et tu sais bien que c'est un très mauvais plan. Après tout, tu es des nôtres, tu pourrais rejoindre Belaam. Ensemble nous sommes plus forts... Bien entendu il faudra accepter certaines choses concernant ta belle. »

Posséder quelqu'un qu'on aimait, quelle connerie profonde. Alastair aimait bien s'amuser à recruter pour Belaam. Cela le divertissait et ce n'était rien de le dire. Il fallait bien passer le temps d'une manière ou d'une autre. Il avait trouvé sa manière jusqu'à qu'il s'en lasse. Allez savoir dans combien de temps il s'en lasserait. Cela dépendait. Lentement, il tendit la main et effleura la main d'Amelia. Un toucher froid et irréel, c'était tout ce que c'était. Un sourire foncièrement mauvais effleura son visage.

« Tu n'as quand même pas peur de nous, hein ? »

Provocation, c'était un provocateur. En plus de deux siècles, il avait eu le temps de s'entraîner. Oh il le payerait cher tôt ou tard, car tout se payait et c'était obligé. On ne pouvait pas rester ainsi à emmerder son monde sans en payer les graves conséquences. Il avait bien envie de sauter à la gorge de la douce Amelia, mais ce serait dommage pour son joli minois, tellement dommage... Alors il se contentait d'être là et de regarder, tout simplement.
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MessageSujet: Re: L'esprit qui était dégoûté par un autre. [PV Amelia] Dim 19 Oct - 6:50


L'esprit qui n'aimait pas les autres
Amelia K. Donovan & Alastair N. Sullivan


Être enfermé dans son corps, c'était comme être bâillonner dans une camisole de force. On ne pouvait bouger, ou ne pouvait parler, mais on voyait et on entendait tout. Je sentais tout ce qui se passait, les contractions de mes muscles au rythme de ma respiration, simplement je ne les contrôlais pas. Parfois, j'essayais de reprendre le dessus et à l'occasion j'y parvenais. Pas cette fois. Evan était trop sur la défensive, irrité, cela le rendait plus fort et je n'avais pas la moindre possibilité de manoeuvre. J'avais appris que le mieux était alors de simplement ne pas se faire du mal pour rien et je me résous donc à attendre...

J'étais surprise de la conversation qui s'engagea entre l'esprit et Evan. Nous n'avions pas souvent ce genre de conversation franche et honnête. Il est vrai que j'entendais peu Evan parler avec d'autres esprits. C'était un spectacle étrange, mais étonnamment j'avais l'impression que pour une fois l'esprit en question ne cherchait pas à me faire du mal. Evan avait attiré dans ma vie des esprits, souvent cruels. Enfin, je mettais ça sur le faute d'Evan, mais peut-être étais-ce simplement que je ne pouvais pas percevoir l'existence de ces esprits avant son arrivée dans ma vie. Maintenant je pouvais les percevoir... et inversement. Je me sentis presque honteuse quand il remarqua ma condition. Il était vrai que je peinais à garder une santé impeccable et je ne pouvais pas en prendre tout le blâme. Evan cependant n'avait pas envie de percevoir les choses comme elle était. Il se crispait, ne voulant même pas penser que cela puisse être réel. Il ne supportait pas l'idée qu'il me faisait du mal et il le nierait sans hésiter.

«Tout ce que je fais, c'est la protéger. Il y a des moments difficiles, mais les choses se rétabliront bientôt...»

Bientôt? Si j'avais pu rire, je l'aurais fait. Sans joie, bien sûr. Mais je ne pouvais pas ignorer que ce bientôt n'existait pas. Je n'irais pas mieux tant qu'il serait là. Il me grugeait comme un parasite. Je ne voulais pas m'apitoyer sur mon sort, simplement je n'avais plus la force ni les ressources de combattre son emprise sur moi.

Evan eut une bouffée de haine, violente qui me fit presque peur. Je compris que le regard qu'avait l'esprit sur mon corps ne lui plaisait pas. Evan serrait et desserait les poings, offrant une drôle d'image dans mon corps de jeune femme assise sur son banc de parc. Qu'allait-il faire, lui sauter à la gorge? C'était un esprit et malheureusement il n'avait pas le pouvoir de le blesser. Mes doigts s'accrochèrent au banc et je sentis mes ongles s'y enfoncer, arrachant presque des morceaux de bois. S'il avait pu grogner, il l'aurait fait, mais il se contentait d'afficher la mine d'un chien sur la défensive.

«Ne la regardes pas comme ça!»

C'était une menace bien vide, car au fond que pourrait-il faire? Je ne savais quoi penser du spectacle qui m'était offert et je ne comprenais pas très bien les intentions de l'esprit. Viendrait-il à mon secours? C'était complètement ridicule. J'avais compris depuis longtemps que les choses n'étaient pas ainsi. Il fut alors question de Belaam et je crus comprendre que peut-être cet esprit cherchait à faire du recrutement. Ma réaction aurait été de dire non, immédiatement et j'aurais cru à vrai dire qu'Evan en ferait de même. Il se crispa, oui, mais ne dit rien sur le coup. Il sentit, et moi aussi, le contact de sa main sur la mienne. Je ne sus ce qu'il représentait, mais Evan s'en méfiait évidemment. Pourtant, je dus admettre être surprise qu'il ne le repousse pas violemment. Il retira ma main doucement, la posant sur mon genou, évitant son contact.

«Je n'ai pas peur, je préfère simplement ne pas m'en mêler et laisser Amelia en dehors de cela... Pourquoi est-ce que je rejoindrais Belaam, hein? Et c'est quoi ces certaines choses qu'il faudrait accepter... à propos d'Amelia?»

Si j'avais respirer à travers ma propre bouche, j'aurais eu le souffle coupé. Il jouait les indifférents, mais... j'avais perçu une pointe de curiosité tout de même. Il avait posé des questions, mais je ne pouvais pas croire qu'il puisse vraiment penser un seul instant à rejoindre Belaam. Nous n'avions jamais voulu... pourquoi cela changerait-il?
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MessageSujet: Re: L'esprit qui était dégoûté par un autre. [PV Amelia] Mer 22 Oct - 14:29

Alastair pencha la tête de côté et regarda l'autre esprit affirmer qu'il ne faisait que la protéger. Il semblait tant et si bien la protéger qu'elle allait bientôt mourir à petit feu, génial ! S'il croyait que les choses se rétabliront avec la mort de son hôte, alors oui, ce serait le cas. Mais le Dibbouk décida de ne pas en rajouter une couche et de rester silencieux, tout simplement. Au moins le premier contact avait été établi, mais la suite promettait d'être vraiment drôle. Un sourire lui échappa quand il vit le possédé serrer les poings avec rage. Un si joli corps, une si jolie bouille et tant de colère dans son beau regard clair, on aurait presque pitié, oh oui. Mais cela ne l'empêchait pas de penser exactement le contraire. Alastair ne ressentait pas la pitié, ou alors très rarement. Il leva les mains pour prouver que tout allait bien alors que c'était faux. Ils avaient établi un premier contact et le Dibbouk ne comptait pas s'arrêter en si bon chemin, bien au contraire. Il comptait s'amuser. Ce n'était pas qu'il ne risquait rien, un esprit qui posséderait bien son hôte pourrait lui faire du mal, mais avec Amelia, il n'avait pas vraiment peur.

Peut-être parce que c'était le corps d'une femme et qu'à travers son regard machiste, il refusait d'accepter l'idée qu'une femme était dangereuse, tout simplement. Les femmes resteraient à jamais des faibles à ses yeux, c'était ainsi et cela ne serait pas demain la veille que cela changerait.

« D'accord, je ne la regarderai plus. »

Mais derrière son sourire canaille, il y avait du mensonge. Son regard se plongea dans les yeux de la femme. Il voyait Evan, enfin le devinait, mais il cherchait quelqu'un d'autre. Il cherchait quelqu'un susceptible de l'intéresser réellement. C'était la possédée qu'il tentait d'atteindre. Pourquoi ? La raison était cachée, mais n'était pas avouable. Alastair se mit alors à parler, à faire son discours de pro Belaam. Toute l'association des esprits était tout à fait discutable, mais en l'état des lieux, il n'avait pas envie d'aller contre les choses. C'était un moyen pour lui de se défouler, d'exprimer sa rage qui le consumait depuis plusieurs mois. Une rage qu'il était bien incapable de contrôler depuis quelques temps. Ses derniers liens avec l'humanité avaient été rompus et il était bien incapable de renouer avec les vivants. La dernière mortelle qu'il avait contacté, n'était pas forcément quelqu'un de bien. Oh Valerie n'avait rien à se reprocher, mais Alastair était convaincu qu'avec un peu de travail il pourrait la retourner comme une crêpe.

Il remarqua alors qu'il avait piqué l'intérêt de l'autre esprit et cela le rendait particulièrement heureux. Enfin si heureux était le mot qui convenait, ce qui n'était pas forcément le cas, mais peu importe. Amelia était le sujet qui attirait indéniablement l'attention d'Evan. Il suffisait de parler de la femme et l'esprit semblait se calmer et s'intéresser au sujet de conversation. Alastair le trouvait sincèrement pathétique même s'il n'en disait rien.

« Pourquoi tu le rejoindrais ? Car je vais te dire une chose, tu attires les regards. Tu sais bien que les médiums traînent partout avec les exorcistes. Ils vont te repérer et t'arracher à ton Amelia. Je ne pense pas que cela soit dans ta liste de souhait, actuellement... »

Lui faire peur pour le pousser à les rejoindre. C'était peut-être stupide comme technique, mais cela pourrait faire ses preuves avec le temps. En tout cas, ce n'était pas une technique à jeter aux orties, bien au contraire. Alastair attendit de longues minutes avant de répondre à la question sur l'hôte, il se contentait de regarder devant lui. Il regardait les passants qui semblaient indifférents à l'activité plus qu'agitée de la ville, mais c'était qu'un leurre. Un leurre car tout le monde faisait semblant pour rendre le quotidien plus facile alors que c'était vraiment pénible en ce moment pour tout le monde. Mais parfois, il valait mieux jouer l'autruche pour survivre plutôt que d'affronter l'horrible vérité en face.

« Tu n'as pas aimé que je la regarde, mais sache que les autres vont aussi la regarder. Ils vont vouloir aussi la toucher. Il est rare qu'un esprit... Soit aussi possessif envers son hôte. » Pour ne pas dire amoureux, mais il tut cela, toisant Evan et Amelia. « Tu vas devoir t'armer de courage, mais j'accepte de t'aider. Tu es jeune encore, n'est-ce pas ? Il suffirait que cette gamine tombe sur un médium, te dénonce sans que tu n'aies le temps de dire quoi que ce soit et tu seras foutu. »

En rajouter une couche, toujours plus. Il était vrai que bien souvent les esprits qui possédaient des gens, n'étaient pas amoureux d'eux et s'amusaient de bien des manières avec le corps des hôtes. A une époque où Alastair avait possédé un homme marié, il avait vécu une sacrée histoire avec l'épouse avait de la massacrer. C'était sa réalité, la violence extrême.
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MessageSujet: Re: L'esprit qui était dégoûté par un autre. [PV Amelia] Jeu 23 Oct - 6:23


L'esprit qui n'aimait pas les autres
Amelia K. Donovan & Alastair N. Sullivan


Je n'avais jamais senti Evan comme cela. Il était entre deux états. Il hésitait entre sa colère habituelle et de l'intérêt. Je me surpris à penser que j'aurais préféré la colère. Je n'aimais pas qu'il s'intéresse à ces paroles. Il ne pouvait pas vraiment croire cela. Nous avions vu Belâam et nous avions tous les deux penser qu'il valait mieux s'en tenir loin. Était-il vraiment prêt à penser autrement. Moi je ne l'étais pas. Ce n'était pas nécessaire une question d'opinion, mais la situation elle-même. Je ne supporterais pas plus de violence, plus de chaos et surtout plus d'esprits. J'étais si épuisée de cette «nouvelle vie», de ce lien avec l'au-delà. Les possédés n'étions que des marionnettes et Evan commençait à comprendre qu'il était aisé de me manipuler. À quoi me servait-il de penser, de vouloir quelque chose, je n'étais plus maître de rien.

Je regardais à travers mes yeux, comme Evan le faisait, assistant à cette scène. Je vis le regard de l'esprit qui me regardait. J'eus la certitude un instant qu'il ne regardait pas mon corps, ni Evan qui le possédait. J'aurais jurer qu'il me regardait moi, de son regard intense et je m'en sentis profondément déstabilisé. Evan lui ne perçut rien de cela. Evan lui l'écoutait, car il avait sut dire des mots qu'il l'intéressait. Il avait parler de moi et de sécurité. C'était là ce qu'Evan voulait, espérait atteindre. Comme le disait Alastair, Evan attirait les regards, ou plutôt nous. Evan ne pouvait prétendre être bien camoufler, il ne contrôlait pas toujours ses apparitions et certains étaient déjà au courant. De plus en plus, il y avait des rumeurs d'exorcistes et Evan en avait horreur. Moi, je priais pour qu'il vienne vers moi. J'aurais voulu aller vers eux, j'ai voulu demander à Nitzan de m'aider, mais Evan ne me le permettait pas. Alastair avait parlé avec justesse pour captiver Evan, il avait très exactement dit qu'ils m'arracheraient à lui. Un verbe qui avait fait frissonner Evan. Il s'était contenté de faire signe de la tête, pour lui signifier que non, il n'en avait pas envie. Moi pourtant, je ne demandais que ça! J'avais cru qu'il venait m'aider, pourquoi avais-je eu une telle pensée idiote! On ne venait pas aider les possédés, ça ne changerait pas.

Evan ne parla pas depuis longtemps, mais il fixait Alastair et je ne pouvais que faire comme lui. Il était captivé par ce qu'il lui disait, en oubliant le monde extérieur. Bien sûr, il n'exprimait pas directement son intérêt, mais il aurait fallu être bête pour ne pas le comprendre. Moi, je sentais mon coeur battre, battre au rythme de ce que ressentait Evan. Il battait vite, de plus en plus, comme un chien à qui on tendrait une montagne d'os. Il était prêt, je le sentais, à boire toutes ses paroles. Il ferait mine d'y réfléchir, mais déjà, il était accroché à cette idée. J'avais peur qu'une nouvelle obsession vienne de naître chez Evan. Une obsession comme celle qu'il avait de vouloir me protéger. C'était là irrationnel, mais il ne le voyait plus depuis longtemps. Il voyait ce qu'il voulait voir et entendait ce qu'il voulait entendre. Alors il se laissait berner par les paroles d'Alastair qui lui disait que l'intérêt pour moi ne ferait qu'augmenter vu son affection pour moi. Il parlait de l'aider et mon désespoir grandit. Qui viendrait m'aider, moi? Je ne sus quelle force m'aida à cet instant, mais je sentis que je repris le contrôle de mon corps. Ce fut trop court, juste assez pour que je pose mon regard sur l'esprit et dise quelques mots.

« Arrêtez ... S'il-vous-plaît... »

Ma voix s'était brisée et s'était déchirée que j'étais retourné dans mon corps, de nouveau sans contrôle. Evan ne semblait pas avoir eu conscience de ma brève présence, perdu dans ses pensées. Il avait simplement continuer à le regarder, et notre regard avec changer. Si moi, j'avais chercher à le supplier, lui avait chercher à le jauger. C'était trop tentant, je le savais, mais il avait peur, comme toujours. Oui, il était jeune encore et oui, si par chance je croisais un médium et parvenait à lui dire mon état, il serait délogé de mon corps. C'était dangereux, trop dangereux. Alors Evan se laissa amadouer...

« M'aider comment? Qu'est-ce que je peux faire pour éviter que ça arrive? »

Je n'avais pas le contrôle de mes yeux pour pleurer, mais je ressentais bel et bien une énorme tristesse à cet instant. Je ne voulais pas que les choses empirent. J'ignorais ce que je pourrais encore endurer, mais je ne pouvais rien faire, ni pour m'en sortir, ni pour mettre fin à cela. C'était terrible de ne pouvoir ni continuer, ni abandonner, être entre les deux comme si on était attaché à une corde qui nous tire toujours vers l'avant alors qu'on parvient plus à marcher. C'était exactement comme cela que je me sentais.
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MessageSujet: Re: L'esprit qui était dégoûté par un autre. [PV Amelia] Sam 1 Nov - 22:37

Le silence, il n'y avait que le silence pour répondre à Alastair qui toisait calmement le possédé. Il ne bronchait pas du tout alors qu'il aurait dû être inquiet d'un tel silence, mais impossible d'être inquiet. Il se sentait d'une paix incroyable. Furfur était différent des autres esprits dans le sens où il acceptait le silence, il le désirait même. Il détestait les paroles futiles qui avaient tendance à le hérisser et lui donner envie de hurler. Il n'avait jamais été d'un naturel sociable, mais manipulateur oui. Il était complètement dans ses pensées quand il entendit cette petite voix fluette qui lui fit redresser la tête. Il ne broncha même pas, il ne cilla pas. Alastair n'arrivait pas à s'émouvoir et il flairait le piège. Cela ne pouvait être qu'un piège, non ? Ou alors, si l'esprit ne contrôlait pas son hôte, c'était bien plus affreux que ce qu'il pensait.

« J'espère que c'est un jeu. Car si quelqu'un d'autre l'entend, tu sais ce qui t'attend. »

Les médiums et les exorcistes n'auraient pas pitié dans cette grande guerre, c'était évident. Dans ce jeu de pouvoir, il fallait être suffisamment rusé ou fort si on voulait s'en sortir sans s'en prendre plein la tête. Alastair ne savait pas pourquoi il l'aidait, ce n'était pas seulement pour qu'il rejoigne Belaam, c'était autre chose. Avant c'était plus drôle, posséder était plus sympathique, on accomplissait son œuvre et on partait sans encombre si on avait été prudent. Mais ce n'était plus ainsi maintenant, ce jeune esprit se ferait vite prendre, c'était évident comme le nez au milieu de la figure. Furfur ne s'attendait pas à une réponse, de ce fait, il resta des plus silencieux quand il entendit Evan demander comment. Le Dibbouk posa son regard sur ce bébé esprit si on pouvait ainsi dire les choses.

« Tu es jeune, n'est-ce pas ? Ça se voit dans ton attitude. Tu es euphorique, laisse-moi deviner, tu ne dois pas avoir fait beaucoup de possession depuis le début. Je connais cette sensation, je la connais depuis près de deux siècles gamin. »

Il regarda les gens qui marchaient devant eux, des gens qui ignoraient du monde qui gravitaient autour d'eux. Ils préféraient fermer les yeux car c'était beaucoup plus tolérable que la réalité. La réalité était sale, corrompue, on avait envie de se laver chaque fois qu'on effleurait cette réalité insoutenable. Encore plus depuis que le gouvernement des États-Unis avait abandonné une partie de ses citoyens. Des citoyens qui risquaient de bien se consumer sur eux-même, incapables de faire face à la menace grouillante. La menace n'était pas les esprits, la menace était ce qu'ils représentaient. Ils représentaient le passé, les vices, les erreurs. Ils étaient la preuve que quand on faisait des conneries dans la vie, on le payait. S'il y avait le mal, y avait-il Dieu ? Alastair ne s'était jamais posé la question car il ne croyait pas à cela. Oui il y avait des morts, des sorcières, ce genre de connerie, mais des Dieux ? La blague ! Son regard clair se posa sur Amelia et son petit corps de princesse. Chaque dizaine d'années, Furfur possédait un homme et tuait une femme. Il répétait son histoire car il était un disque rayé, ils étaient tous des disques rayés.

Mais un disque rayé pouvait un jour se briser ou se stopper si on se mettait en travers de son chemin.

« Tu dois apprendre à te cacher, à masquer ces vilaines marques. Les femmes se maquillent beaucoup, alors il sera facile pour toi de cacher les marques qu'elle possède. Ensuite, il faut apprendre à la contrôler, à la faire taire. Et un conseil, ne t'attache pas trop à elle. Les premières sont toujours grisantes, mais sache une chose, elles sont toutes pareilles. Cette femme, il y en a des dizaines comme elle. Regarde et repère. C'est une chasse, un jeu de cache-cache que tu vas débuter. Si tu survis à tes premières possessions, tu prendras des forces, du courage. Tu sauras rouler dans la farine les médiums. Ils sont faibles. »

C'était ce qu'il pensait, ce n'était pas forcément la réalité. Mais entre Alastair et la réalité, il y avait un fossé immense. Il y avait le fossé monstrueux de son passé, mais aussi de ses pensées chaotiques. Le monde se renouvelait sans cesse et il n'était pas impossible de retrouver une femme comme Amelia. Elle existait peut-être déjà et marchait peu-être à la Nouvelle-Orléans. Il suffisait de chasser.

« Ne te concentre pas trop sur elle. Je sais que c'est tentant, mais il est là le piège. Les exorcistes risquent de le flairer et de te coincer. »

Chaque esprit avait son histoire avec son hôte, mais il fallait être plus fin. Alastair avait juste de la chance dans son schéma de possession. Il ne créait pas de lien particulier avec ses hôtes, bien au contraire. Evan n'était pas le premier du genre qu'il croisait. Mais ce genre d'esprits se faisait prendre en général en premier. Des cibles trop faciles, voilà ce qu'ils étaient. Alastair l’évaluait, le testait, ce n'était pas demain la veille qu'il allait le mener aux autres. Il n'avait pas envie de le ramener aux autres pour qu'ensuite Evan les vende aux exorcistes.
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MessageSujet: Re: L'esprit qui était dégoûté par un autre. [PV Amelia] Mar 11 Nov - 6:52


L'esprit qui n'aimait pas les autres
Amelia K. Donovan & Alastair N. Sullivan


Je me tue. J'avais senti la menace en lui et je compris que j'aurais dû garder le silence. J'avais tendance à oublier qu'Evan n'était pas un esprit comme les autres. Je pouvais voir à travers mes yeux, même quand il contrôlait mon coeur. Je devais me considérer chanceuse sans doute, mais l'esprit ne semblait pas de cet avis. Je restai donc dans le silence à partir de cet instant, sentant l'incompréhension d'Evan. Lui n'avait pas compris que pendant quelques instants, j'avais été là. Il ne faisait donc que froncer les sourcils et moi, je me forçais au silence. Comme s'il avait compris, il hocha la tête, déjà perdu dans de nouvelles réflexions.

L'esprit avait constaté la jeunesse d'Evan. J'ignorais quel âge pouvait avoir les autres esprits. Les esprits cessaient-ils seulement d'errer un jour? Evan allait-il exister même après ma mort et simplement... changer de peau? C'était là une idée qui n'avait jamais traverser Evan, de posséder quelqu'un d'autre. Ainsi, quand l'idée fut émise, il se figea avec stupeur. Je le sentais qui se questionnait, à se demander quelle raison il pourrait avoir de posséder un autre que moi. Pour lui, c'était insensé. Pour tous les autres, c'était de la logique. Plus l'esprit parlait et plus Evan était perplexe. D'abord, les paroles qu'il avait prononcées lui avaient semblé enchanteresses, mais maintenant... il n'en était plus si certain. L'angoisse le gagnait et il s'agitait.

« Je peux me cacher, mais... la faire taire? Je ne peux pas, pas complètement. Ce n'est pas ce que je voulais »

Comme je la sentais sa panique alors qu'il réalisait ce qu'impliquait les paroles d'Alastair : se cacher, me faire taire, ne pas s'attacher à moi, changer de corps... me quitter... Il ne tolérait pas l'idée. J'étais inquiète, mais en même temps, j'eus la pensée très égoïste de me dire que s'il changeait de possédé, je me retrouverais. Mais il ne fallait pas rêver, non seulement Evan ne le ferait pas, mais ce ne serait qu'accabler quelqu'un d'autre. Son angoisse devint panique et mon corps se retrouva sur ses jambes brusquement. Il tremblait, nous tremblions tous les deux à travers mon corps. Il avait perdu son envie d'écouter, ce qu'il avait cru une promesse d'union entre nous deux s'avérait plutôt une incitation à nous séparer. Je le voulais. Pas lui.

« Je ne veux pas me détacher d'elle! Je croyais que tu voulais m'aider à rester avec elle, à ce que nous ne soyons pas repérer... pas à m'en éloigner. Je ne veux pas trouver une autre femme qu'elle. C'est elle que je veux. Je l'ai et je veux la garder! »

Il était comme un enfant avec un jouet. Il ne veut pas le prêter, pas le quitter, il est à lui. Cependant, cet objet c'est moi. Et je ne veux plus être sa chose. Parfois, je le supporte. Parfois, j'en suis incapable. Comme maintenant. Il perd ses repères, sa raison et il ne sait plus très bien quoi faire. Cet esprit est-il vraiment celui qui peut le guider? Il l'a cru, mais maintenant il n'en n'est plus si certain. Je le sentais respiré fort et surement certains nous regardaient-ils en le voyant si mécontent soudainement. Il tâchait de ne pas crier, mais je sentais ma mâchoire se serrer et les mots glissés à travers mes dents.

« Je ne veux pas la quitter. Elle est à moi. »

Evan n'était pas un esprit qui cherchait à survivre. Il ne comprenait pas, mais je n'étais pas celle qui allait lui forcer la main. Je n'espérais que le jour où un exorciste nous viendrait en aide. Evan pensait être plus malin, mais il n'était qu'un jeunot dans un domaine dont il ne connaissait rien. J'avais presque pitié de lui... presque...
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MessageSujet: Re: L'esprit qui était dégoûté par un autre. [PV Amelia] Mer 19 Nov - 12:11

Il y avait plusieurs sortes d'esprit et celui-ci était un gamin. Un gamin qui ne comprenait pas les enjeux du monde qui l'entouraient. Alastair resta silencieux malgré la panique qu'il lisait. Il était complètement insensible. Cela pouvait paraître monstrueux, mais c'était toujours ce qu'il avait été. Pauvre idiot, son hôte serait sa plus grande faiblesse et il ne s'en sortirait pas, c'était évident comme le nez au milieu de la figure. Le mauvais esprit ne bronchait pas tandis que l'autre expliquait son point de vue. Furfur le voyait bien trembler comme une feuille, pour lui ce n'était que de la faiblesse. Ce n'était pas forcément bon que le mauvais esprit trouve quelqu'un faible, bien au contraire. Cela lui donnerait l'affreuse idée de faire du mal à cette dite personne. Mais pour l'instant, il se contentait de l'observer l'air de rien alors qu'il savait pertinemment qu'il avait déclenché une bombe. Au fond de lui, il s'en fichait. C'était plutôt un spectacle délectable qu'il regardait comme on regarde un bon film. Il n'était pas forcément la personne la plus rassurante de la planète. Surtout que son silence, peut-être, angoissait plus qu'il ne calmait.

Alastair était un être froid et il avait des sérieux problèmes pour interagir avec les autres. Avec sa longue mort, cela avait empiré. Il n'était pas l'esprit le plus sociable avec ses semblables. Un enfant, cet esprit était un enfant, c'était bien sa veine dit donc ! Furfur bouillonnait intérieurement et une lueur d'agressivité brilla dans son regard, mais il se dépêcha de la cacher. Ce jeune n'était pas avec Belaam, alors il fallait essayer de le rouler le plus possible dans la farine, il ne perdait rien à essayer.

« Je veux toujours t'aider, mais tu dois te préparer, comprendre certaines choses. »

Ce n'était pas le pédagogue du siècle. Il y avait des personnalités capables d'expliquer d'aider et de guider les jeunes, d'autres pas du tout. Alastair ne bougeait toujours pas, ne s'offusquant pas du fait qu'Evan se tenait sur ses deux jambes au milieu du parc. Plus grand monde ne faisait attention à eux car les bizarreries étaient devenues monnaie courante pour les habitants. Des citoyens qui fermaient les yeux et refusaient de voir que les esprits avaient envahi leur ville tandis qu'une guerre muette faisait rage. Qui allait gagner ? Difficile à dire. Au final, Furfur s'en fichait. Il était dans le camp de Belaam, mais une sorte de lassitude l'envahissait progressivement. Il arrivait à un âge où beaucoup de choses lui passaient au-dessus. Par contre, il ne se ferait jamais à l'angoisse de l'autre.

« J'ai compris que tu ne veux pas la quitter. Maintenant, veux-tu bien t'asseoir ? »

Lui n'avait pas envie de se lever, mais il détestait particulièrement devoir redresser le museau pour pouvoir toiser correctement ce visage de femme envahi par un homme. Comme c'était triste, vraiment. Elle était sublime à observer, mais l'esprit qui l'avait envahi n'était pas un cadeau. Aucun d'eux ne l'était pas. Mais il y avait plusieurs degrés de connerie et d'atteinte, et celui-là ne semblait pas comprendre tous les enjeux.

« Que vas-tu faire s'ils essaient de te la retirer ? »

Ce « ils » représentait l'association de médiums, sorciers et tout le reste. Alastair ne pourrait peut-être pas le convaincre de rejoindre Belaam, alors il tenterait plutôt de le retourner contre l'association des « gentils ». Il n'aimait pas le terme car à ses yeux, il n'y avait ni gentils ni méchants. Chacun tentait de faire avec les moyens du bord et c'était une immense palette de noir et de blanc qu'ils avaient.

« Ils ne te laisseront pas le choix, tu le sais ? »

Furfur se pencha en avant, se délectant d'avance de la réaction d'Evan, quand il comprendrait ce que tout cela impliquait. A quoi jouait réellement le Dibbouk ? Il tentait de le pousser à la folie, tout simplement. Il voulait lui faire perdre ses repères. En bref, il s'amusait comme un gosse, ou un mauvais esprit si vous préfériez. C'était de la méchanceté gratuite, tout simplement. Mais cela lui plaisait. C'était une manière comme une autre de se sentir vivant. Oui parce qu'il était arrivé à ce stade, où pour se sentir vivant, il se retrouvait à emmerder les autres esprits ou possédés. Il était devenu complètement fou. Et le temps n'allait pas arranger tout cela.
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MessageSujet: Re: L'esprit qui était dégoûté par un autre. [PV Amelia] Jeu 20 Nov - 4:50


L'esprit qui n'aimait pas les autres
Amelia K. Donovan & Alastair N. Sullivan


Je n'avais jamais ressenti Evan dans cet état. Il était mû par une telle agitation et ses pensées allaient trop vites. Je ne savais pas, je ne comprenais pas totalement ce qui se passait dans sa tête. Je me sentais de moins en moins présente dans mon propre corps et je comprenais qu'il m'éclipsait lentement. J'avais peur, je l'admettais, de devenir soudainement inconsciente de mes propres gestes, de mon propre corps. Je ne voulais pas être un esprit aveugle dans la cellule que deviendrait mon corps. Je me forçais pour rester présente, pour entendre et voir, mais me demandait de plus en plus d'énergie.

Si l'esprit exprimait avoir le désir de l'aider, je n'étais plus si certaine qu'Evan y croyait. Il doutait visiblement, bien que toujours tenter par ce qui lui avait été proposer plus tôt. Evan était un jeune chien fou, qui marchait en tous les sens essayant d'attraper sa queue. Je doutais des intentions de l'esprit, mais je n'avais pas la moindre influence à cet instant. Je n'étais que la spectatrice et je regardais un spectacle bien désolant. Je sentis enfin Evan se calmer quand l'esprit lui affirma avoir compris et l'incita à reprendre place. L'hésitation garda Evan debout encore un instant avant qu'il ne reprenne pas, cependant toujours agité. Il maugréa quelques paroles à travers mes lèvres, rejoignant ses mains ensemble pour y poser le menton. Il aurait bien fallu être aveugle pour ne pas saisir l'ampleur de son tracas.

« Je vais la tenir à l'écart... En restant cacher, ils s'intéresseront à ceux qui sont plus flagrants et nocifs. »

Il était bien naïf, moi-même je le pensais. Jusqu'à maintenant, son petit jeu de cache-cache avait fonctionner, mais pour combien de temps encore? J'espérais tant qu'on le repère et même si Alastair semblait penser que c'était idiot, aucun médium ou exorciste ne nous avait encore approcher. Pourtant, cela viendrait, j'osais le croire. Evan lui le redoutait, mais il n'était pas complètement idiot. Il savait qu'il n'était pas de force à lutter. Il avait été vulnérable jusqu'à maintenant pour me protéger d'autres esprits, que pourrait-il bien faire contre des êtres peut-être plus puissants encore? Evan enfuit sa tête dans ses mains - les miennes plutôt - et laissa échapper un long soupir.

« Je sais pas! On pourrait fuir la Nouvelle-Orléans... On pourrait aller loin, dans un endroit où il y a moins de gens qui peuvent nous séparer. »

Mon corps tremblait et je sentais Evan et son impuissance. Même ses illusions n'arrivaient plus à le bercer. J'aurais voulu qu'il fuit, qu'il arrête d'écouter cet esprit. Au moins, ainsi, celui-ci n'implanterait pas dans sa tête des idées qui me semblaient horribles. Comment avais-je pu croire un instant qu'il était mon allié. Les possédés n'avaient pas d'alliés parmi les esprits. Surtout pas lui.

« Qu'est-ce que tu veux à la fin? Qu'est-ce que je suis sensé faire? Il est pas question que je la quitte! »
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MessageSujet: Re: L'esprit qui était dégoûté par un autre. [PV Amelia] Jeu 27 Nov - 16:44

Alastair ne dit rien en entendant le possédé marmonner, il s'en fichait. Le Dibbouk l'écouta énoncer son plan. Il y avait du bon là-dedans, c'était vrai. Après tout, l’association des supers héros allait d'abord couper les têtes visibles, c'était relativement logique. Ils voulaient probablement calmer les foules, quelque chose dans le genre. Mais Alastair n'était pas ce genre de personne. Il était bien loin de se douter qu'il ne facilitait pas du tous les choses, bien au contraire. Le Dibbouk jouait un peu avec une bombe à retardement, se doutant bien que tôt ou tard, tout cela allait lui exploser à la gueule sans qu'il s'en rende compte. A force de faire le malin, on pouvait se faire prendre dans son propre jeu. Alastair regarda Evan se prendre la tête entre les mains et il se demanda ce qu'il avait encore. Furfur espérait qu'il n'allait pas lui pleurer dessus, il détestait ce genre d'attitude et ce n'était rien de le dire. Sa réponse lui fit pitié, mais il attendit quelques secondes avant de répondre. Sinon il se doutait un peu que le jeune possédé allait lui exploser entre les mains. Qu'il n'allait pas supporter plus de pression.

« Nous ne pouvons plus sortir de la ville depuis que celle-ci a fermé ses portes pour toute sortie. Chaque chose à un coût et la puissance de Belaam a la sienne. »

Mais lui, cela ne le dérangeait pas d'être enfermé. On n'enfermait pas vraiment les esprits, cela ne servait à rien. Bien entendu le gouvernement était tellement débordé qu'il ne pouvait pas rendre crédible toutes les histoires d'esprit et compagnie. Après tout, c'était le folklore de cette ville, cela faisait son charme, mais si on racontait alors que c'était réel, c'était nettement moins drôle. Les gens s'amusaient des choses qui n'existaient pas, mais dès qu'elles existaient, cela créait peur, dégoût, agitation. C'était ce qui était entrain d'arriver alors que certains citoyens de cette ville découvraient que le folklore local était bel et bien réel et qu'on ne pouvait rien faire contre. Il y avait des gens qui s'amusaient avec la voyance pour rire, qui parlaient d'esprit pour s'alléger l'âme et croire que leurs proches étaient près d'eux. Mais que faisait-on quand tout cela était réel ? On se débattait avec la réalité, on hurlait, piétinait, on pleurait.

Mais agir comme un enfant ne résolvait rien. En réalité, aucune attitude ne pouvait aider. Si cela arrivait, c'était que c'était ainsi, point à la ligne. Alastair se perdait complètement dans ses pensées, inconscient du fait qu'il avait plongé Evan dans le tourment et que l'esprit se torturait les méninges. Il fut un peu « réveillé » quand la voix s'éleva à côté de lui, lui rappelant sa présence et que le Dibbouk le regarda durement.

« Tu en fais du bruit pour une si petite chose. »

Un vestige de son accent irlandais s'éleva dans l'air. Il avait mangé bien trop rapidement les mots. Il était un peu contrarié de l'entendre parler en boucle et de s'angoisser pour rien.

« Arrête d'angoisser pour rien. Allez réveille-toi un peu. Personne ne va te la voler. Ce que j'attends de toi ? Déjà pour commencer, arrête de geindre et redresse-toi. Tu fais pitié et je n'aime pas les gamins dans ton genre. »

Alastair avait été élevé à la dure. Aîné de sept enfants, il ne fallait pas dormir à l'époque. Il fallait bosser et subvenir au besoin des autres jusqu'à qu'ils soient bien autonomes, ou mariés. C'était pour cela que Furfur était si dur et n'aimait pas cette époque où il ne voyait que des gens faibles qui pleuraient sur eux-mêmes face au destin dur. Le destin n'était pas plus dur que deux siècles auparavant, bien au contraire. Les enfants étaient juste choyés et protégés de ce monde. C'était débile. On grandissait mieux quand on connaissait la dureté.

« Tu es sensé t'en sortir gamin. Un homme ne pleure pas, alors arrête. Tu commandes ce corps, alors assume jusqu'au bout. Tu ne peux pas quitter cette ville, personne ne le peut. Si tu continues ton cirque, tu vas te faire repérer et je ne pourrai pas t'aider. Il faut être fort. »

En ce moment, Furfur n'était plus du tout cohérent. Plus le temps passait et plus son état allait empirer jusqu'à le faire se consumer sur soi-même. Tout ne pouvait pas coexister dans ce monde, c'était tout simplement impossible. Le Dibbouk tourna la tête en entendant du bruit vers le bout du parc. Cela pouvait être tout comme n'importe quoi.
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MessageSujet: Re: L'esprit qui était dégoûté par un autre. [PV Amelia]

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L'esprit qui était dégoûté par un autre. [PV Amelia]

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