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Hey! What did you expect? | Daniel & Sophya

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Sophya A. Turner
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MessageSujet: Hey! What did you expect? | Daniel & Sophya Sam 29 Mar - 13:21


Ce rp se déroule entre le 1er et le 3 Mars, et se passe à Atlanta


La brune passa une main fatiguée sur son visage alors qu'elle s'observait dans le miroir. Sa serviette étroitement serrée autour d'elle, l'empêchant presque de respirer correctement, ses cheveux tirés en un chignon lâche d'où s'échappaient quelques mèches qui collaient à son visage. Sophya ferma les yeux un instant avant de pousser un soupir profond. Attrapant finalement ses vêtements et s'habillant, la jeune femme finit par se rendre dans le salon et de se laisser tomber dans son sofa. Sa main commença à pianoter le long de l'accoudoir tandis que ses yeux se posaient sur un papier qui traînait sur sa table basse, la narguant sans la moindre vergogne. Un sourire prit pourtant place sur son visage, crispé cependant, tandis que ses yeux accrochaient le nom écrit sur l'acte. Obtenir ce dernier n'avait pas été vraiment difficile : un peu de drague et de rentre dedans, de battements de cils et Sophya avait fini par obtenir une copie de l'enregistrement de la location.

Son regard se releva doucement sur la porte d'entrée et sur le vide de son appartement. Depuis qu'elle avait démissionné, la jeune femme commençait à perdre lentement mais sûrement le sens du temps qui passait. La prise d'otage l'avait secouée, poussée à arrêter de se morfondre dans une vie bien trop carrée pour elle. Malgré son côté cartésien et logique, elle avait envie de plus d'aventures que ce qu'un bureau pouvait lui offrir. C'était ce qui avait tourné en boucle dans sa tête pendant qu'elle signait pour l'acquisition d'une petite boutique situé dans le Vieux Quartier. Le lieu avait beau être vide comme pas possible, la disposition commençait à s'agencer dans sa tête. Elle voyait les étagères remplies de dossiers, le bureau central, les ordinateurs... Et surtout les enquêtes. Cet aspect de son travail qui lui avait tant plu, qui avait permis de maintenir l'intérêt qu'elle lui montrait.

A vrai dire, c'était ce qui l'avait poussée à continuer ses recherches ces derniers temps. Les yeux de cet homme qui était venu lui parler lors de la prise d'otage, alors qu'Harry venait de mourir entre ses mains, l'avaient hantée pendant des jours et des jours. Et ce grain de voix avait évoqué quelque chose en elle, sans jamais qu'elle ne puisse mettre la main sur ce qui la dérangeait. Et puis, les souvenirs enfouis depuis tant d'années étaient revenus et elle avait su. Et la colère avait lentement repris le pas sur toute rationalité. La médium avait fouiné pendant des jours, repris ses recherches de jeune adulte, et avait recommencé une sorte de traque à zéro, dans le but de retrouver cet ami d'enfance qu'elle avait perdu. Une nouvelle fois. Et ses recherches l'avaient menée là où elle s'y serait le moins attendu : Atlanta. La question pendant des jours et des jours avait été de se demander ce qu'elle allait faire de ces informations. Une nouvelle lettre ? Non... Non, pas quand elle avait un moyen de pression beaucoup plus important. La moto. Fallait-il encore savoir quoi en faire ? Elle avait l'adresse, le numéro de téléphone où le joindre. Mais... cela ne résolvait pas tous ses problèmes.

L'ancienne juriste s'empara de son téléphone avant de composer le numéro de son frère.

« James ? C'est moi. Est-ce que je peux t'emprunter le pick-up pour un jour, deux tout au plus ?... Hmm, non je dois aller sur Atlanta, rien de bien grave, juste qu'avec ma mini voiture ou le train ce serait pas très pratique...Okay... Oh ... Est-ce que tu sais conduire une moto ?... Non je n'en ai pas acheté, et non ce n'est pas pour toi non plus. Disons que c'est l'objet de mon déplacement... Je t'expliquerais quand je reviendrais. Oui, je serais là pour Carnaval et je viendrais dîner à la maison. Hmm Hmmm. Okay. A dans une heure ? Merci, tu me sauves la vie. »

Sa décision était prise. Et lorsqu'une heure plus tard son frère vint frapper à la porte de l'appartement, il trouva une Sophya habillée de la tête au pied, prête à l'expédition du siècle. Un haussement de sourcils plus tard, des explications vaseuses suivant celle-ci, James finit par remorquer la moto dans l'arrière du Van, soupirant d'avance devant la folie passagère de sa soeur. Cela ne lui ressemblait tellement pas d'être si vague, si peu prévisible. Mais depuis la prise d'otage, elle semblait avoir besoin de plus d'air, de plus d'espace, et surtout un besoin de résoudre ce qui s'était passé sur place. Comme si c'était vital, comme si c'était d'une importance capitale.

« Si tu as le moindre problème, tu m'appelles ? N'oublie pas de vérifier l'essence, de contrôler tes marches arrières, tu es catastrophique à ça. »

« Oui papa, c'est bon je peux y aller ? J'ai presque huit heures de route devant moi. »

Elle l'embrassa sur la joue, récupérant les clés dans sa main et s'installa au volant. Au fond de l'estomac, une excitation sourde résonnait, comme si l'aventure ne faisait que commencer.

Les heures défilaient, les pauses également et la jeune femme soupira en arrivant devant un immeuble à appartement. Un coup d'oeil dans son rétroviseur lui assura que la moto n'avait pas pris un coup et que tout était en ordre au niveau de la voiture. La brune resta quelques instants assise, s'observant devant le miroir, repoussant des mèches de son visage et se recoiffant avec le bout des doigts. Maintenant qu'elle était là, autant ne pas reculer pas vrai ? Sa main attrapa son sac, elle retira les clés du contact et s'empara du trousseau de la moto avant de s'extirper de l'habitacle.

Elle poussa la porte principale avant de regarder à nouveau l'adresse et de monter les étages nécessaires jusque le numéro inscrit sur l'acte. Un instant, Sophya hésita à faire demi tour et à retourner chez elle, à abandonner la moto, avec juste une note. Mais très vite, la brune se ravisa et frappa avec énergie contre la porte avant de se reculer et d'attendre. Au vu du bruit aux alentours, il ne devait pas être chez lui. Que faire ? Rester ou partir ? Lentement, la jeune femme descendit une marche, puis deux, avant de s'asseoir sur le pallier. Attendre. Voila ce qu'elle allait faire. Et combien de temps elle attendit ? A vrai dire la jeune femme n'en avait aucune idée. Elle avait prévenu son frère de son arrivée pour qu'il ne s'inquiète pas.

Le temps passait mais la demoiselle ne s'en rendait pas vraiment compte. Autour d'elle, le temps était un peu disloqué alors que la brune était perdue dans ses pensées. Pourtant à un moment donné, ce fut froidement que les deux opales s'encastrèrent dans les billes bleutées de Daniel. Un silence s'installa alors que la médium continuait de le considérer, le visage fermé et le corps crispé. Des retrouvailles pas très joyeuses, il fallait bien l'avouer. Elle resta pendant quelques instants silencieuse, attendant qu'il fasse le premier pas. Finalement, n'y tenant plus la jeune femme finit par lui lancer ses clés, espérant pour lui qu'il parviendrait à les rattraper. Pas un mot ne sortir de ses lèvres cependant. Si quelqu'un devait parler, ce serait lui, pas elle. Son attitude ne changeait pas d'un iota, tandis qu'elle se relevait avec une lenteur exagérée. Après tout, à quoi s'attendait-elle ? A un gros câlin et que tout reparte ? Non. On n'effaçait pas treize ans de silence ainsi. Et elle n'était pas prête à lui accorder cela, d'ailleurs. Vraiment pas.



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MessageSujet: Re: Hey! What did you expect? | Daniel & Sophya Mer 2 Avr - 19:45


L’instant est idéal, je le sais, avec le temps mon œil est affuté. J’appuie sur le bouton à plusieurs reprises et apprécie chaque déclic sonore qui m’atteint. Je souris, me redresse en replaçant la lanière de mon sac sur mon épaule et baisse les yeux vers l’écran de mon appareil. Les clichés sont bons, mon sourire prend plus de place sur mon visage pendant que j’étais mon fidèle compagnon. Les beaux jours reviennent doucement dans le pays effaçant doucement mais surement les traces du passage hivernal. Cette transition, de l’hiver au printemps, est parfaite pour mes photographies. C’est l’idéal comme le changement Automne/hiver. Cela fait plusieurs années que je prends plaisir à attendre ces changements. Ils deviennent des périodes d’inspirations, de relâchement. Des périodes où je prends davantage le temps de sortir plus pour me balader que pour écouter mon boss et travailler sur ses sujets inutiles. Je soupire en regardant l’heure, je suis en retard, pour changer. Je secoue la tête et me dirige vers l’extérieur du parc quittant ce magnifique visage de verdure et cet enfant plein de malice pour la dure stupidité de mon emploi. L’article que j’avais offert à mon patron sur un plateau quelque mois plus tôt m’avait permis de rentrer à Atlanta, de rafler une belle première page ainsi qu’un petit prix de reporter. Cette reconnaissance avait suffi à récupérer un peu de dignité dans mon travail, mon boss étant « étonnement satisfait de mes compétences dissimulées ». Évidemment, cela n’avait duré que quelque mois. Aujourd’hui, j’avais pour mission d’enquêter sur une firme de boulangerie française installée depuis peu en ville. En soi, le fait d’enquêter autour d’un bon café et d’un bon croissant ne me dérangeaient pas mais le sujet n’était pas très palpitant, de l’informationnel tout au plus. Bref, arrivé au rendez-vous grâce à un taxi habile et surtout, une circulation pas trop dense, j’entrepris de faire mon taff avec le plus de complaisante possible.
Près de deux heures plus tard, un croissant, un pain au chocolat et deux cafés, je repris un taxi dans le sens inverse. Le retour au boulot se fit avec une envie à rechercher tout comme l’écriture de mon interview puisqu’au final le terme « enquête » n’avait aucun sens ici. Bref, frustration mêlé à l’agacement, il était évident que croiser mon patron n’était simplement pas possible pourtant… pourtant il vint à ma rencontre. Pourquoi ? pour me casser les prunes pardi !

Alors cette enquête ? Satisfaisante ?

Tout à fait, me goinfrer au frais du journal fut une réelle partie de plaisir…. Evidemment pour les biens de l’enquête…. Je peux certifier qu’ils ont le savoir français…

Au frais du journal ? Je dirai plutôt retenu sur votre fiche de salaire… peut-être que le jour où vous saurez être un journaliste digne de ce nom je vous permettrais d’avoir des « frais » liés à vos enquêtes… sur ce, j’ai un journal à faire imprimer !

Poings serrés j’observai la seule et unique plante du journal comme si celle-ci allait sortir de son pot et marcher jusqu’à la sortie. Cet homme était exécrable et si, certes, je l’avais cherché, il n’en était pas moins un con. Après tout ce n’était pas comme si j’avais raflé un prix au journal. Je secouai la tête, enfoncé mes paumes dans mes orbites, soufflais et appuyais sur la touche entrer de mon clavier. Le mail parti, j’avais fini ma journée et étais bon pour une bière à la maison. Sur le trajet, de nouveau en taxi, je me maudissais. Je n’appréciai pas la tournure que prenait mon emploi et ce que cette tournure m’imposait. Ecrire pour écrire n’avait jamais été un but en soi, j’avais commencé à écrire des articles pour faire bouger les choses, dans cet espoir du moins. Je me souviens du Congo, des missions humanitaires auxquelles j’ai participé, des photos, des papiers que j’ai envoyé dans ce journal, des publications, de mon emploi de reporter. A l’époque, ce n’était pas pour mon salaire que j’écrivais et si j’étais fier d’avoir sollicité l’intérêt du rédacteur d’un grand journal alors que j’étais au fin fond de l’Afrique, je n’avais jamais trop prêté attention aux récompenses. Le nouveau rédacteur avait changé cette vision que j’avais. J’étais différent et si je m’en rendais compte, je n’avais encore rien fait pour y remédier si ce n’est montrer mon mécontentement à chaque fois que je le croisais.

Je payais le chauffeur en commentant le match de baseball qui se déroulait dans le même temps et qui était diffusé à la radio. J’échangeai un rire avec l’homme et refermai la portière en le remerciant. Un pick-up était garé à la place que mon voisin avait toujours déclarée comme sienne, je laissai alors échapper un petit rire en imaginant le scandale qu’il exécutera lorsqu’il ne trouvera pas sa place libre. Une bière à la main, j’apprécierai le spectacle avec une délectation sans pareille du haut de ma fenêtre en espérant, toutefois qu’il n’achève pas son opposant. Beaucoup plus détendu je passai la porte du petit immeuble, pris mon courrier, grimpai les marches 2 à 2 en jetant un œil aux trois enveloppes que j’avais dans les mains et relevai la tête qu’au moment où je faillis percuter une femme assise dessus sur mon palier. Bredouillant une excuse, je reculai et observai la jeune femme qui fit de même. Mes sourcils froncèrent pendant que je descendis d’une marche ou deux. Cette femme. Ma tête pencha toute seule sur le côté, apparemment en recherche d’information comme si la pencher vers la droite allait m’aider à percuter quelque chose… Elle semblait me connaitre. Pas moi. Pas sur le coup et si je savais que je l’avais déjà croisé, il ne fut pas évidement de la replacer. Il fallut plusieurs secondes, longues voire interminables secondes.

Vous…

Je n’eus pas le temps d’amorcer complètement ma phrase qu’elle me jeta au visage quelque chose que j’attrapai au vol et reconnu comme des clefs, les miennes qui plus est. Là, j’étais un peu perdu. Je rentre tranquillement chez moi, je grimpe les marches, je suis à deux doigts de marcher sur une femme, celle-ci semble me connaitre vu le regard du tueuse qu’elle me renvoi, je cherche, je la situe dans l’épicerie cette journée là et…. Elle me jette des clefs, celle de ma moto abandonnée après la fusillade dans un garage payé, fermé, sécurisé… bref, pas du tout accessible par quelqu’un d’autre que moi et le loueur… l’enfoiré… On pouvait plus faire confiance à personne dans cette ville. Elle était maudite. Je ne comprends pas, pas du tout, mes sourcils ne sont plus froncés, ils sont carrément incrustés dans mes orbites. Pourquoi aurait-elle mes clefs de moto ? Pourquoi serait-elle venue jusqu’ici ? Le désir de parler à un type ayant vécu le même évènement traumatisant qu’elle ? Il y en avait plein d’autre plus près qu’Atlanta. J’observai mes clefs et les fis tourner plusieurs fois comme si elles allaient me raconter l’histoire que j’aurai du deviner tout seul, comme un grand et plus vite. Elle se redresse et son regard me glace le sang. Je recule de nouveau et m’étonne de sa ressemblance avec une amie du passé. Ma tête se redresse puis se penche sur l’autre côté. Ma bouche forme un mot mais rien ne s’articule alors qu’elle passe à côté de moi. Je la laisse faire même si tout se passe incroyablement doucement. Ses cheveux me rappellent à un autre temps, je les associe à un regard bien doux que celui qu’elle m’offre aujourd’hui. Au regard, c’est un sourire puis un rire qui me touche. Sophya. Je me retourne, je lui attrape le bras et l’oblige à se retourner ponctuant le geste d’un « Sophya » très faible puis d’un « Attends, je suis désolé » plus fort. Pourquoi désolé ? Pour tout. Rapidement ses lettres passèrent dans ma tête, chaque ouverture, chaque sourire en les parcourant ou chaque visage fermé. J’avais toujours cherché à savoir ce à quoi elle pouvait ressembler aujourd’hui et la réalité était plus réussie que l’image déformée que mon esprit avait créée. Quelle idée lui était passée par la tête ? Pourquoi venir me voir après tant d’année ? après tant de silence ? J’étais désolé pour ça mais ne savais comment procéder pour lui faire comprendre. Je ne comprenais pas moi-même pourquoi j’étais frappé par tant de regret là, à cet instant alors que je venais à peine de la reconnaitre… L’esprit humain est décidément trop imprévisible et incompréhensible. C’est alors que l’image de la fusillade me revint. L’attrapant par les épaules, je lui demandai :

« C’était toi à la fusillade ?! Tu.. Tu vas bien ? fin tu n’as pas été blessé ? »

M’inquiéter après tant d’année était parfaitement déplacé et j’imaginai aisément un petit moi frapper un autre petit moi au milieu du champ de bataille de mon cerveau. J’avais besoin d’une bière.

« Tu veux une bière ? ou autre chose… je dois avoir du jus d’orange et euh … de l’eau… »

Je grimpai les marches en sortant mes autres clefs et ouvrit la porte en grand sans pourtant entrer moi-même dans l’appartement. De la main je l’invitai tout en me demandant pourquoi elle se donnerait la peine d’accepter…
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MessageSujet: Re: Hey! What did you expect? | Daniel & Sophya Ven 4 Avr - 18:00

Son regard furieux se glissait sur le visage de l'homme en face d'elle. Nier qu'il avait changer serait un mensonge éhonté. Comme un félin mécontent, les yeux de la brune se plissèrent lorsque sa voix s'éleva, impersonnelle, étonnée. La jeune femme ne sut si ce fut le fait qu'il ne la reconnaisse pas qui la blessa le plus ou ce visage qui finissait par la torturer plus que de raison. Pourquoi s'était-elle accrochée ainsi ? C'était censé être contre sa propre nature, contre toute logique lorsque l'on parlait d'elle. Sauf que non, ce n'était pas le cas. Elle avait connu l'abandon et s'attachait bien plus vite que son esprit ne l'admettait, et son coeur finissait par s'écarteler en des tas de morceaux éparpillés. C'était exactement ce que la médium ressentait en cet instant alors qu'elle ne parvenait pas à cacher la colère qui vrillait tout son être. Jamais, la jeune femme n'aurait dû venir. C'était une évidence qui s'imposait à ses pensées alors qu'elle se relevait pour partir sans un mot. Mieux valait rester dans le déni, et faire le deuil de cette amitié qu'elle avait bien trop estimé. Partir était la juste solution. Le même choix que la médium avait fait pour son mariage, et à voir le chaos que ce dernier avait engendré, c'était peut-être vraiment le meilleur choix qu'elle eut jamais fait.

Pourtant une main s'enroula autour de son bras et tout son corps se crispa à ce contact. Elle avait toujours détesté cela, aujourd'hui encore plus que d'habitude. Son prénom résonna à ses oreilles et la demoiselle dut se battre intensément pour ne pas laisser les larmes envahir ses yeux. Pourquoi se montrerait-elle aussi sensible au juste ? Son corps pivota sous la pression que Daniel effectua sur son poignet, réceptif à sa demande alors que la brune aurait juste voulu se dégager et descendre les escaliers quatre à quatre pour quitter cet endroit. Remuer le passé était une mauvaise chose et Daniel était la seule personne qui la rattachait encore à son avant adoption. Son visage fermé répondit aux excuses qu'il lui servit, alors que son estomac se soulevait pourtant douloureusement à cette entente. S'excuser ? Pourquoi ? Comme si elle n'en avait aucune idée. Venir ici et trouver cette adresse avait été suffisant pour comprendre beaucoup de choses. Comme le fait qu'il l'avait ignorée pendant autant d'année. Qu'il l'avait abandonnée, lui aussi. Rien qu'à cette pensée, ses yeux s'humidifièrent de larmes que l'ancienne juriste tenta de repousser au loin, sans grand succès pour autant. Se mordant l'intérieur des joues avec une rare violence pour s'empêcher d'exploser, elle ne put cependant retenir ses poings de se serrer lorsqu'il l'attrapa par les épaules. Ses bras se relevèrent alors d'eux-même pour repousser son mouvement et la jeune femme se dégagea avec finesse, reculant de quelques pas, le considérant encore plus froidement qu'auparavant. En cet instant, elle ne voyait plus l'ami d'enfance qui avait tant pris soin d'elle, qui avait réussi à égayer ces moments de noirceur durant sa période à l'orphelinat. Le seul à qui elle avait même confié ce terrible secret que tout le monde prenait pour de l'imagination, ce don qui lui pourrissait déjà la vie. Mais là, en cet instant, en lui se tenait uniquement le goût de la trahison et de l'abandon. Et malheureusement pour lui, elle avait réussi à le retrouver.

Pourtant, et à sa plus grande surprise, quelques mots parvinrent à franchir ses lèvres tandis qu'il l'invitait à rentrer prendre une bière avec lui, grimpant déjà les marches avec rapidité, sans pour autant rentrer chez lui.

« Non mais je rêve... »

Un rire nerveux s'échappa de ses lèvres alors qu'elle dardait un regard encore plus énervé sur lui. Quiconque savait lire en elle aurait vu simplement la blessure qui ne faisait que s'ouvrir encore plus, au fur et à mesure qu'il ouvrait la bouche.

« Tu crois vraiment que je vais rentrer chez toi ? Qu'on va boire un verre comme deux bons potes ? Et on ferait quoi hein Daniel ? On ferait quoi ? On se raconterait le bon vieux temps, les souvenirs qu'on a de notre enfance ? »

Elle se mordilla la lèvre, ne le lâchant pas du regard avant de monter les marches qui les séparaient pour se retrouver à son niveau.

« Je vais mettre directement les choses au point. J'étais venue... Je ne sais pas pourquoi. Mais pas pour ça. Pas pour m'apercevoir que celui que je prenais pour un ami, peut-être l'un des seuls amis que je m'étais fait à l'époque, m'avait tourné le dos sans aucune forme d'explication. »

Elle s'était redressée au maximum au fur et à mesure, presque belliqueuse, et poursuivait.

« Alors je pense qu'on va faire simple. Je vais repartir chez moi, tranquillement. On va continuer notre vie chacun de notre côté, comme il semble que c'était ton plan depuis le départ. Je passerais au-dessus de ça, et de tout le reste et tu n'entendras plus jamais parler de moi. Ça me semble un bon deal non ? Je ne bouleverserais en rien ta petite vie comme ça. Et tu vois ? Tu ne dois même pas venir récupérer ta moto. Comme la vie est merveilleuse, n'est-ce pas ? »

Ses lèvres tremblèrent légèrement sur la fin de la phrase tandis que ses yeux commençaient déjà à fuir le regard du brun.

« Pour répondre à ta précédente question. Oui c'était moi. Tu l'aurais su, si tu t'étais donné la peine de t'intéresser un peu plus à... Soit. Et pour te répondre, vu que tu sembles avoir la mémoire teeeellement courte, un homme est mort entre mes mains, parce que je n'ai pas été capable d'appuyer suffisamment fort sur sa plaie pour l'empêcher de se vider de son sang. Réfléchis donc deux secondes à la réponse de ta stupide question. »

Elle était dure, bien trop. C'était la façon de réagir de la jeune femme lorsqu'elle se sentait blessée et au pied du mur de sentiments qu'elle ne pouvait pas contrôler. Et bon sang ce qu'elle détestait ça.

« Mais ne t'embarrasses pas à essayer d'y répondre. Fais comme si je n'existais pas, comme si nous ne venions pas d'avoir ces charmantes retrouvailles. Je suis certaine que tu y parviendras sans problème. »

Sophya descendit alors les marches avec lenteur. Est-ce qu'elle espérait quelque chose en cet instant ? Un miracle ? Non, elle n'avait jamais crû en ceux-ci. Jamais. Et ce n'était pas maintenant que ça allait commencer. Pourtant, tout ce qu'elle savait, c'est que ça faisait drôlement mal, même après autant d'année. Ces foutus hommes...



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MessageSujet: Re: Hey! What did you expect? | Daniel & Sophya Ven 4 Avr - 19:30


Moi-même je ne me ferai pas confiance dans cette situation, je me regarderai de haut, puis je viendrais me frapper pour m’échapper rapidement dans une ville que je sais éviter depuis des années. Ma tête se secoue toute seule alors que je laisse tomber mon bras le long de mon corps. C’est inutile, pourquoi tenter de faire semblant ? de rattraper le cout ? Pourquoi être si mal alors que je vivais parfaitement bien mes choix jusque-là ? C’était incroyablement stupide et je me maudissais pour cela. Je m’étais pourtant juré de ne rien regretter, d’accepter mes choix et d’assumer leurs conséquences. Pourtant aujourd’hui, je me rendais compte que je vivais en compagnie d’une certaine amertume envers mon choix de vie et le regret qui m’assaillait en me forçant à la regarder droit dans les yeux me perçait de toute part. Comme si j’avais besoin de ça. Inconsciemment mon regard cherchait la jeune fille fluette et réservée que j’avais pris le plaisir de connaitre. Il était difficile de la trouver derrière ce visage si fermé, si colérique. Je n’aurai jamais cru que la revoir me ferait tant d’effets. Ce changement radical de comportement m’atteignait plus que de raison et une furieuse envie de frapper dans le mur me prit, rapide, fugace mais forte. Cette rage. Elle me rappelait elle aussi à mon passé. Une rage si forte que j’en devenais fou et stupide. L’assassinat de mon père, le suicide de ma mère…. On croit toujours qu’on peut vivre avec n’importe quoi dans la tête mais il semble que ce n’est pas le cas. Ces pensées, ces images, ces peurs, ces doutes, tous finissent par revenir quand on s’y attend le moins comme ces cauchemars venus d’ailleurs.
Elle est scandalisée. Elle est énervée. Elle pourrait presque m’abattre juste avec son regard, juste avec cette rage envers moi. Je suis subitement l’enfant. Celui qui voulait la protéger, l’aider, l’aimer comme on aime une petite sœur. Celle que je n’ai pourtant jamais eu. Heureusement d’ailleurs, comment aurait-elle fini ? Tuée par notre mère ? Brulée vive ? Je me contracte. Cette rage passée reprend place dans mon corps, elle semble adorer la venue de Sophya qui la nourrie avec une facilité déconcertante. Je n’apprécie guère ce qui se joue en moi sans même que la nouvelle Sophya s’en rende compte. Je suis l’enfant aimant puis l’enfant ravagé. Je suis un peu de tous sans parvenir à me trouver. Ses mots me frappent avec plus de force que n’aurait jamais eu ses poings. J’aimerai les attraper, les contrer, les jeter, les éviter ou, simplement, les occulter. Mais comment ? Comment « faire comme si » alors que mon regard ne cesse de percuter le sien ? de percuter cette différence entre un passé heureux et ce présent délaissé de toute amitié. Nous avons fait trop de chemin, elle n’a pas tort. On peut lire nos cassures rien que dans nos réactions, comment rattraper les choses ? Je ne suis même pas sûr de le vouloir.

Un plan ? Je n’étais pas sûr d’en avoir non plus à l’époque. Je me souviens nettement du jour où j’ai reçu la première lettre mais ne parviens pas à me souvenir de mes pensées. C’est fou comme le cerveau humain fonctionne. Il sélectionne ce qui lui semble bon, le garde, puis élimine le mauvais de l’histoire. Toutefois, comment être sûr que le cerveau d’un pré ado de 13 ans pouvait sélectionner de manière juste et cohérente ? Pas la moindre idée. Après tout, même avec le cerveau et l’esprit d’un adulte, je n’avais pas été fichu de la reconnaitre dans la supérette ni même, bien avant ça, de répondre à ses dernières lettres. Ce n’était pas par manque de temps, d’envie ou par inintérêt total, au contraire c’était pour… autre chose. Il ne fallait pas qu’elle comprenne. Il ne fallait pas qu’elle voit. C’était comme ça, inscrit en moi. L’habitude avait pris le pas sur le cœur et la raison ? elle était abonnée absente selon les sujets. Sophya faisait partie de ces éléments qui échappaient totalement à ma raison comme tout ce qui concernait NOLA. Tout sauf Hayel, certes. Pourquoi lui avoir répondu à lui et pas à elle ? Peut-être la similitude de notre passé… ?

Elle me parle de la fusillade. Elle me parle du mort, je m’en souviens très bien comme des autres. Des cris, des pleurs, du sang, de ma douleur, de mon incompétence. Une partie de mes expéditions dans les pays de Thiers mondes m’avaient valu peine, blessure et souffrance pourtant, il n’y a rien de pire que de vivre sa chez soi, dans son pays. Je secoue la tête, passe la main dans mes cheveux. Pourquoi tout ça ? Cette ville était maudite, mon boss était un démon… si seulement il ne m’avait pas envoyé la bas… rien de tout ça ne serait arrivé enfin… j’aurai été éradiqué de l’équation. Simple, évident. Pourtant quelque chose en moi n’apprécie pas cette idée. L’image de cette gamine me touche. Comment expliquer que je sois encore attaché à elle alors que j’ai tout fait pour qu’elle me déteste et pour passer ma vie aussi loin de cette ville de malheur.. ? Puis je repense à cet homme, je revois les mains de Sophya, si j’avais compris….

IL ETAIT CONDAMNE SOPHYA ! Condamné… je te l’ai dit ce jour-là, je te le répète, t’aurais pu appuyer aussi fort que possible, t’aurais pu traverser le sol dans cette idée, rien n’y aurait changé. La blessure était trop importante, il serait mort de toute façon mais…

Trop rude au début, j’adoucie mon ton, je descends les marches et la rejoins sans la toucher même si, étonnement, j’en meurs d’envie.

Mais tu lui as permis de ne pas mourir tout seul et tu as permis à l’autre type de ne pas te hair. Tu as essayé, tu n’as pas abandonné cet homme ni son ami. Même si tu as paniqué, tu es restée alors que la voix était libre pour sauver nos peaux. Tu pouvais pas faire plus….

Je tends la main pour effleurer son épaule mais m'abstiens au dernier moment et relaisse tomber mon bras.

Je comprends que tu ne veuilles plus accorder de crédit à mes paroles et c’est légitime mais au moins, crois-moi sur ce point. Je l’ai dit à une inconnue ce jour-là, et je le répète aujourd’hui à … une amie d’enfance...

Mes dents attrapent ma lèvre et la mordent, « Amie d’enfance », quel con mais que dire d’autre ? Une amie ? Pour sur elle m’aurait achevé. Petite sœur ? Là j’étais bon pour de la torture. A l époque aussi sa douceur n’avait d’égale que sa colère, en fin pour moi qui était, à ce temps, tellement attaché à elle que je vivais mal chaque dispute. J’inspire un bon coup face au silence qui s’installe, face aux regards que nous nous échangeons. Je suis piqué par le passé et frappé par le présent. Je touche encore le regret de ne pas avoir totalement suivi son évolution, je sens les larmes qu’elle retient comme si je ne l’avais pas abandonné des années plutôt. Comme si j’avais le droit de la connaitre si bien.


Très franchement je ne sais pas quoi te dire. J’aimerai te retenir et te dire ce qui te rassurera mais pour être honnête rien de ce à quoi je songe, ne te fera un quelconque bien. Je ne saurai pas expliqué ce qui m’a poussé à lire tes lettres et ne jamais donner suite ni même à tenter d’éffacer ce qui avait pu me lier à toi et à cette ville maudite. Je…

Je soupire, lèvre les bras au ciel, frappe mon crane avec, les fais glisser le long de mon visage pendant que mon corps tombe lourdement contre le mur de l’escalier.

Je sais pas…Sophya… Je sais pas…

Ou ne veux pas savoir… c’est surtout ça au final.
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MessageSujet: Re: Hey! What did you expect? | Daniel & Sophya Sam 5 Avr - 14:02

Pas un instant la jeune femme ne plia devant l'énervement dont il faisait preuve. C'était la meilleure tiens. Monsieur se prenait pour qui, vraiment ? Plus les minutes passaient et plus son visage se fermait, montrait des signes de colère évidente. Son corps reste droit, fier et imperturbable tandis que lui montre une agitation sans faille. Tant de crispation chez elle, tant d'expression chez lui. Comme avant. Comme lorsqu'ils étaient enfant et qu'elle restait impassible sous les brimades et les moqueries, alors qu'en elle bouillonnait une colère sans nom, un besoin de s'exprimer qui n'avait jamais trouvé le moyen de se faire. Une larme finit par rouler sur sa joue, preuve de la frustration qui trouve un écho en elle, tandis qu'elle détourne enfin le regard pour échapper à la vision de cet homme. Cet homme à qui elle avait offert la plus grande innocence dont elle pouvait faire preuve, treize ans auparavant. Et qui en cet instant piétinnait son coeur de cette confiance bien mal accordée. Voila ce qui la bouleversait autant. L'enfant qu'elle avait été, s'était trompée et l'adulte qu'elle était désormais rageait de ce manque de jugement. L'habitude l'avait forcée à se retrouver prise entre ces sentiments compliqués et Sophya avait juste fini par fermer les portes à toute intrusion, ne laissant le passage que lorsqu'elle jugeait les gens potentiellement intéressants. Les relations humaines n'étaient faites que pour vous blesser de toute manière.

Sa main rageuse rencontra son visage alors qu'elle essuyait avec précipitation la preuve de sa faiblesse et qu'elle finissait par se retourner les yeux rougis, en direction de Daniel. De quel droit se permettait-il d'élever la voix face à elle ? De montrer lui, une telle rancoeur à l'égard de ce qu'elle lui avait soufflé. A ses yeux c'était simple, il n'en avait pas. Pas le moindre. Sa bouche se pinça tandis que son nez aspirait l'air avec brutalité, faisait soulever sa poitrine avec plus de rapidité et de douleur qu'elle ne l'avait auparavant prévu. Il s'avançait vers elle et pourtant la jeune femme ne reculait pas d'un pas, peu impressionnée pour le coup. Si son ton avait monté, le journaliste avait finalement opté pour une nouvelle attaque remplie de douceur, qui ne manqua pas de trouver un écho en elle. Les larmes franchirent définitivement ses yeux alors qu'elle se reculait avec précipitation, l'esprit peu désireux du moindre contact alors que son corps possède l'envie furieuse de se jeter dans ses bras pour retrouver le réconfort d'autre fois. L'enfant vit encore, terrorisé, en besoin constant de son approbation et de ses conseils, tandis que l'adulte se refuse de tomber une nouvelle fois dans le panneau. Et de souffrir encore, inlassablement.

« Tu le dis peut-être, mais s'il y avait une chance, une infime chance qu'il s'en sorte, alors je ne l'ai pas saisie. Personne ne l'a saisie. Mais c'était mes mains dans son sang, pas celles de quelqu'un d'autre. »

Elle ne se blâmait pas vraiment pour la mort d'Harry, elle avait juste beaucoup de mal à la surpasser pour le moment. Peut-être parce que sa vie en était au point mort et qu'elle cherchait juste à pouvoir avancer sans y arriver. Le fait de ne pas travailler, de ne pas s'occuper la rendait extrêmement pensive et l'empêchait de pouvoir concrétiser ce dont elle rêvait depuis des mois maintenant. À nouveau ses yeux se plissèrent lorsqu'il continua et elle dut retenir son envie de lui foncer dessus pour lui faire passer l'envie de recommencer ces petites allusions.

« Ne dis pas des choses que tu ne penses pas. Si nous avions été amis un jour, tu n'aurais pas agi comme un abruti. Alors épargne moi ce genre de paroles, je ne suis pas venue pour que tu me considères comme une enfant incapable de faire face à ses sentiments. »

Son regard avait retrouvé sa dureté, son moment d'égarement passé. Elle le regarda s'étaler au sol et leva les yeux au ciel.

« Ne cherche pas à me retenir. Si tu le voulais vraiment, tu aurais trouvé les mots, les gestes. Mais tu ne fais rien de tout ça. Tu t’apitoies, sans vouloir donner la moindre explication. Comme si je n'avais pas le droit de savoir. Sauf que je ne suis plus une enfant, et je n'ai plus de fascination pour toi. Je peux vivre sans toi. Et tu viens juste de me prouver que c'était le mieux à faire en effet. »

Un soupir s'échappe de ses lèvres alors qu'elle le regardait.

« Laisse moi te résumer la situation comme je la vois. Pendant treize ans, tu n'as osé affronter que le silence, refusé le soutien, l'amitié que je pouvais t'offrir. Tu t'es tenu à l'écart de ma vie, parce que tu pensais, j'imagine, que ce serait plus facile, parce que tu ne voulais pas faire face. Pendant ces treize années tu m'as maintenue à l'écart de toute ta vie, de tout ce qui aurait pu être important. Tu m'as imposé ton silence, ton abandon. Et maintenant, tu n'oses même pas faire face à cela. »

Elle laissa tomber son sac au sol avant de s'asseoir à ses côtés.

« Je vais te dire maintenant ce que je pense. Tu es lâche Daniel. »

Son ton était sans équivoque, sans aucun tact. Ce n'était pas son genre, de toute manière de prendre des pincettes, spécialement quand elle ne se sentait pas en état de faire face. C'était réellement le cas en ce moment même. Parce que malgré ce qu'elle disait, il avait encore ce pouvoir sur elle, de faire ce qu'il voulait et de dire ce qu'il voulait, elle en tiendrait toujours compte.

« Je me suis toujours demandé ce que j'avais fait de mal pour que tu m'ignores, pour que tu me rejettes. Pourquoi tu agissais comme tous les autres. J'ai la réponse maintenant, tu étais juste comme eux. Tu n'as eu que pitié de moi pendant quelques temps, c'est tout. »



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MessageSujet: Re: Hey! What did you expect? | Daniel & Sophya Dim 6 Avr - 20:56

Une larme. L’envie de frapper de nouveau un mur me prit. Je n’appréciai pas cette colère, ce mal être que je sentais en moi. Il n’avait pas lieu d’être comme cette larme sur sa joue. La dernière fois que je l’ai vu pleurer c’était de loin et l’impossibilité de la rassurer m’avait littéralement broyé le cœur. Comment avoir pu me lier de la sorte avec une si petite enfant au point que 13 ans plus tard, une de ses larmes me fassent le même effet ? Il n’y avait pas d’explication si ce n’est le fait d’avoir crever cette relation de mon propre chef. Qui sait où est-ce que nous en aurions été aujourd’hui ? Aurais-je pu connaitre sa famille, celle qui a eu la merveilleuse idée de l’adopter ? Aurais-je été là pour casser la tête à ses prétendants ou au contraire pour tomber sous son charme ? Les choses auraient pu être plus simples. Qu’en sais-je au final ? Je n’ai pas le pouvoir de voir les autres chemins. De plus les « et si » ne servaient à rien si ce n’est stagner en un point fixe. Avancer était nécessaire à l’époque. Etait-elle pour autant un frein à cela ? Non. Elle n’avait été le frein de personne et n’avait aucune faute. J’avais été touché par cette enfant fluette et presque muette. J’étais jeune, elle aussi. D’une larme apparait un torrent. Elle me parle du sang, de ses mains. Oui, il est inévitable d’être traumatisé et de craindre ce qu’il s’est passé. Je ne sais trop quoi lui dire à ce propos. Que dire de plus que la conclusion d’un secouriste ? Sait-elle seulement quelle formation j’ai eu ? Après tout comment croire un simple journaliste sur un sujet à mille lieu de son domaine de compétence ? Je secoue la tête, qu’importe, je ne pourrai jamais l’aider. Plus jamais.

Ne dis pas des choses que tu ne penses pas. Si nous avions été amis un jour, tu n'aurais pas agi comme un abruti. Alors épargne moi ce genre de paroles, je ne suis pas venue pour que tu me considères comme une enfant incapable de faire face à ses sentiments.

Bien que je sois frappé par ses propos, un léger sourire nait sur mon visage. Elle ne semble pas avoir perdu de sa hargne. Tant mieux. Il fallait au moins ça pour affronter le monde. Je ne sais pas quoi lui répondre ou plutôt me retient de former des phrases cohérentes. Calme. Retenu. Surtout pas de parole blessante qu’il pourrait regretter. Cela faisait 13 ans qu’il ne l’avait pas vu et la dernière image qu’il avait d’elle était celle d’une enfant aimée en pleure. Le genre d’image qui marque quand on aime. Le genre d’image qu’on se refuse de voir à nouveau. Le genre d’image qui blesse quand on a juré de ne plus jamais la laisser pleurer. Je secoue la tête pendant qu’elle délivre un match de boxe parfaitement bien maitrisé. Ses paroles sont justes pour la bonne raison qu’elle ne se retient pas. Elle ne masque rien. Enervée, elle n’avait jamais mi les formes ou que très rarement. Ses phrases sont des poings féroces qui me ravagent davantage que ceux de Gary dans la supérette. A cette pensée, je me contracte, pose une main sur mes côtes avec la désagréable impression qu’elle pourrait m’achever encore plus vite. Avec Gary l’humour avait pu faire encore place, face à elle, comment trouver le sarcasme ? Comment faire croire que tout ira mieux ?

Ses mots m’accablent jusqu’à qu’elle finisse sa partition. Lâche. Serais-je lache ? Non, je ne crois pas. Ce que j’ai fait de ma vie, ma courte vie cela dit, n’a pas les propriétés de celles d’un lâche. Pas à mon sens. Je n’ai pas non plus été quelqu’un de très courageux, pas comme tout le monde l’entend. Un héros ? Certainement pas. Un imbécile heureux ? Absolument. Le danger a toujours eu un gout savoureux en bouche. Sinon comment expliquer ma capacité à me retrouver dans de très mauvaise situation sans pourtant savoir me taire. Je ne sais pas vraiment ce qui me caractérise le plus au final. Je ne rien fais de concret. A 27 ans, je n’ai pas de famille. Je n’ai jamais été adopté et je comprends tout à fait les raisons. Je n’ai jamais réussi à garder une relation assez longtemps pour commencer à parler de cohabitation ou pire, de mariage de gosse et tout le tintouin. Des amis ? Oui, la plus part parcourant comme moi jadis, d’autres pays. Il était possible, au final, que je n’étais pas fait pour vivre comme tout le monde l’entend à Atlanta ou à Nola. J’avais tout perdu 13 ans plus tôt. Comment expliquer ma vie par ce passage de ma vie ? Je ne sais pas, il n’y avait peut-être aucun rapport, aucune explication. La vie, mon chemin, avait fait le reste pour moi. Je ne pense pas avoir été lâche dans ma vie de jeune adulte mais qui suis-je pour juger mes plus jeunes années ? Personne. Et personne ne se permettre d’en juger puisque personne n’a su me connaitre assez bien et assez longtemps pour se le permettre. La lâcheté se trouve peut-être dans cette 13e année de ma vie impliquant toutes les années futures. Après tout, enfant, je ne m’étais jamais imaginé sur ce chemin ici et encore moins dans cette escalier avec ce visage si fermé contre moi. Il était facile d’imagine mon « moi » enfant frapper le « moi » ado et tuer (plus radical) la personne que je suis aujourd’hui face à elle.

Tu n'as eu que pitié de moi pendant quelques temps, c'est tout.

C’est ça ta conclusion à cette fabuleuse analyse psychologique à deux balles ?! C’est ça à 9 ans, j’étais si machiavélique que je me suis intéressé à toi juste dans l’idée de t’abandonner 4 ans plus tard parce que EVIDEMENT, j’avais prévu que ma siphonnée de mère tuerait mon père pour se suicider après… c’est évident. J’ai eu pitié tu as raison !

La colère m’avait pris. Quelle idée stupide. Elle avait peut être raison sur beaucoup de chose mais le portrait qu’elle faisait de moi par ces dernières phrases m’insupportait au plus haut point. Comment ? Comment pouvait-elle sous-entendre que le garçon que j’étais, était un monstre d’indifférence ? Si y a bien une chose dont je sois sûr et assez fière c’est du souvenir du garçon que j’étais. Il vivait dans une belle ville avec des parents aimants à défauts d’être très présents. Il était assez spécial mais gentil, à l’écoute des autres, il avait rarement voulu se battre. Il n’était pas non pas populaire mais assez apprécié quand les gens oubliaient son hyperactivité. Bref, c’était un gosse gentil. La suite. Son évolution ne fut peut-être pas la meilleure qu’il l’avait imaginé à l’époque mais qu’importe, ce qui est fait est fait. Pourquoi vouloir revenir sur le passé ? Pourquoi accuser l’enfant qu’elle a connu et pas le petit c** qu’il est devenu ? Je m’étais redressé, approché d’elle puis reculé. J’étais retourné dans le couloir à la fin de ma phrase pour frapper dans le mur à côté de ma porte. Pourquoi faisait-elle ressortir tant de colère en moi ? Etait-ce de sa faute ou de la mienne ?

Ah si ! Je dois être comme ma mère en fait, un truc lattant c’est ça ? Ma mère est un monstre, je le suis aussi c’est génétique évidement. Après tout j’ai pas été capable de voir que ma mère était folle alors capter que je l’étais aussi…
Je soupire. Ce que je dis est totalement débile sans aucun sens. Le fait même de parler de ma mère est stupide et est de loin une très mauvaise idée. Depuis combien de temps n’ai-je pas parlé d’elle ? Dès années. En Afrique. Une drôle de femme avait su tout de suite, plus rapide qu’un psy. Bref. C’était idiot comme toute cette conversation.

Tu n’as pas imaginé UNE seconde que je n’avais plus rien à t’offrir dès le moment où j’ai quitté cette ville ? Non dès le moment où ma mère l’a tué ?! Je n’ai pas d’explication parce que toutes celles que j’ai en tête ne parviendront à me faire pardonner de toute façon. A quoi bon ressasser le passé comme ça ? Ça sert à quoi ?! Tu as 25 ans maintenant, que veux-tu que cela change ? Il n’est même pas dit qu’on serait resté ami…

Je tourne en rond tel un lion en cage. Je ne comprends pas, pas tout. Je sais pas ce qu’elle cherche. Je sais pas ce que j’espère.

Pourquoi moi Sophya ? Pourquoi t’es-tu accrochée à moi au souvenir de ce gosse ? Dis-moi si je me trompe mais tu as du perdre le contact avec le ¾ de nos amis de l’époque et même de tes amis de collège, de lycée…. J’étais qu’un gosse parmi tous ceux-là. Pourquoi n’as-tu pas simplement laissé tomber ? Tu t’es accrochée à l’illusion que j’étais le même, que ce…cet évènement n’avait rien changé.

Oui, pourquoi moi ? C’était une question légitime. Elle aurait pu m’oublier, se dire que le temps et cet évènement avaient scellé notre amitié. Quelle faisait pari de ces relations qui finissent par s’estomper. Non, elle continuait à croire, à espérier, à s’accrocher. Pourquoi ?

Tu t’es accrochée à mon fantome Sophya ! Tu avais besoin du garçon pas de moi !

Je soupire de nouveau, enfonce mes prunelles dans les siennes. Elle s’est autant voilé la face que je ne l’ai fait pendant tant d’année. Elle n’était pas un fantome pour moi, elle ne l’avait jamais été mais après mon premier refus comment revenir en arrière ? et surtout pourquoi ? J’étais convaincu et si j’avais tort, je ne l’avais pas compris à l’époque. Elle aurait du passer à autre chose, faire confiance à d’autres personnes, c’était le but après tout. Je n’étais plus quelqu’un de bien.

C’est justement parce que je tenais à toi. J’étais plus là, je ne vivais plus à Nola que voulais-tu que je fasse ? Que je joue à être le même petit garçon innocent alors que je l’avais totalement perdu. Je ne suis pas psy, je n’ai jamais cherché à comprendre mes actes et mes choix. Je les ai acceptés comme tel. L’ado que je suis devenu… il n’était bon pour personne ni pour moi, ni pour toi, ni pour la ville d’Houston.

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MessageSujet: Re: Hey! What did you expect? | Daniel & Sophya Dim 6 Avr - 23:22

Elle se sentait brisée et lui il souriait. Comme un abruti. Comme si ce qu'elle lui soufflait était amusant. Et Sophya Turner était tout sauf amusante. Les yeux brûlants de colère et de peine, elle tourna rapidement le visage de l'autre côté, le fixant avec une rage consumant chacune de ses pores. Sa peine avait toujours alimenter une colère sourde, faisant vibrer tout son être, réveillant chaque cellule de son corps. Au fond, c'était le carburant avec lequel elle fonctionnait le mieux, ce qui lui permettait de dire franchement ce qu'elle avait sur le coeur sans que quoique ce soit ne se mette en travers de son chemin.Toute sa petite personne vibre sous le feu d'une douleur qu'elle ne parvient pas à maîtriser pour la simple et bonne raison qu'il n'y a juste plus aucun barrage. Elle peut se montrer injuste parce qu'elle s'en prend à lui pour Chase, pour ses découvertes sur Alastair, pour son abandon à la naissance. Alors elle s'emportait, laissait échapper des phrases qu'elle avait destiné à des dizaines de personnes. La fermeture de l'orphelinat, la mort de son ancienne directrice, les retrouvailles avec Chase, la prise d'otage. Tout cela avait achevé de briser une à une les armures qu'elle s'était dressé au fil des années. Trop de gens avaient fini par passer les barrages et avaient fini par créer des milliers de failles dans son coeur. Et juste devant ses yeux, se tenaient la première.

Ses yeux se fermèrent à nouveau sur des larmes tandis que Sophya se relevait avec brutalité, manquant de tomber sous l'impulsion, dans cet endroit qui lui était totalement étranger. Elle ne parlait pas, se contentant de marcher de long en large, sans jamais le regarder, accusant le poids de ses paroles, de sa propre colère. Ils étaient écorchés vifs, tous les deux. Soudainement c'est ce qui la frappa de plein fouet tandis qu'elle s'arrêtait devant la marche d'escalier, songeant à fuir sans attendre la moindre seconde supplémentaire venant de lui. Seulement elle ne pouvait abandonner son sac et ses clés qui étaient toujours à côté du brun. Mais il était hors de question que la jeune femme ne s'approche de lui en cet instant. Parce qu'une furieuse envie de lui faire aussi mal qu'il lui faisait mal la prenait soudainement, ravageait son âme et lui brûlait les lèvres. Ses yeux s'étaient dardé sur le mur en face, juste pour ne pas avoir à croiser son regard. Elle l'entend et l'écoute mais pourtant rien de ce qu'il dit ne trouve écho en elle. Pourquoi ? Parce qu'elle n'a jamais été ce qu'il semble dire. Ses amis, c'était juste parce qu'elle traînait dans son ombre, parce qu'il était là. Jamais la médium n'avait rien eu en commun avec eux. Rien d'autre que lui. Et quand il était parti... Rien n'avait plus été pareil. Et si elle avait été objective trente secondes, la brune se serait rendu compte qu'ils avaient exactement les mêmes réactions en ce moment même. Il s'était levé, arpentait le couloir et la jeune femme avait fini par ne plus bouger pour ne pas avoir à le croiser ou même le frôler. Parce qu'elle aurait bien été capable dans un élan de colère de le pousser dans le fin fond de ces fichus escaliers.

Finalement la jeune femme finit par se remettre face à lui et finit par le frapper sur le torse avec toute la violence dont elle était capable. Un coup, unique, mais témoignant de toute sa frustration, toute sa colère.

« C'était toi mon ami ! Pas eux. Tu veux savoir ? Dès que tu es parti, je ne les ai plus jamais revu ! C'étaient tes amis, pas les miens. Toi... Toi tu étais spécial. »

Elle laissa retomber mollement sa main alors que les larmes menaçaient à nouveau. La médium se détestait vraiment dans ces moments, où la faiblesse et les sentiments prenaient le pas sur tout le reste. Quand son esprit ne raisonnait pas suffisamment et que son coeur explosait en milles parties. Il était déjà tellement brisé que l'ancienne juriste se demandait comment il pouvait se casser encore et encore, éparpillant des morceaux qu'il lui était impossible de recoller.

« Je n'avais pas besoin d'un enfant. J'avais besoin de cet adulte que j'avais déjà vu en toi. De ce garçons qui était parvenu à briser toute cette noirceur autour de moi. J'avais besoin de rendre la pareille à ce garçon. De lui redonner un minimum de bonheur et d'espoir. Mais tu ne m'as pas laissée faire. Tu ne m'as pas laissée entrer. Alors que j'avais choisi de te faire confiance. A toi et pas à un autre. Mais tu m'as repoussée. »

Elle s'éloigna légèrement avant de se laisser tomber sur l'escalier. Inutile de feindre conserver la face encore, ce n'était vraiment pas le cas. Ses lèvres commencèrent alors à trembler férocement sous la pression des sanglots qui ne voulaient pourtant pas sortir. C'était une telle erreur d'être venue ici, sans aucun doute.

« Si tu avais vraiment tenu à moi, tu m'aurais donné le choix, Daniel. Le choix. Mais non, tout ce que tu m'as donné c'est du silence et des regrets. »

Son regard se planta dans le sien alors qu'elle soufflait ces derniers mots. Sa voix s'éraillait, s'effritait au fur et à mesure qu'elle parlait. Elle perdait confiance, s'ouvrait beaucoup trop. Le laissait à nouveau avoir cette influence qu'il avait eue auparavant sur sa façon d'être. Parce que face à lui, Sophya n'était qu'une enfant terrifiée, ayant besoin d'une référence, d'un modèle à suivre. Parce qu'elle avait calqué beaucoup sur sa personnalité pour devenir l'adulte qu'elle était finalement. Ce héros de son enfance qui avait brisé son enfance, sa solitude. Pour finir par la replonger dedans.

Une voix rauque, basse, finit pourtant par reprendre du fond de sa gorge.

« Ta mère n'a pas fait de toi ce que tu es devenu. Et elle ne dirigera jamais ta vie. Je suis bien placée pour le savoir. Ma génitrice ne m'a pas fait. Elle ne m'a pas rendu service, elle ne m'a pas forgée. C'est moi qui l'ai fait, et uniquement moi. Comme tu t'es fait, d'une certaine manière. On a juste fini par être brisés par la vie, c'est tout. Le comble serait de refuser de voir cette évidence. »

Une certaine légèreté avait fini par percer dans le ton qu'elle utilisait, comme si les années avaient finies par rendre cette évidence limpide comme de l'eau claire. Elle finit par lever ses yeux rougis vers Daniel, soupirant lourdement.

« Et ça nous amène à quoi tout ça ? De ce que je comprends je n'ai qu'à repartir, te laisser ici et cesser de pourchasser des fantômes, hmmm ? Ou alors tu vas encore me dire que tu ne sais pas ? Que tu aimerais me dire les mots que je veux entendre ? Sois juste franc. Et je m'en vais. Je ne perturberais plus ta petite vie, je ne viendrais plus t'emmerder. »

Ton décisif, regard défiant. Du Sophya dans toute sa splendeur. Dans toute sa douleur. Une enfant brisée.



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MessageSujet: Re: Hey! What did you expect? | Daniel & Sophya Sam 19 Avr - 17:03

C'était toi mon ami ! Pas eux. Tu veux savoir ? Dès que tu es parti, je ne les ai plus jamais revu ! C'étaient tes amis, pas les miens. Toi... Toi tu étais spécial.
Je percute le mur derrière moi avec autant de force que ses mots. Je suis surpris par ce geste et tout le condensé de rage qu’elle laisse exploser contre moi. Qui aurait cru qu’un simple choix opéré à 13 ans pouvait nous conduire à cette explosion de nerf, de larme et de peine ? Un genre d’Armageddon miniature mais tout de même dévastateur. Je regrette de ne pas être en Afrique ou n’importe où dans le monde, là où sa colère ne m’atteint pas comme toute la suffisance du monde occidental. Je repars un instant sur ma première mission et cela m’apaise bien que mes souvenirs ne sont pas baigné dans le monde de mickey, bien au contraire. C’est la philosophie de ces pays qui me touche et me détende au point de distancer la colère qui m’envahissait jusque-là. Soyons réaliste, je ne peux pas revenir en arrière. Mon équation n’était pas la bonne, je n’ai jamais été bon en math de toute façon. Je l’ai abandonné et le regrette. Une légère pointe de frustration m’envahit. Le regret ne devrait plus faire partie de moi, c’était ma philosophie et pourtant il m’attaquait comme son regard. Je l’écoute et me replonge dans le passé. Perdre mes parents fut comme me perdre et, au jour d’aujourd’hui, je comprends que ce n’est pas une simple expression. Quelque chose s’est brisée en plus de mon cœur et de mes croyances. Elle n’aurait pas dû croire en moi. Je n’étais qu’un enfant qu’importe ce que je laissais paraitre à l’époque. J’avais mes bons et mes mauvais côtés. Je pouvais détester et haïr, je pouvais cracher de mon venin et m’emporter. Ce n’est pas mes relations avec elle et Hayel qui faisaient de moi un saint ou plus modestement un adulte. Elle n’avait pas le droit de reposer sa vie sur mes épaules, je n’étais qu’un enfant. Un enfant ayant fini par tout perdre à la roulette de la vie. Je ne voulais pas faire partie de ces enfants qui venaient chez Louisa. Je ne voulais pas être un orphelin. Je ne voulais pas être comme Sophya. Aussi cruel que soi la vérité, je ne peux en changer. Il y avait de ça dans mes choix. Le déni. La peur. Le mensonge. La crainte. La haine de ce destin qui n’aurait pas dû être le mien.

Si tu avais vraiment tenu à moi, tu m'aurais donné le choix, Daniel. Le choix. Mais non, tout ce que tu m'as donné c'est du silence et des regrets.

Le choix de quoi ? De t’apitoyer sur mon sort en te consolant de ne pas être la seule ? Je me frappe la tête en relevant mes propos, encore des mots à ne pas prononcer. Je suis un boulet. Excuse-moi, c’est pas ce que je voulais dire… Tu avais autant d’influence sur moi que j’en avais sur toi. Il m’était impossible de te laisser approcher car tu aurais surement reussi à faire quelque chose de bien de moi… Ce n’était pas ce dont j’avais besoin…

Elle va alors s’asseoir ou plutôt s’efondrer sur la dernière marche de l’escalier. Je suis toujours adossé au mur et le tapote du bout des droits pendant qu’un léger silence s’installe. On aurait jamais dû se retrouver, pas comme ça ni autrement. Nous étions tous les deux trop atteints par ces histoires passées pour passer outre, pour se faire pardonner et pour nous accepter. Elle n’avait rien fait de mal, j’étais le principal responsable mais à quoi bon courir après un mirage ?

Ta mère n'a pas fait de toi ce que tu es devenu …

Elle l’y a contribué fortement..

J’ai parlé en même temps qu’elle. Elle n’a pas saisi, qu’importe, elle ne serait pas d’accord de toute façon. Son caractère est bien plus impressionnant qu’à l’époque comme le mien j’imagine. Je soupire. Ma mère. J’ai du mal avec ce qu’elle a fait et ce que je me souviens d’elle. Avec ce qui a été prouvé et ce que j’ai longtemps cru. Comment associer deux idées distinctes ? C’était impossible alors autant ne plus y penser. Aimer ou Haïr. Qu’importe. Là n’est pas la question. Là ne l’est plus. Elle ne l’aurait pas tué, je serai resté à Nola. J’aurai pu continuer mes aventures de pré-ado, parler avec Sophya, communiquer avec Hayel, rire avec mes parents, grandir sans être catalogué délinquant et puis… et puis je ne sais pas. Comment imaginer un avenir qui ne pourra jamais advenir ? C’est stupide. Tout ceci l’est. Cela fait 13 ans que c’est plié.

…Sois juste franc. Et je m'en vais. Je ne perturberais plus ta petite vie, je ne viendrais plus t'emmerder

Etre franc ? A propos de quoi ? Je ne sais même plus ce dont on parle. Quel est le but de cette visite, de cette conversation ? Ressasser le passé ? Se venger ? pleurer de ce qui aurait pu et de ce qui fut ? Ou renouer ? Passer à autre chose ? Mon esprit vogue entre le refus toujours omniprésent de ne surtout pas risquer de replonger dans les tourments du passé et le désir de passer le pas et de ne plus l’abandonner. Cela dit après tant d’années qu’en est-il de nous ? Nous n’étions que des enfants se construisant et nous sommes aujourd’hui deux adultes au milieu de tourments identitaires qu’on pensait depuis longtemps résolus. Au final… j’ai l’impression que nous sommes revenus 13 ans plus tôt. Le même choix s’opère. Je m’écarte du mur, descends les marches et me place juste devant elle. Mes jambes effleurent presque ses genoux et ma main se lève doucement, presque au ralenti, vers sa tête. La paume vers le ciel, je l’invite à prendre ma main.

D’accord… laisse-moi être franc… s’il te plait...

J’hausse mes sourcils avec un léger air sournois que je vole à ces années passées et agite une fois ma main. Mon regard se veut convainquant alors que mon esprit ne sait pas du tout où il veut en venir. Là encore, la main tendue, je ne sais ce que je vais bien pouvoir lui dire. Je ne sais quoi lui répondre et vers quel chemin je veux me diriger. Ai-je seulement envie qu’elle reparte ? et si oui, pourquoi alors qu’il est évident que sa présence n’a pas la même consistance que celle d’une simple vieille connaissance…. Et si non, comment le lui faire comprendre ? Elle attrape ma main. Je souris.

D’un mouvement rapide, je la tire pour la redresser, je me laisse tomber d’une marche et la réceptionne dans mes bras. Je lâche donc sa main pour l’encercler une seconde. Ma tête se colle à la sienne et je percute pour la première fois qu’elle est presque aussi grande que moi. Je l’enlace comme avant mais chasse le souvenir pour rester dans le présent.

Je suis désolé…

Qu’elle s’enrage, je ne la laisserai pas éclater, je la tiendrais jusqu’à ce que le calme l’étreigne à son tour. Et si nous repartions sur de bonnes bases ?




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MessageSujet: Re: Hey! What did you expect? | Daniel & Sophya Dim 20 Avr - 19:36

Une douleur aigue la prit dans la gorge alors qu'il lui crachait les mots qu'il pensait être sa vérité. Ses yeux se plissèrent douloureusement alors que la colère recommençait à vibrer dans son âme. Vraiment, il pensait cela ? Comme si elle était comme tous ces vautours à s'animer du malheur des autres, à apprécier cela. Non, au contraire, elle aurait vraiment voulu l'aider, tenter de lui apporter un peu de paix. Rien que ça, de la paix. Parce que Sophya avait toujours su ce qu'était avoir des démons enfouis en soi. C'était insupportable à force. Lentement son visage se referma, réadoptant un faciès presque désintéressé, totalement neutre. C'était son truc de ne pas laisser les émotions la submerger et maintenant que tout ce que la jeune femme avait enterré au fond d'elle avait rejailli de sa tombe, elle se sentait beaucoup plus sereine, beaucoup plus sure d'elle.

« Pourquoi ? »

Elle ne comprenait juste pas. Peut-être parce qu'elle n'avait jamais approché sa génitrice bien que sa demi-soeur avait décidé de la recontacter. Enfin de la contacter tout court. Mais la médium avait beaucoup de mal à imaginer qu'on puisse fuir les rares personnes qui pouvaient vous rassurer et surtout, vous comprendre un minimum. Enfant, elle aurait tout donné pour lui rendre le sourire, pour lui redonner un peu de foi. Mais ce n'était pas possible, parce qu'il en avait décidé autrement. Elle avait accusé la distance, l'éloignement, puis s'était faite adopter. Et pourtant jamais, l'enfant, puis l'adolescente et enfin l'adulte n'avait renoncé à son amitié. Parce que ce qu'ils partageaient avait été réellement... indescriptible dans le fond. Tout ce que la jeune femme savait c'est que Daniel avait eu une véritable importance dans sa vie, et qu'elle avait continué à cultiver cette importance – à tort apparemment – à travers les années. Pourquoi ? Aucune idée ne lui venait sur le sujet. Peut-être à cause de cette difficulté à tisser des liens avec la plupart des gens. Parce qu'avec lui ça avait été en quelque sorte intuitif ?

Elle n'avait pas pu s'empêcher de lui dire que sa mère n'y était pour rien dans sa façon de grandir. Il se souvenait du sourire de cette femme qui l'accueillait lorsque l'orphelinat devenait trop oppressant, que les jours étaient vraiment difficiles. Comment les choses avaient-elles pu déraper à ce point dans sa vie pour commettre de telles horreurs ? Alors la jeune femme le pousse uniquement à faire un choix, juste pour savoir où sa vie pourrait en être dans les prochaines années. Si son coeur serait enfin capable de faire le deuil de cette amitié gâchée par l'horreur ? Ou alors... Un rictus se plaça sur son visage. Ne pas espérer, ne pas tenter de croire en un possible retour en arrière. Ne plus faire confiance. Se blinder et ne pas regarder ce qui aurait pu être, ce qui pourrait arriver, ou ce qui n'arriverait pas. Pourtant lorsqu'il se plaça devant elle, la brune sentit au fond de son coeur une petite flamme s'allumer, comme celle de l'enfant qui avait vu ce petit garçon s'approcher d'elle et l'apprivoiser lentement mais sûrement. Celui qui parvenait à lui arracher des rires alors que les larmes pesaient sur son esprit. Alors elle l'observa s'accroupir devant elle, un air... presque espiègle planté sur le visage et ne peut s'empêcher de laisser échapper un soupir attendri devant la scène qui se déroule devant ses yeux.

Sa main s'agite devant ses yeux et la jeune femme hésite alors. Faire confiance. A nouveau. La peur d'être à nouveau abandonnée se fait sentir et se lit sur son visage alors que l'hésitation y prend pleinement sa place. Ses yeux se glissent à nouveau sur la main tendue et la brune finit par soupirer avant de la glisser lentement, précautionneusement dans celle du jeune homme, pas vraiment sûre d'elle. C'était comme si l'enfant resurgissait, lui indiquant de prendre sur elle, mais également d'être plus prudente cette fois-ci. Elle répond avec douceur, inconscience au sourire qu'il lui adresse avant de laisser échapper un cri lorsqu'il la tire vers l'avant, la déstabilisant complètement, dans tous les sens du terme. Ses yeux s'agrandissent devant l'escalier qui se présente devant elle, mais il la réceptionne habilement, la serrant contre lui. Le visage contre son épaule, pas très consciente de ce qui se passait réellement. Quelques secondes auparavant ils s'engueulaient comme pas possible, elle avait même été jusqu'à le frapper et là, ils se prenaient dans les bras. Enfin il la prenait dans ses bras pour plus d'exactitude. Ses yeux s'emplissent de larmes, alors qu'elle restait crispée, les bras ballants sans trop savoir quoi faire. Les contacts, ce n'était vraiment pas son truc, surtout lorsqu'elle n'y était pas préparée. Sa bouche s'ouvrit sur un « o » lorsqu'il s'excusa, brisant alors toutes les barrières qu'elle avait tenté de reconstruire ces dernières minutes. Elle restait rigide dans ses bras alors que ses joues s'inondaient de larmes. Comme si le soulagement pouvait enfin laisser une place chez elle. Finalement, elle enfouit sa tête contre son épaule et passa des bras légers autour de sa taille, hoquetant doucement. Treize ans avaient passé et elle sentait maintenant pleinement le manque qu'il avait créé avec son départ. Un rire léger la secoua alors qu'elle restait accrochée à lui, comme l'enfant avait pu l'être tant d'années auparavant.

« Moi aussi. »

La médium ne lui pardonnait pas. Du moins pas encore. Mais elle avait fini par accepter, entendre et... se laisser convaincre finalement. Ce qu'ils décideraient ensuite, peu lui importait vraiment. Un rire léger la secoua et la brune se dégagea légèrement sans pour autant quitter l'étreinte rassurante, juste pour être face à lui.

« Tes voisins vont sérieusement se poser des questions. Une femme t'attend sur ton perron, te fait une scène que toute la ville a dû entendre... et finit par te faire un câlin. Je pense que je viens de ternir ta réputation. »

Elle essuya doucement une larme sur sa joue, avant de froncer doucement du nez. Vraiment... elle avait encore réussi à se mettre dans un de ces états...



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MessageSujet: Re: Hey! What did you expect? | Daniel & Sophya Lun 21 Avr - 17:30

Qu’elle s’enrage, je ne la laisserai pas éclater, je la tiendrais jusqu’à ce que le calme l’étreigne à son tour. Et si nous repartions sur de bonnes bases ? Ne serait-ce pas la meilleure des solutions ? La revoir ne m'avait pas autant troublé pour rien. Il était évident que l'histoire ne s'était pas achevée dans le silence 13 ans plus tôt. Il était évident qu'elle n'était pas n'importe quelle amie. Je ne sais pas trop ce qui a fait que ce soit elle plutôt qu'une autre. Je ne le saurai peut être jamais. Jusque là j'avais su passer outre ses lettres, outre son existence me complaisant à la croire heureuse. L'une de ses lettres avait su à rassurer les quelques craintes que j'avais enfuis en moi. Elle avait été adopté, aimé par ses parents et par son frère. Elle n'avait, à ce moment là, plus besoin de moi ni de personne d'autre. Une famille était présente pour elle. Je ne saurai dire si la jalousie m'avait attaqué en lisant cette lettre, il me semble pas. C'était davantage un sentiment de bienveillance que tout autre chose. Puis le temps était passé. Il avait même défilé. Me souvenir des chemins empruntés n'est pas dès plus évident et je me demande quels furent les siens. Je suis curieux. Je ne veux pas la lâcher même si je sens toute sa tension. Elle ne s'attendait pas à ça, pas à câlin. Un de ces câlins que j'étais le seul à lui octroyer dans les moments de joie comme de tristesse. L'image de la première fois m’apparaît, c'était si drôle. A l'époque le contact était encore moins son fort que ses gestes ne le sous entendent aujourd'hui, il n'était pas facile de la décrocher de ses livres. Pourtant, un jour, comme ça, juste parce l'envie m'en avait pris, je l'avais serré contre moi. Elle eut le même début de réaction. Elle était tendue, rigide, le souffle court. Je me souviens lui avoir soufflé quelques mots à l'oreille. Quelque chose du genre « T'inquiète, tu ne vas pas disparaître... » ce qui voulait dire « Ne t'en fais pas, ce n'est pas t'abandonner 5 minutes qui te changera ou montrera que tu n'es pas forte ».... oui... au contraire. Elle était l'enfant que je considérai la plus forte. Elle m'impressionnait comme elle m’attristait. C'est peut être pour ça, à la base, que j'étais allé vers elle. Sophya était l'enfant invisible, celle qui lisait dans son coin et ne voulait participer à rien et avec personne. J'étais l'hyperactif qui voulait tout faire en même temps et ne se centrait qu'au moment de dessiner. Par définition elle était mon opposée. Elle était une énigme. Une très jolie énigme déjà enfant. Aujourd'hui, pourtant femme, je lui souffle les mêmes mots en souriant et caressant doucement ses cheveux. Soudainement, sa tête se frotta à mon torse comme pour prendre possession de la place et ses bras s'enroulèrent autour de moi. Mon sourire s'élargit pendant que je resserai mes bras autour d'elle. Cela faisait du bien. Pas de guerre. Pplus de guerre entre nous, comme avant.

Moi aussi

T'inquiète je survivrai à tes petits coups... et ma veste est étanche...

Je laisse échapper un petit rire les yeux toujours fermés. Je prends le temps d'apprécier ce moment en ayant l'impression de vivre un étrange rêve. Qui aurait cru que je la retrouverai et que je finirai par obtenir d'elle ce qui semblait être déjà le bout du monde quand nous étions enfant ? Personne ou peut être elle qui n'a cessé de me chercher. Je m'en veux. Pourquoi n'ai-je jamais voulu lui accorder du temps ? C'était peut être stupide. Le passé était le passé mais il n'empêche pas de faire partie de nous. Sophya. Je soupire doucement, elle se recule sans pour autant me quitter. Ses yeux sont bouffis et ses joues mouillées. Elle me parle de ma réputation en s'essuyant une larme. J'hausse un sourcil puis laisse échapper un rire franc en l'attirant de nouveau contre moi. Je ne voulais pas la quitter tout de suite.

Viens là... dis pas de connerie ! J'ai aps de réputation ici … et puis... personnellement je m'inquiéterai plus pour ton pick up dès fois que mon voisin rentre plus tôt....

Je ris de plus belle et resserre mon étreinte. Une fois calmée, je desserre ma prise et embrasse son front avant de reculer. J'en profite pour essuyer ses joues de mes pouces en souriant. Je lui fais alors un clin d'oeil en la rassurant pour la voiture.

Allez ! Tu comptes pas partir ce soir !? Y a de la place pour deux chez moi... et je dois t'avouer que je suis plutôt bon cuisinier....

Je l'invite avec un sourire attrape sa main que je serre et l'attire vers ma porte. Une fois ouverte, je me mets sur le côté pour la faire entrer en première. Que je suis galant. J'ajoute un Tadam à un large mouvement du bras et laisse apparaître mon appartement.

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MessageSujet: Re: Hey! What did you expect? | Daniel & Sophya Mar 22 Avr - 10:33

La jeune femme se laisse faire, soumise. La rage la délaisse un instant pour trouver un soupçon de bien-être dans cette étreinte qu'il lui impose depuis quelques secondes. Elle sait, sent qu'il ne voudrait la laisser échapper en cet instant et cette constatation l'effraie autant qu'elle l'apaise. Sophya se sent comme un oiseau mis dans un cage dorée, heureuse d'y être mais à la fois en recherche de liberté. Ses yeux continuaient de s'inonder de larmes alors qu'il resserre ses bras sur elle, encore plus fort. Même son frère n'a jamais eu le droit de l'approcher de cette manière et les contacts avec Chase étaient beaucoup plus sensuels que tendres. Dès l'enfance, il avait su toucher cette part d'âme tendre que la jeune femme se refusait désormais d'étaler face aux autres. Son air souvent revêche, ses yeux revolvers, tout cela en cet instant avait disparu alors qu'il lui avait suffi de l'attirer contre lui. C'était frustrant de laisser les gens avoir ce genre de pouvoir, d'attraction sur vous. Comme si un regard pouvait pardonner tout le mal qu'ils vous avaient fait. Pourtant, elle ne parvenait plus à lui en vouloir, elle qui était tellement douée pour ça.

Un sourire perça les larmes alors qu'il lui soufflait qu'elle ne lui avait pas vraiment fait mal. Et que sa veste n'allait pas finir par être inondée sous ses larmes. Tant mieux, cela serait dommage tout de même. Quoiqu'une vengeance largement méritée. D'une voix étouffée la jeune femme finit par murmurer.

« Pourquoi, tu comptes encore me servir de punching ball ? »

La brune notait cependant qu'il parlait d'un futur et sentit son corps se réchauffer à cette pensée. Elle n'aurait pas pensé en venant ici que tout ça se passerait. En cet instant Sophya était un melting-pot de sentiments, oscillant entre la joie et la surprise. Elle se dégagea quelques secondes, pas très consciente du visage peu reluisant qu'elle lui offrait en cet instant, ses mains contre son torse, esquissant un sourire en demi-teinte, pour lui répliquer une parfaite connerie. Son visage sembla alors s'illuminer, tandis qu'il haussait un sourcil et l'attirait à nouveau contre lui. Une moue ennuyée se glissa sur le visage de la brunette alors qu'elle enfouissait à nouveau sa tête contre son torse et songeait que son frère allait la tuer si quelqu'un ne lui faisait qu'une simple griffe. Jay était sympa, mais il avait aussi beaucoup de limite. Et son bébé voiture était l'une d'entre elle. Elle marmonna alors qu'il valait mieux qu'il n'arrive rien au pick-up ou sa tête allait finir au bout d'une pique. Il l'éloigna alors doucement, sans la brusquer, embrassant son front et essuyant ses dernières larmes. Comme lorsqu'ils étaient enfants. C'était perturbant parce que désormais ni l'un ni l'autre n'avait plus rien d'enfants.

Elle se laissa entraîner vers l'intérieur, rigolant doucement, pas très sûre d'elle tout de même. C'était étrange et agréable à la fois ce sentiment. Pourtant la brune finit par pénétrer dans l'endroit, détaillant la pièce du regard. Ni ordonnée, ni bordélique, juste...vivante. Un sourire effleura ses lèvres en voyant la chaleur qui se dégageait de l'appartement malgré lui. Ses yeux se posaient sur les cadres, s'accrochant particulièrement à une photo. C'était elle qui avait pris ce cliché d'ailleurs, et son sourire devint légèrement plus nostalgique, alors que son visage exprimait une tendresse sans faille. La famille de Daniel avait vraiment été comme une première famille pour elle, lui avait permis de s'ouvrir aux Turner lorsqu'elle avait été adoptée. Parce que le contact qu'ils avaient eu n'aurait pas été si évident si elle n'avait pas eu une première immersion auparavant. C'était peut-être ce qui l'avait le plus blessée, qu'il la traite comme une étrangère alors qu'ils étaient bien plus que cela.

Sophya le vit se diriger vers la cuisine alors qu'elle flânait à droite à gauche, observant la vue d'Atlanta. Elle ne s'était pas rendu compte qu'il faisait si tard déjà. Mais bon quand la jeune femme avait une idée en tête, elle l'avait là et pas ailleurs, alors faire demi-tour était simplement impossible. Ses pas la menèrent non loin de Daniel avant qu'elle ne prenne un siège et le regarde s'affairer. Depuis toujours, la brune était une terrible cuisinière, préférant les plats à emporter à l'ennui de rester derrière une cuisine et devoir attendre pour manger. Ventre sur pattes ? Un peu oui... Impatiente, elle appréciait réellement les plats de sa mère adoptive et encore plus lorsqu'elle n'avait qu'à mettre les pieds sur la table. Désormais manger des fruits ou se nourrir de céréales lui suffisaient, juste parce que c'était rapide et ne nécessitait aucune cuisson. Alors elle n'allait vraiment pas se plaindre.

Lorsqu'il eut fini, la jeune femme l'aida à mettre la table avant de s'installer sur sa chaise et de croiser les jambes.

« Tu as l'air d'avoir pas mal voyagé. Mais... tu fais quoi comme métier ? »

Elle enfourna une bouchée du plat avant de sourire avec douceur.

« C'est délicieux... Je confirme tes talents de chef ! »



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MessageSujet: Re: Hey! What did you expect? | Daniel & Sophya Mar 22 Avr - 20:36

Mon appartement n'était pas digne des magazines de décoration mais il possédait un certain charme. C'est sûrement pour cela que je l'avais acheté plutôt qu'un autre quand mes photos et mes articles me rapportaient plus que j'en avais réellement besoin. Mon père m'avait toujours dis qu'être propriétaire était indispensable pour se sentir indépendant. Il avait raison et l'idée d'avoir un vrai chez-soi, un pied à terre personnel, n'avait rien de désagréable. Le mur de brique rouge sur un côté, le vieux canapé, la peinture claire mais un peu usé et la jolie cuisine reflétaient parfaitement mon état d'esprit. Je n'avais jamais été matériel et ce n'est que cet appartement, ma moto et mon appareil photo qui me trahissaient. Une grimace apparut sur mon visage à cette pensée. Je n'ai jamais aimé découvrir que certaines de mes actions aller à l'encontre de mes valeurs et ces derniers temps je prenais de plus en plus conscience de ces paradoxes. La liberté avait toujours été une recherche pour moi. Même enfant, je passais mon temps à dépasser les limites même si je restais un enfant à l'écoute et prévenant. Adolescent, je préfère même pas en parler. Jeune adulte, j'avais plié bagage. Je n'avais jamais touché à un centime de mon héritage et avait cédé à la propriété uniquement à mon retour forcé jugeant qu'il valait mieux un chez soi à soi.

J'observe Sophya du coin de l'oeil en me dirigeant vers la cuisine. Elle semble faire une analyse de mon appartement et bute sur une photo posée sur la table basse. Je fronce les sourcils en devinant ses pensées. Ce jour-là, elle était présente. Elle connaissait cette photo et devait facilement remarquer l'absence de ma mère. Je soupire, ouvre les placards. Je voulais lui faire honneur alors l'idée était de faire quelque chose qu'on ne mange pas tous les jours. Via un rapide check de mes placards, j'optai pour Columbo au poulet. Sortant le matériel, je lui demande si elle aime l'épicé. Sa réponse me fait sourire, heureusement qu'elle n'était pas avec moi durant mes voyages. La préparation dure une demi heure durant laquelle, un léger silence s'installa. Je suis concentré, elle examine ce que je fais sans que je sache si cela l’intéresse ou juste si elle est partie dans ses pensées. Qu'a-t-elle vécu récemment ? Quelles sont ses envies ? Ses désirs ? Ses peurs ? Ses soucis ? Ses gouts ? Après tout je ne sais rien de tout ça. Je me suis arrêté officiellement il y a 13 ans et officieusement, ses lettres m'en apprenaient quelques lignes. Ses lettres... devais-je les lui montrer ?

C'est prêt !

La table,(ici un comptoir) mise, je lui pose son assiette et lui propose une bière, du jus ou de l'eau n'étant pas très fan de vin qui, de toute façon, ne se mariait pas très bien avec ce plat typique des antilles.

Tu as l'air d'avoir pas mal voyagé. Mais... tu fais quoi comme métier ?

Bien malgré moi je souris à son début de phrase et le fais disparaître à sa question. Je tourne le regard vers le pan de mur avec mes photographies juxtaposées. J'hoche la tête en l'accompagnant d'un « merci » à son compliment et finis ma bouché avant de lui répondre.

Oui... un jour j'en ai eu marre de la vie à Atlanta et je suis parti sur un coup de tête au Congo pour une mission humanitaire. Ca m'a tellement plus que j'ai baroudé plusieurs années, d'abord entant que volontaire secouriste puis en trant que reporter plus ou moins indépendant... c'était fun ! Aujourd'hui je suis.... euh... journaliste lambda...

Ma déception se lisait dans ma voix même si j'avais tenté de le masquer. J’enchaînais donc


et toi, dans ta dernière lettre tu disais que tu étais juriste ? C'est bien ça ?

Le comble, au final, c'était peut être que je me souvenais. Que j'avais lu.
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MessageSujet: Re: Hey! What did you expect? | Daniel & Sophya Ven 2 Mai - 12:34

Assise la brune le fixa avant d'étirer un léger sourire et d'accepter la bière qu'il lui proposait. Elle lui demanda ensuite ce qu'il avait fait ces dernières années et la jeune femme fut plutôt surprise... Quoique. Les missions humanitaires, secourir la veuve et l'orphelin rentrait plutôt bien dans l'idée qu'elle s'était faite de la vie de son ami d'enfance.

« Ça a l'air passionnant. Enfin ça devait l'être j'imagine. Journaliste ? C'est tout de même un changement de métier plutôt significatif. »

La brune hocha doucement la tête avant de lui répondre et de croiser les jambes, piochant dans son assiette.

« Cela n'a pas vraiment l'air de t'enchanter comme changement de boulot. Ça te manque l'aventure ? »

Elle enfourna une nouvelle piochée du plat et finit par lui répondre.

« J'étais. J'ai raccroché peu après la prise d'otage. J'avais besoin de changer d'horizon, faire quelque chose qui me correspondait plus et surtout qui me permettrait de dépenser le trop plein d'énergie que j'ai emmagasiné. Je vais ouvrir une agence de détective privé, spécialisé dans les disparitions. Je trouve dommage que personne ne puisse avoir de nouvelles de sa famille oubliée tout cela parce que les policiers classent bien trop vite les affaires. C'est presque inhumain de voir la façon dont ces personnes sont traitées. Alors j'ai bien réfléchi, et avec mon ancien boulot, j'ai eu l'occasion de bien fouiner, de découvrir que le terrain me plaisait. C'est la même chose, mais en plus piquant tout simplement. »

Sophya avala une gorgée de bière avant de repiquer dans l'assiette et de reprendre.

« J'étais aussi en train de divorcer. Je l'ai fait en fait. Vingt-trois ans et déjà divorcée, c'est un beau record j'imagine. La vie de petite femme rangée ne me convenait pas. Boulot, maison, dodo, c'est pas vraiment le but que je m'étais fixé, j'ai besoin de plus de challenge, j'ai soif d'autre chose. »

Elle ne lui précisait pas qu'elle était encore avec Chase, en quelques sortes. C'était déjà tellement étrange entre son ex et elle que la jeune femme se voyait mal lui expliquer pourquoi. Et puis, ils n'en étaient pas encore à ce niveau de confidences.

« Et toi ? Ces dernières années, personne n'a marqué ta vie ? »

La question était rhétorique mais méritait tout de même un certain approfondissement. Un sourire léger se plaqua sur son visage et la brune reposa sa fourchette.

« C'est quand même étrange. Être ici, parler de tout, de rien... Alors qu'une heure plus tôt on était de parfaits étrangers. »



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MessageSujet: Re: Hey! What did you expect? | Daniel & Sophya Jeu 8 Mai - 14:01

Le comble, au final, c'était peut être que je me souvenais. Que j'avais lu.  Que je m'étais assez intéressé à elle pour ouvrir chacune de ses lettres et réagir à celle-ci comme je l'aurai peut être fait en étant resté près d'elle. J'avais tenté de ne plus ouvrir, de les jeter mais je n'avais jamais réussi à m'y résoudre. Et si je pouvais les mettre de côté quelque temps je finissais toujours par les lire sans pourtant, jamais succomber à l'envie de lui répondre. J'estimai qu'il était trop tard même s'il est dit le contraire. Je me suis toujours convaincu que ses lettres ne m'étaient pas destiné, pas réellement. Qu'elle avait gardé cette image et cette idée de moi si rassurante pour elle. Parallèlement, je m'étais créé une image de sa vie avec l'aide de ses lettres. J'avais tendance à rendre plus gai ce qu'elle écrivait puisqu'au fond de moi, il était évident qu'elle méritait une ville parfaite. Ses diplômes, son mariage, et surtout sa famille. Elle était bien. La réalité n'était pas la même, c'est certain et me retrouver là, face à elle dans mon appartement m'affublait de sentiments paradoxales. J'étais satisfait, heureux et à la fois extrêmement craintif de ce que pourrait donner toute cette histoire. Nous marchions sur un fil tendu au dessus d'un précipice.

Elle me dérive de mes pensées en jugeant que mon changement de métier est significatif. J'hausse un sourcil tout en avalant mon repas avec délectation. Dans ma vie j'étais fier de mes photos, de certains de mes anciens articles et.... de ma cuisine. Je vois que je ne suis pas le seul à apprécier les saveurs de mon assiette. Je souris même si sa remarque et sa nouvelle question me poussent dans l'abysse de mes pensées. Je n'étais pas d'accord avec elle. Pas vraiment. Mon emploi de journaliste m'a permi de gagner assez bien ma vie pour aider les populations que je croisai et en prime, j'ai pu faire ce que j'aimais ce qui, en soi, n'est pas négligeable. J'ai voyagé, découvert des régions que je n'avais même pas vu à la télé et surtout rencontré des individus bien plus touchant et généreux que ce que le monde occidental se vente d'avoir. Je me souviens très bien ce qui m'a poussé à prendre ces photos et à raconter ce que je pouvais voir. Ce ne fut pas un désir de devenir journaliste, juste une opportunité de faire entendre et surtout, faire voir, ce que ces régions avaient à dire. Du beau. Du moche. Le changement se trouva au changement de rédacteur. Restriction budgétaire, stupidité profonde, désir de superficielle plus que de merveilleux et voilà une rubrique disparue dans un journal pourtant apprécié. Retour aux USA pour une longue durée enchaîné à un journal qui, au final, n'allait plus avec mes envies. Je soupire mais ne répond pas tout de suite préférant détourner le sujet pour l'instant.

Détective ?

Je reste éberlué par cette annonce. Tout mon visage signalait l'étonnement. Ce n'est pas que je la voyais pas dans les baskets d'une enquetrice privée mais.... si peut-être un peu. Le visage de son amie d'enfance lui revint, son côté fourbe, revèche et son grand cœur. Elle était maligne déjà à l'époque. Maligne, gentille, timide puis étonnement courageuse, forte, presque caractérielle. Dans d'autre circonstance elle aurait surement fait parti de ces enfants qui jouent à la police avec les autres. Toutefois, si l'enfant que j'avais appris à connaître et à aimer pouvaient s'associer à l'avenir d'un détective, j'avais du mal avec la demoiselle en face de moi. Elle n'était pourtant pas d'apparence trop coquette ou superficielle. Elle était tout aussi revêche, franche et piquante qu'auparavant si ce n'est plus. Elle semblait avoir le même caractère. La même ténacité et la même intelligence. Pourtant, non, j'étais totalement étonné par ce changement de carrière. Bon, je la voyais pas plus juriste en réalité mais je m'étais fait à l'idée, à cette image que j'avais créé. La réalité était bien plus frappante au final. Elle m'annonce alors qu'elle est divorcée, que la routine ne lui allait plus. Je souris. Je me retrouve dans cette dernière confidence.

J'imagine que quand ça ne va pas, il vaut mieux tout arrêter. Ça ne sert à rien de s’empêtrer dans quelque chose qui ne nous... fait plus rêver. Donc au contraire, à 23 ans tu as eu l'idée brillante d'arrêter ce qui ne t'apporter pas de bonheur... comme on dit vaut mieux être seul que mal accompagné.

Et toi ? Ces dernières années, personne n'a marqué ta vie ?

Non... je suis devenu un grand loup solitaire... bien loin de tes souvenirs j'imagine.

Je repense tout de même à certaines de mes relations dont Hannah. Hannah. Je soupire et finis par sourire. Qu'importe, le temps est passé, la chance aussi. Comme je l'ai dit, il vaut mieux être seul que.... mal accompagné. Je mange tout en écoutant sa dernière remarque. De parfait étrangers. Elle avait raison.

Nous le sommes toujours, de parfaits étrangers. Je veux dire, au jour d'aujourd'hui, tes traits me sont familiés parce que j'y retrouve le visage de l'enfant. Comme j'ai retrouvé sur le pallier certains traits de ton caractère. Malheureusement, rien d'autre ne m'est famillié comme rien de moi ne l'est pour toi.

Je bois une gorgée de ma bière. J'ai conscience que ce que je dis n'est pas très positif. C'est meêm pas du tout rassurant. C'est juste la vérité.

Tu ne sais pas, par exemple, que j'ai bani le regret de mes sentiments depuis mes 13 ans mais qu'en te voyant, en comprenant que certains choix, certaines pensées, n'étaient pas les bonnes.... je regrette.

Dans un simple mouvement, je pose ma main sur la sienne.

Ca ne veut pas dire que je regrette ta présence, au contraire, juste ce qui y a contribué. Au final, ça aurait été plus simple de parler plutôt que de rester silencieux. Quelque part, on dirait presque qu'on devait se revoir.... après tout c'est pas commun de se recroiser dans un supermarché au milieu d'un hold up....

Je ris légèrement, éloigne ma main de quelque centimètre et bois de nouveau. Il va falloir tout reprendre à zéro. Si nous le voulons, évidement.
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MessageSujet: Re: Hey! What did you expect? | Daniel & Sophya Dim 11 Mai - 22:23

C'est vrai que Sophya a beaucoup de mal à ne pas l'imaginer entourré. Enfant, Daniel attirait la sympathie de tous, s'attirait les bons comme les mauvais copains... Un peu comme chaque enfant. La brune hoche la tête et porte sa bière à ses lèvres avant de continuer à chiper dans son assiette, tout en écoutant la suite. Ils ont mis cette distance entre eux... Et même s'il n'y a que lui à blâmer, Sophya ressentit une pointe de culpabilité à l'évocation de cette phrase. Oui, elle peut retrouver les yeux de l'enfant, bien loin du visage de ce dernier, peut-être les cheveux légèrement bouclés aussi en une fameuse tignasse pour celle d'un homme. Un haussement de sourcil accompagna la suite tandis que la jeune femme repousse son assiette, déjà rassasiée. Elle était loin d'être une grande mangeuse, plutôt une grande grignoteuse au grand dépit de ses parents. La brune est loin de pouvoir sourire à ce souvenir. La mort du doc' avait été décisive concernant sa propre vie et la hantait encore, peut-être même plus que si ce dernier était devenu un esprit.

« Désolée de t'avoir sorti hors de ta zone de confort. »

La réplique était un peu acide, mais la jeune femme n'avait pas pu s'empêcher de lui faire cette remarque. Son corps se crispe sous le contact mais la brune ne fait rien pour se dégageant, acceptant tout de même la présence de Daniel, même si celle-ci était décidément légèrement intrusive. Entre les câlins inattendus et les contacts, il y avait encore du chemin à faire pour la brunette.

« Je ne m'attendais pas vraiment à prendre une décision aussi hâtive, je veux dire de venir ici. J'ai emprunté le pick-up de mon frère et j'ai roulé, sans réfléchir. Je ne sais pas vraiment si j'ai bien fait. Peut-être que ça nous aurait épargné à tous les deux autant de... crises de nerfs en quelques heures, hein ? »

Elle étira un rictus presque amusé avant de reporter la bouteille à ses lèvres et de soupirer légèrement. Sa voix faiblit cependant tandis que son visage reprenait une moue sérieuse.

« Ça m'a manqué pendant de nombreuses années de ne plus avoir quelqu'un sur qui compter, comme on pouvait le faire l'un avec l'autre... Au final je peux comprendre ce besoin d'être un loup solitaire. Au moins personne ne t'encombre les pattes. »

La jeune femme ne parlait pas spécialement d'elle, énonçait juste un fait avéré. Un sourire plus franc se glissa sur son visage pâle.

« Désolée de ne pas manger plus, j'ai un appétit d'oiseau, il va, il vient. Mais c'était vraiment bon ! Si tu as l'adresse de la personne qui t'a appris à cuisiner comme ça, il faut que tu me la donnes parce que... je suis une vraie catastrophe. »

Elle noircissait un peu le tableau, mais pas tant que ça en fait...



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MessageSujet: Re: Hey! What did you expect? | Daniel & Sophya Ven 23 Mai - 16:48

La situation était tout de même étrange. Sophya. Elle me faisait l’effet d’une apparition, d’un jeu de mon esprit et si je n’avais pas senti ses coups sur ma peau, j’aurai très bien me croire fou. Cela dit, pourquoi me créer cette apparition ? Pourquoi elle et pas n’importe qui d’autres qui avait croisé mon chemin ? Elle n’était pas la seule à avoir marqué son passage mais certaine la première. A la fin de notre amitié, elle était presque de la famille. Elle passait du temps avec nous depuis qu’elle nous avait suivi un dimanche. Mes parents l’appréciaient beaucoup. Peut-être trop pour que je supporte ce souvenir à leur mort. Elle aurait pu devenir une Martin si ma mère n’avait pas tué mon père. Je soupire. Ma mère. Mon père. Qu’est-ce qui s’était passé pour que tout ceci se passe ? J’ai 27 ans et je suis tout aussi perdu qu’à 13 ans.

Je n’en ai pas depuis quelque temps si ça peut te rassurer.

Je la sens tendu sous le contact, je finis donc par retirer ma main. J’étais peut être un peu trop expansif dans ma manière d’agir. Pour quelqu’un de solitaire comme moi cela pouvait paraitre étrange mais quelle importance ? Je n’ai pas toujours été le loup solitaire et renfrogné que je suis devenu en peu de temps. La solitude faisait partie de moi comme le plaisir que j’ai eu à côtoyer des personnes différentes durant mes voyages. C’était une forme de solitude assez particulière.

Si tu l’as fait c’est que tu en avais besoin… pourquoi je ne sais pas mais c’est pas plu mal.

Je l’écoute et détourne le regard vers les photos sur le mur. La seule photo de mon enfance était celle de mes parents, la seule rescapée de l’incendie et la seule que j’acceptai de voir. Pas une de Sophya ni d’Hayel d’ailleurs. Je ne pouvais dire, au final, si c’était la relation ou Sophya qui m’avait le plus manqué. A vrai dire, je n’étais pas sûr que l’un ou l’autre m’avait vraiment manqué. La vie s’est poursuivie avec la certitude qu’il était préférable de ne plus avoir de contact avec elle. Je ne me suis jamais plus liée de cette manière et n’est jamais plus eu cette relation. Alors oui, peut être que ce fut un manque. Peut-être qu’une personne comme Sophya aurait pu m’aiguiller. Peut-être. Peut-être pas.

Désolée de ne pas manger plus, j'ai un appétit d'oiseau, il va, il vient. Mais c'était vraiment bon ! Si tu as l'adresse de la personne qui t'a appris à cuisiner comme ça, il faut que tu me la donnes parce que... je suis une vraie catastrophe.

Je ris.

Ah ça ! Tu risques d’avoir du mal à la contacter vu où elle vit mais si tu veux je pourrai te donner deux trois cours à l’occasion… si ça peut aider tes papilles à gouter du bon

J’observe alors le cadran de mon horloge.

Qu’est-ce que tu comptes faire à présent ?
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MessageSujet: Re: Hey! What did you expect? | Daniel & Sophya Ven 30 Mai - 13:02

Elle se contente d'étirer un sourire, presque forcé. La brune connaît son sale caractère, son habilité à éviter que personne ne la touche aussi. Elle ne peut s'empêcher de frémir sous le mouvement, tout en adressant un regard désolé à Daniel. Une chose qui n'a pas changé depuis son enfance, beaucoup trop compliquée pour pouvoir être réellement expliquée. Lorsqu'on la côtoyait on comprenait peu à peu sa manière de fonctionner, ces gestes affectueux qu'elle ne pouvait pas avoir aussi facilement. Beaucoup trop proche de certains, pas assez d'autres. Une inconstance flagrante due à une enfance particulièrement en dent de scie, à des rejets constants des autres. La brune finit par reculer sa main et se caler contre la chaise, avant de la poser négligemment sur son ventre. Pourquoi était-elle venue ? Cette question la taraudait depuis qu'elle avait entrepris de traquer Daniel à vrai dire. Il avait été à la fois un challenge et une déception et la jeune femme n'avait cependant pas démordu. C'était dans son caractère d'être bornée et têtue, de ne rien lâcher. Un peu comme un pitbull attrapant le mollet de quelqu'un. C'était tout bonnement sa façon d'être qui l'avait conduite ici, l'envie de ne pas laisser les choses inachevées et pouvoir enfin tourner la page.

Un léger rire franchit sa gorge, sans pour autant que son visage n'affiche un quelconque amusement. C'était une autre facette d'elle à laquelle il fallait s'habituer, qu'elle ne laisse pas forcément l'émotion percer à jour.

« Oh...Tant pis alors, je finirais bien par apprendre deux trois trucs. Ou je continuerais à manger comme je le fais pour l'instant. Mais je prendrais ta proposition en compte.»

Elle cligna des yeux quelques secondes avant de suivre son regard. En effet, la médium n'avait pas vraiment vu l'heure passer, depuis leur petite altercation dans le couloir. Sophya finit par hausser les épaules et de pousser un léger soupir. Rentrer serait la meilleure solution pour éviter d'autres altercations et surtout pour leur permettre à tous les deux de faire le point sur la situation. Ce n'était pas elle en ce moment qui avait les cartes en main mais bel et bien Daniel. Comment leur relation allait-elle évoluer ? Quel réel futur pour deux amis d'enfance qui se sont perdus de vue à cause d'événements douloureux. La brune n'en avait réellement aucune idée. Parviendrait-elle à terme de mettre de côté la rancoeur qui pouvait la lier à Daniel également ? Il l'avait trahie d'une certaine manière et la jeune femme n'était pas forcément prête à lui pardonner. Faire des efforts oui, pardonner peut-être pas. Du moins pas dans la situation présente.

« Je devrais probablement rentrer, Jay attend son pick-up pour demain après-midi, mais comme ça il l'aurait de retour plus tôt ainsi. Je m'arrêterais dans un motel sur la route. Je ne voudrais pas abuser. »

C'était vrai après tout. Et puis la situation était en quelque sorte... gênante. Elle n'allait pas s'imposer encore plus qu'elle n'avait réussi à le faire jusque maintenant, ce serait ridicule et pathétique. Et surtout impoli, en fait.

« Je me rends bien compte, aussi hystérique que j'ai pu l'être tout à l'heure, que je l'ai déjà fait. »



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MessageSujet: Re: Hey! What did you expect? | Daniel & Sophya Dim 1 Juin - 13:37

Je devrais probablement rentrer, Jay attend son pick-up pour demain après-midi, mais comme ça il l'aurait de retour plus tôt ainsi. Je m'arrêterais dans un motel sur la route. Je ne voudrais pas abuser.

Je lève légèrement les yeux au ciel. Abuser ? Non. Ce n'est pas abuser que de rester dormir ici c'est plutôt du bon sens. Je ne préférai pas qu'elle prenne la route pour Nola. C'était à un peu plus de 6 heures de route et cumuler l'aller et le retour dans la même journée n'était pas forcement l'idée du siècle. Avoir un potentiel accident sur la conscience, n'était pas dans mes perspectives, j'avais déjà assez de choses dans ma tête pour supporter celle-ci. Je souris donc amusé de sa dernière phrase. Hystérie ? Oui. Elle en tenait un couche mais je ne pouvais pas lui en vouloir même en m'y convainquant. Je comprenais son point de vu comme je respectai le mien cela dit, le fait qu'elle soit là devant moi me laissait un goût amer pour ces 13 dernières années. Au final, nous aurions pu en arriver au même point sans les engueulades, les coups et le déchirement. Elle aurait très bien pu passer le week-end chez moi, juste dans l'idée qu'on se voit et qu'on se retrouve. Elle serait venue en m'ayant prévenu ou dans l'idée de me faire la surprise. Dans l'escalier, j'aurai laché une grande exclamation puis l'aurais prise dans mes bras. Peut être que sans séparation ce calin aurait été accepté d'une meilleure manière que celui ayant eu lieu. Pas de cris de colère mais de joie. Elle aurait mangé ce plat avec le même appétit et nous aurions pu discuter sans contourner certains sujets qu'on sent glissant. Les choses auraient été différente. Peut-être n'aurions-nous même pas pu nous empiffrer à force de rester ensemble... après tout, c'était possible.

Je préfère que tu restes ici et que tu partes demain tôt si tu veux pour ramener le pick up à temps à ton... ton frère -j'hausse un sourcil n'ayant pas l'habitude de l'identifier à une quelconque famille si ce n'est la mienne- bref, je te prépare ma chambre si tu veux, je dormirais dans mon fidèle canapé.

Je me redresse, prends son assiette et débarasse tout en lui proposant du bon fromage français. Je sors ce dernier et dépose une baguette sur la table. Rien que pour le plaisir, il fallait prendre un morceaux.

Tu vas voir il est excellent ! Bon tu dois me prendre pour un gros gourmand mais... si en fait c'est un peu le cas ! - je jette un coup d'oeil à mon mur photo- J'ai appris à aimer les bonnes choses au final...


Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Hey! What did you expect? | Daniel & Sophya Sam 7 Juin - 17:24

La jeune femme haussa les sourcils. Certes, ce serait ce que la logique voudrait mais... Sophya était tout sauf logique après tout. La brunette croisa les bras, tandis qu'il se levait et débarrassait la table sans lui laisser l'occasion de lui donner un coup de main. Elle détestait arriver et avoir l'impression d'agir comme une petite princesse pourrie gâtée. C'était dérangeant et la jeune femme avait tendance à se sentir mal à l'aise dans de telles circonstances. Déjà qu'elle se sentait un peu honteuse de la façon dont elle avait réagi précédemment, si en plus monsieur l'enfonçait un peu plus... C'était un trait de personnalité qu'elle n'appréciait pas, ce souvenir d'une timidité presque trop maladive.

« Je ne vais pas te priver de ton lit. Je prendrais le canapé, si je reste. Ce n'est pas correct. »

Education stricte à l'orphelinat et ensuite chez les Turner oblige, la brune n'avait pas l'intention de démordre de sa position. Et puis, elle était habituée à dormir un peu n'importe où, n'importe comment et cela ne lui posait pas de soucis du tout. Sophya avait cette même capacité qu'avaient les enfants à pouvoir tomber de sommeil et de se cloîtrer dans un espace restreint en guise de lit : tout ce qui lui tombait sous la main était bon d'ailleurs. C'était ainsi et pas autrement, voila tout.

Un léger sourire se planta sur son visage lorsqu'il évoqua le fromage. Elle n'avait jamais été très fan par ailleurs, mais il serait vraiment impoli de refuser. Son visage ne put cependant retenir une légère grimace et la brune s'en sentit aussitôt désolée.

« Oh... ne t'en fais pas... J'ai l'habitude maintenant des gens gourmands. Il y a pire que toi je te rassure. »

Disons que son trip à elle c'était les beignets et barre de céréales, moins le reste. Lorsqu'elle déclarait être un vrai moineau, Sophya ne plaisantait pas. C'était d'ailleurs presque désespérant...

« Je n'en prendrais qu'un petit, pour te faire honneur. Je suis vraiment rassasiée. »

Ses yeux se levaient en même temps que lui, et d'une voix songeuse, la jeune femme finit par lui poser la question qui la taraudait depuis un moment.

« C'était comment les voyages... Et d'être loin de chez toi. Je veux dire... enfin... voila ».

Elle émit une petite grimace. La délicatesse ne faisait pas partie de son caractère, et elle avait tendance à balancer tout ce qui lui passait par la tête sans réfléchir. Mais bon, d'un côté, Sophya avait besoin de comprendre ce qui motivait et avait motivé Daniel à rester en Amérique désormais. Après tout... le dépaysement avait du être certain et il semblait presque nostalgique de ses voyages.

« La Nouvelle Orléans ne t'a jamais manqué ? Sa vie, son animation, ses couleurs... ses mystères ? »

HJ: ouiiiiiiiiiiiiii! XDDDD Moi aussi o/



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MessageSujet: Re: Hey! What did you expect? | Daniel & Sophya Lun 16 Juin - 22:35

Je ne vais pas te priver de ton lit. Je prendrais le canapé, si je reste. Ce n'est pas correct.
Ce qui n’est pas correct c’est de laisser une jolie jeune femme dormir dans un canapé peu confortable…
Je souris et lui adresse un clin d’œil avant de reprendre mon activité. Je rince un peu les deux assiettes et les dépose dans le lave vaisselles. Il existait un grand débat dans ce monde à propos du lave vaisselles : fallait-il rincer les assiettes avant de les y ranger ? J’étais devenu un partisan du « oui », pas pour une question de propreté mais par simple habitude. Mon père rinçait alors que ma mère déposait juste dans la machine estimant que c’était plus écologique. A l’époque, elle ne se doutait pas de toute la mode qui allait apparaitre autour de l’écologie. C’était un précurseur de cette pensée et j’imagine qu’elle aurait totalement adhéré au composte, à la voiture électrique, aux ampoules basses énergies etc. Je secoue la tête pour me sortir son visage de mes pensées et me rend compte que, machinalement j’étais en train de laver un verre à l’éponge. Je secoue une nouvelle fois la tête, pose le verre dans la machine et la ferme avant de sortir du fromage et de lui en proposer.
Oh... ne t'en fais pas... J'ai l'habitude maintenant des gens gourmands. Il y a pire que toi je te rassure.
Dois-je comprendre que tu fais parti des gourmands de ce monde ? Quelle est ta passion ?
Je ris légèrement, si je devais définir ma « passion alimentaire » j’aurai bien du mal mais pencherais pour tout ce qui est salé. Elle prit un morceau pour me faire « honneur » ce que je pris avec sourire et avala deux, trois morceaux avant de me détourner du fromage et de le ranger. Il était évident que le laisser à porter n’était pas une bonne idée pour mes yeux et mon estomac trop gourmands.
C'était comment les voyages... Et d'être loin de chez toi. Je veux dire... enfin... voila
Je redresse la tête vivement vers elle, étonné par sa demande et, surtout, par sa gène. Plus jeune, elle m’avait habitué à un plus franc parlé. Franc parlé qui m’était très généralement réservé. La nouvelle Orléans m’a-t-elle manqué ? Bonne question. J’imagine que oui mais je ne pouvais me l’avouer avant d’y retourner et même à cette période, j’avais assez mal vécu de rouler dans ses rues. Je sais pourtant que mon dégout pour cette ville n’était associée qu’au drame qui m’avait touché. Passer outre cela était assez compliqué ce qui était largement stupide. J’étais trop tétu et je le suis toujours. Mon tempérament, ma volonté bloquent ce qui est peut m’avoir manqué. Je suis comme une tour imprenable.
Non.
Un moment de flottement et je me rends compte que ma réponse a été un peu sèche. Un peu trop. Je passe une main dans mes cheveux, soupire, ouvre le frigo et en sors deux autres bières. J’en tends une à Sophya et l’invite d’un geste à s’installer avec moi sur le canapé.
Excuse-moi… Je ne sais pas trop quoi dire à propos de Nola. Tout ce qui s’en rapproche me met … hors de moi. Je ressens une sorte de dégoût et un malaise quand j’en parle. Ce qui s’est passé m’a… vacciné. Mais j’imagine que sans toute cette rancœur, Nola me manquerait. J’aimais cette ville, tu le sais. Je me jouai des mystères de la ville et des craintes des autres… Aujourd’hui je trouve ça stupide. Je ne crois pas en tout ce folklor…
Je me tourne vers mon mur, me lève, attrape une photo, la décroche et la tend à Sophya.
Pour ce qui est de mes voyages c’est surtout ça ce que je regrette…
La photographie montrait un groupe d’enfants jouant au ballon sur une terre battue. On voit le ciel gronder au-dessus de leur tête, des arbres dans le fond et sur le regard d’une grand-mère sur la droite.
La liberté. La beauté. Le temps qu’on prend à vivre simplement. Ils n’ont rien et pourtant ils s’éclatent. Regarde cette vieille femme, près de 80 ans sans toutes ses dents… son regard inspire le respect juste parce qu’elle dégage. Elle est respect, sagesse et fermeté. C’est bête à dire mais j’ai plus appris avec eux qu’ici…
Repensant à sa première question, je réponds.
Quand on a pas d’attache, on a pas de manque. Je n’ai plus de famille, peu d’amis et à ce moment j’avais surtout un grand besoin de liberté. La société ne m’avait pas entrainé vers le meilleur, pas au début et je ne voulais plus perdre de temps… Alors après ma formation de secouriste chez les pompiers, je suis parti. Je n’avais rien à perdre, rien à regretter, strictement… rien.


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MessageSujet: Re: Hey! What did you expect? | Daniel & Sophya Dim 13 Juil - 11:56

Sophya jeta les yeux au ciel, se retenant de pousser un soupir. Cette phrase macho avait tendance à la mettre un peu sur les dents. Elle n'était pas vraiment féministe, mais n'appréciait pas devoir quelque chose juste parce qu'elle était une femme. Ses parents ne l'avaient pas vraiment élevée dans cette optique là. Chaque chose méritait sa peine et pas parce que l'on était d'un sexe ou d'un autre.

« Et la jeune femme en question a dormi dans des endroits bien plus inconfortables qu'un salon. Tu n'as jamais testé les dortoirs de la fac de droit. Tu n'as donc pas à t'inquiéter.»

La brune haussa les épaules à la question. Sa passion gourmande ? Un peu de tout en réalité tant que ça n'excédait pas une certaine quantité. Elle mangeait peu, mais savait apprécier les bonnes choses, spécialement parce que justement, elle ne se jetait pas sur tout et n'importe quoi. Un léger sourire se plaça sur ses lèvres et la jeune femme souffla.

« Sûrement le chocolat. Même si je mange peu, j'apprécie toujours lorsqu'il s'agit d'un dessert. Sans chantilly par contre. »

Elle l'écouta parler ensuite du reste, attentive. C'était une manière d'en apprendre plus sur lui, mais surtout de découvrir tout ce qu'elle avait raté de sa vie. Beaucoup de choses, et la situation présente n'était pas la seule à l'en informer. Mais il fallait avouer qu'il semblait aussi passionné par ce qu'il avait à lui raconter, comme si cela lui manquait aussi, d'une manière. Ces gens, qu'il avait rencontré au gré de ses voyages étaient devenus sa famille et l'avaient marqué d'une manière peu commune en réalité. C'était ça l'important malgré tout. Qu'il ait pu trouver un nouvel équilibre, une balance, dans sa vie. Même si se remettre d'un tel drame était véritablement impossible.

Longtemps la médium avait pratiqué cette chose du sans attache et avait toujours du mal d'ailleurs à se faire des liens. Souvent, elle continuait à rejeter les gens ou à prendre la fuite quand les choses devenaient trop sérieuses, quand on finissait par en apprendre de trop sur elle. Laisser entrer les gens avait toujours été difficile à ses yeux, même si cela continuait d'évoluer peu à peu. La preuve, elle était ici aujourd'hui, alors que son tempérament la poussait déjà à prendre la fuite.

«  La Nouvelle Orléans que tu as connu n'est plus celle qu'elle est désormais. Tout a été ravagé... Tout est devenu... étrange. Tu serais surpris du pouvoir de ce folklore. »

Elle en était la preuve vivante par ailleurs. Médium, liseuse d'esprit... C'était quelque chose d'assez particulier à vivre au quotidien. La brune soupira légèrement.

« Tu penses pouvoir y retourner un jour là-bas ? »



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MessageSujet: Re: Hey! What did you expect? | Daniel & Sophya Jeu 30 Oct - 21:40

Le sujet n'a pas eu de réponse depuis plus de trois mois, merci d'y remédier ou de le signaler au staff afin que celui-ci soit archivé =)
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MessageSujet: Re: Hey! What did you expect? | Daniel & Sophya Lun 5 Jan - 18:51

Le sujet n'a pas eu de réponse dans le délai imparti ( 2 jours pour les events, 1 mois pour les rps normaux), merci d'y remédier rapidement.

Le staff
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MessageSujet: Re: Hey! What did you expect? | Daniel & Sophya

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