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Babysitting - Maddy

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MessageSujet: Babysitting - Maddy Babysitting - Maddy EmptyDim 27 Juil - 17:15



Babysitting

Maddy & Nitzan


Maddy. Mon petit frère qui a dix ans de plus que moi. Mon petit prince. Mon garçon perdu. Ca fait maintenant deux semaines qu’il a emménagé à l’étage juste au-dessus, dans les combles qu’on a aménagées pour lui faire un appartement, après le départ de Tamina. Et j’en ai la garde légale. Au début, c’est flippant, de se dire qu’on est légalement responsable du bien-être, et des conneries d’un autre être vivant. Mais on a commencé à se faire à notre collocation un peu bizarre. La journée il se promène, il reste dans son étage à peindre, ou à bricoler, enfin à faire son Maddox quoi, ou alors il reste dans la boutique, m’aide un petit peu, et discute avec moi. Il est comme un chaton sans sa mère, et il a besoin de sentir qu’il a quelqu’un près de lui, une figure maternelle, ou tout du moins quelqu’un qui pourra l’aider en cas de besoin. Au début, c’était pas facile de vivre avec quelqu’un qui nécessite autant d’attention, et puis j’ai commencé à m’y faire. Le soir, il m’aide à préparer le dîner, et on se regarde des films ensemble. Après, si je sors, je lui laisse de quoi se réchauffer un repas, et je dois lui répéter quelques consignes de base, du genre « N’ouvre pas aux inconnus », « Ne touche pas à la gazinière » et « On ne dessine nulle part, excepté le mur de peinture ardoise ». Bon sang je suis passée au stade de maman bis d’un garçon plus vieux que moi… Mais tout n’est pas facile. Parfois, il replonge dans ses crises, est terrorisé par ses visions, ce qu’il ressent et perçoit. Et peut se mettre à hurler à travers tout l’appart. Alors je monte le calmer, ou alors c’est lui qui vient me rejoindre. Les première fois, j’ai failli le tuer à coup de batte de base-ball, ne m’attendant pas vraiment à le voir débarquer en calebute dans mon lit, totalement terrorisé. Mais on s’y fait.

Comme tous les matins, il vient prendre le petit-déjeuner avec moi, et j’entends ses pas un peu traînants sur le bois de l’escalier, avant qu’il ne pousse la porte de mon antre et vienne me retrouver à la table de la cuisine. Ma cuillère retombe dans mon bol de lait quand je lève les yeux sur sa trogne. Alors ok il est adorable, mais il est fagoté comme un clown. Un pantalon de jogging informe, un polo moche, et des espèces de baskets sans lacets. Je crois que là on a franchi le point de non-retour point de vue look. Il faut agir, et agir vite. Je lui souris, lui ébouriffe gentiment les cheveux alors qu’il vient s’asseoir à côté de moi, et lui demande :

Petit prince, tu penserais quoi si on allait faire les magasins aujourd’hui ? Hein ? Refaire un peu ta garde-robe avec de jolies choses qui t’iraient mieux que ce que t’as là-haut ?

Je sais qu’il est quelqu’un de doux et d’impressionnable, et l’idée de courir les boutiques ne va pas forcément l’enchanter. Il faut que je ruse, et que j’utilise mon arme magique : la récompense. Maddy est comme un enfant, et il faut juste trouver la carotte qui lui fera accepter ce qui lui plaît pas en échange du positif.

-Et après, on pourra aller se manger une glace, et aller à la piscine ! T’en dis quoi ?

Je guette la réaction sur son visage alors que je termine mon bol, et je le laisse finir de manger pendant que je vais m’habiller. Jean, DrMarteens, léger maquillage et j’attrape mon sac, traînant mon Maddy derrière moi. Je ferme la boutique, et on commence à papoter jusqu’à arriver dans les avenues bordées de boutiques de fringues. J’entre dans la première, et commence à sélectionner des jeans, des t-shirts et des pulls, demandant l’avis de Maddy au fur et à mesure, et une fois les bras pleins d’une montagne de trucs à essayer, je l’enfourne dans une cabine d’essayage, faisant pleuvoir sur lui tout ce qu’il doit essayer. Je reste près de la porte et attends qu’il commence à essayer ses nouvelles tenues.


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MessageSujet: Re: Babysitting - Maddy Babysitting - Maddy EmptyMer 30 Juil - 22:22

Il traine des pieds ; ouvre son armoire et prend des choses aux hasards. Il ne comprend pas le code couleur, c’est étrange. Lui qui peignait à la perfection avec une telle harmonie des ombres et des lumières. Un artiste entier et pourtant, au moment de s’habiller tout cela lui échappait. Il ne comprenait pas que choisir ses vêtements était plus compliqué que de prendre ce qu’il y avait au dessus de la pile. Il aime beaucoup ce tee-shirt ; il est simple et il est à l’aise dedans. Les pantalons… Ils sont tous bien trop grand ; mais il ne pouvait y faire grand-chose n’est-ce pas ? Il prend le premier ; c’est un jogging et l’élastique tenait relativement bien autour de sa taille jusqu’au moment critique où l’on pouvait découvrir la moitié de son postérieur enfermé dans un sous vêtement un peu trop coloré. Le pire dans tout cela, il ne se rendait pas même compte que l’on voyait ses fesses et continuait comme si de rien n’était jusqu’à s’en rendre compte et mourir de honte. Il enfile ses chaussures ; elles sont usées. Il ne se regarde pas vraiment ; il est propre c’était l’essentiel n’est-ce pas ? Il a faim.

Alors il descend ; doucement. Il entre chez elle ; il n’aime pas vraiment ça entrer chez quelqu’un. Elle disait que c’était chez lui aussi ; il avait du mal à s’y habituer. Cependant, il ne se posait pas trop de questions lors de ses terreurs nocturnes où il venait se refugier tout grelotant dans son lit alors qu’elle dormait. Tenant la couverture de ses deux poings serrés jusqu’au cou ; fixant la jeune femme de ses yeux écarquillés de trouille jusqu’à ce qu’elle ouvre les yeux en touchant son mollet par accident. Elle hurle ; se redresse et il la fixe de ses grands yeux bleus terrorisés, il est à moitié nu. Mais il avait trop peur tout seul. Il la regardait et elle acceptait qu’il reste avec elle. Il demeurait de longues minutes à serrer les draps ; fixant le plafond particulièrement inquiet. Est-ce qu’il était fou ? Cette question le rongeait. Il l’était ; mais il y avait une part trop réelle dans ce qu’il vivait. Alors il eut cette nuit là ; puis d’autres. Elle lui avait dit de ne plus faire son timide en entrant chez elle puisqu’il était ben capable de se faufiler sous ses draps sans la moindre honte. Il avait rougi ; parce que bien sur qu’il avait eut honte de faire cela ; mais la peur l’avait emporté sur le reste.

Il s’assoit à coté d’elle ; elle lui a préparé un bol gigantesque de ses céréales préférées. Elle veut le faire grossir. Probablement Tamina lui avait-elle fait une liste des habitudes de Maddox et de ses innombrables petites manies et tocs. Elle ébouriffe ses cheveux mal peigné, ce qui n'arrange rien. Il attrapait sa petite cuillère quand elle se mit à parler. Il l’observe. Est-elle tombée sur la tête ? Il ne veut pas aller dans un magasin, jamais. La dernière fois qu’il l’eut fait Harry avait été tué sous ses yeux. Il ne voulait pas y aller. Il ne voulait pas de jolies choses ; il voulait qu’elle reste en vie. Alors sa mine se renfrogne ; il avait presque l’air grognon avec un peu plus d’effort. Elle insiste ; lui promet une glace et la piscine. Il se pinçait les lèvres ; il a juste envie de partir en hurlant dans son lit. Mais il fixe ses céréales et ne bouge pas de sa chaise. « D’accord… » Répondait-il un peu à contre cœur, il voudrait qu’elle l’aime. Alors s’il devait acheter de nouveaux habits pour qu’elle le garde ; alors il irait. Les idées sont étranges dans sa tête ; il ne sait plus faire la part des choses. Il ne comprend toujours pas pourquoi Tamina est partie. Elle ne lui a pas dit au revoir ; il ne comprend pas qu’elle n’en a pas eu le courage ; il se sent injustement abandonné.

Elle part s’habiller et il mangeait tranquillement ses céréales avec plaisir ; bien que ses pensées le tourmentées quelque peu à présent. Puis enfin ils sortaient. Il la suivait docilement ; répondait lorsqu’elle lui parlait. Il avait peur. Il se cramponnait un peu trop à son bras ; ses yeux bleus sont à l’affut. Il n’était pas sorti depuis son arrivée chez elle. Descendre à la boutique fut déjà un exploit sur les premiers jours. Mais elle faisait comme si de rien n’était ; il ne comprenait pas qu’elle était fière de ses efforts. Il était bien trop dévoré par ses angoisses. Puis ils entrent. Il la suit partout, la colle un peu trop. Il est chargé de vêtement et répondait bêtement oui à ses nombreuses questions. Il est poussé dans une petite cabine, il lutte un instant puis se laisse enfermer. Ensevelis de vêtements ; il est seul. Il regardait autour de lui ; se retrouve nez à nez avec un grand miroir. Déglutis difficilement. Que faisait-il ici.

Elle lui demandait si c’était bon, s’il était habillé. Il ne répond pas et voit son museau dépasser du rideau. Il n’a pas bougé d’un cil. Elle l’encourage. Alors il commence à se déshabiller. Retire son haut et attrape une chemise à manche courte ; il ne regarde pas son reflet parce qu’il a bien trop peur de pleurer. Il enfile un jeans ; il n’a plus l’habitude d’avoir des vêtements à sa taille ; le tissu le touchait un peu trop. Il ne savait pas de quoi il avait l’air. Il n’osait plus bouger. Puis elle ouvrait le rideau ; elle le regarde et il a honte. Il n’a pas forcément choisi des vêtements qui vont ensembles pour l’essayage ; mais les pièces détachées lui allaient plutôt bien. Elle le félicite et il essai encore d’autres vêtements. Il ne se regarde jamais ; il se déteste. Plus il essayait, plus il se sentait assez mal à l’aise. Elle reprend les vêtements au fur à mesure, les sélectionne pour lui. Il n’arrivait à se prêter au jeu. Il se sent laid. Parfois les vêtements sont trop grands ; mal taillé et il s’habillait maladroitement. Son ange veille sur lui ; elle le rassurait ; réajustait son col et il se détendait mine de rien grâce à son doux regard. La si bienveillante. Le tas de vêtement s'écoulait ; après avoir enfilé un jeans lui faisant un fessier formidable ; il la regardait. Il veut croire qu’elle l’aime comme ça. Elle lui fait enfiler un perfecto ; il n’en avait jamais porté avant. Il l’observa alors… « Est-ce que c’est fini ? » Il va dans ses bras ; un instant. On les regarde ; ils ont l’air d’un couple mais il est loin d’être son chevalier. Il se calmait près d’elle ; il fermait tendrement les yeux. La journée promettait d’être éprouvante. Il était bien habillé ; c’était un autre homme. Il n’avait plus cette allure d’échappé de l’asile. Il ne s’en rendait pas compte. « J’aime pas faire ça… » Déclarait-il enfin avec courage. Il retroussait son nez ; la relâche doucement. Puis doucement, son regard azuré se tournait vers son reflet. Il se crispait. Etait-ce normal d’être aussi maigre ? Aussi… Laid ? Ne devrait-il pas rester tout simplement enfermé quelque part où personne ne pourrait jamais le voir ? N’était-ce pas pour cela qu’on l’envoyait sans cesse à l’hôpital ? Pourquoi ça fait mal comme ça ?
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MessageSujet: Re: Babysitting - Maddy Babysitting - Maddy EmptyJeu 31 Juil - 12:26



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Maddy & Nitzan


[justify]Je dis pas que m’habituer à vivre avec Maddy a été facile. Loin de là. J’ai toujours vécu toute seule, et on va dire que Poe n’est pas vraiment le genre de coloc pénible. J’ai l’habitude de faire ce que je veux, quand je veux, dormir jusqu’à midi un lendemain de concert, passer mon dimanche à manger des chips en regardant la télé et autres. Alors, avoir un grand dadais qui pouvait pas se faire cuire des pâtes sans risquer de se tuer, et qui venait se glisser dans mon lit en plein milieu de la nuit… On va dire que ça demandait des ajustements. Et lui aussi, il fallait qu’il réapprenne doucement à vivre dehors, enfin à vivre, tout simplement, et à quitter ce stade de légume ambulant qu’il avait gardé de l’institut. Au début, il n’osait pas quitter son appart, ensuite, la zone s’était élargie au mien, ensuite à la boutique. Et puis on commence à avoir nos petites routines. Des trucs de vieux couple, en quelque sorte.

Je reconnais sa démarche quand il vient prendre le petit déjeuner, et j’essaie de le gaver de céréales comme une dinde avant Thanksgiving. Y’a encore de la marge avant qu’il ne ressemble plus à un réfugié du Darfour. Petit prince, je vais m’occuper de toi… Pendant une seconde, mon cœur se serre en me disant que je suis la seule personne qu’il a au monde, et que je ne peux pas le laisser tomber. Je suis sa mère, sa sœur, sa psy, sa medium et sa meilleure amie. Tout ça dans un petit corps. Mais bon, je regrette rien. Maddy est trop adorable, et je tiens à lui. Je soupire en voyant sa dégaine et tente de le persuader de me laisser faire les magasins avec lui. Maddy est un ange, et je sais qu’il fera tout ce que je lui demande, juste pour me faire plaisir, et par peur de me décevoir. Sauf que là l’heure est grave, point de vue vestimentaire, et il faut faire quelque chose si je veux pas le retrouver au trou parce qu’on a cru que c’était un clodo. D’une toute petite voix, évitant mon regard, il accepte, et je lui caresse doucement la joue.

T’en fais pas petit prince, ça va pas durer longtemps. Je suis fière de toi.

On se prépare à partir, première boutique, je choisis plusieurs trucs et je l’envoie dans la cabine. Sur le coup, je sais pas trop quoi faire. Il s’agrippe à moi comme un naufragé à sa planche de bois, avant de disparaître à contrecoeur derrière le rideau. Pendant quelques minutes, rien. Je passe le nez et lui accorde un sourire encourageant.

Allez mon chat, ça va bien se passer je te le promets.

Deux minutes plus tard il émet une sorte de couinement, et je passe la tête. Bon ben c’est pas mal ! Je l’inspecte rapidement et garde sur les bras le haut et le jean. Au bout d’une ou deux tenues le pauvre est totalement dévasté, et je dois redoubler mes encouragements.

Hey petit prince, tu te débrouilles très bien. Je t’assure. On finit d’essayer ce qu’on a ramené ici, et jte promets qu’on ira prendre une grosse glace. Avec du chocolat et de la chantilly ! Ok ? Allez, c’est bientôt terminé.

Les fringues volent, certaines dans le tas à garder, l’autre dans les trucs à rendre. Je suis même épatée par certaines trucs qui lui vont super bien et qui le rendent carrément canon. J’avoue que le perfecto, c’est mon côté rock star qui ressort, mais ça lui va trop bien ! Et puis on arrive au bout. Je sens qu’il en peut plus et vient se blottir dans mes bras. Je lui caresse doucement le dos, déposant un baiser sur sa joue. Il n’aime pas son reflet, et il ne s’aime pas lui-même… S’il savait à quel point il est mignon !

Oui on a fini. T’es très beau comme ça ! Avec tous ces nouveaux vêtements, tu vas être encore plus beau que tu l’es déjà ! Je te promets qu’on va pas faire ça tous les jours. C’est juste que là, t’en avais vraiment besoin. Maintenant, t’as bien mérité ta glace !

Il me suit docilement, et je paie avec la carte qui me donne accès à ses comptes. Bon ok, on s’est fait plaisir, mais il en avait besoin ! Chargés de paquets, on va ensuite à la terrasse d’une pâtisserie française. Je dépose tous les sacs sur une chaise vide, avant de prendre la main de Maddy et l’encourager.

Alors comme t’as été super sage, je te l’avais promis : une glace ! Tu prends ce que tu veux !

Je feuillette la carte et choisis une coupe avec chocolat, noisette, caramel et autres cochonneries bien immondes et divines, et attends que Maddy se décide à son tour.



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MessageSujet: Re: Babysitting - Maddy Babysitting - Maddy EmptySam 2 Aoû - 21:03

Tout cela prend fin, il portait encore sur lui un jean et un t-shirt du magasin, à la caisse la vendeuse veut lui ôter les étiquettes ; mais il commençait à prendre la fuite. Bien heureusement ; Nitzan prend la paire de ciseau et le libère. Il lui adressait un léger sourire ; c’est alors qu’elle demanda à la vendeuse s’il y avait une poubelle et y jette ses anciens vêtements. Il ouvrait la bouche de la hauteur des chutes du Niagara avant de regarder la jeune femme qui riait de sa réaction. Pourquoi diable mettait-elle ses affaires à la poubelle. Elle lui avait dit qu’il était beau ainsi ; mais il ne voulait que l’on jette ses affaires. Maddox et son attachement maladif aux objets à défaut d'être aimé par ses semblables. Elle lui avait promis une glace ; alors il la suivait tranquillement. Il portait les paquets ; c’était lui l’homme ! Du moins, en apparence. Ceci dit, il savait se montrer assez utile parfois ; il avait aidé Tamina plusieurs fois à porter ses courses trop lourdes ou attraper les serviettes sur l’étagère du haut. Mais depuis deux semaines, il s’était comporté comme une véritable enfant et se savait plus encombrant qu’utile. Il avait peur qu’elle l’abandonne elle aussi.

Ils arrivaient devant une pâtisserie ; ils s’installent. Il prend la place la plus éloignée de la porte où les gens peuvent sortir ; les sacs sur la troisième chaise elle le rassure une fois de plus. Il la fixait de ses grands yeux bleus, un air tendre dans le regard. « Merci… » Lâchait-il ; cela pouvait paraître troublant de voir un homme de presque quarante ans se comporter de la sorte ; son cœur était pur et il était seulement difficile de concevoir à quel point il l'était pour ceux qui ne le connaissaient pas. Elle lui donne une carte ; alors il regardait les photos puis s’arrêtait sur une photo magnifique. Prince ne voit même pas qu’elle le regarde ; il fixait la photo, essayant de deviner ce qu’il y avait dedans. Oui ; comme un enfant il choisissait la photo. Il s’agissait d’une banane coupée en deux, trois boules de glaces aux parfums différents cachés sous une couverture de chantilly elle-même coiffée de pépite et de petites cerises disposées. Autrement connu sous le nom de banana split. Il relève les yeux ; il croise le regard de la jeune femme. Elle le regardait et il rougissait de plus belle ; avant de retourner doucement la carte en pinçant les lèvres et de montrer la photo à son amie. Le serveur arrivait à cet instant, il la laisse commander et il attendait sagement. Loin d’imaginer à quel point ce qu’il avait demandé serait imposant. L’on été loin de l’habituel esquimau qu'il prenait dans le freezer avec gourmandise. Puisqu’elle cherchait à le faire grossir, le délice choisi était idéal. Depuis deux semaines, il avait prit trois kilos et elle n’avait eu que cesse de l’encourager à reprendre du poids. Le sac d’os. Voila comment l’avait appelé un esprit mesquin qui était venu trainer dans sa chambre avant d’être chassé par Nana qui lui avait assuré être un bien joli jeune homme. Il pensait qu’elle lui disait cela pour lui faire plaisir ; rien de plus.

Puis enfin ça arrive. Enfin pas vraiment. Nitzan est servie puis le serveur annonce que la sienne devrait arriver. Il boude un peu. Il n’avait pas vraiment faim ; il avait englouti une heure plus tôt un bol de céréales délicieux. C’était de la pure gourmandise. Heureusement sa glace arrive et là ; il découvrait un dessert magnifique. Il l’observe longtemps ; comme s’il voulait capter tous les détails avant de la déguster. C’est alors qu’un doigt approche de la crème fouettée et vient se poser sur son nez pour le sortir de ses pensées. Il gloussait légèrement ; se frottait le museau avant de s’emparer de sa cuillère. Il se réjouissait de sa glace et mange un peu trop vite ; il est assez malheureux parce qu’il n’arrivait pas à la finir. Il observe la jeune femme qui avait finir sa gourmandise ; il se pince les lèvres. Il n’aime pas vraiment mélanger les cuillères dans le même plat mais… « Manges en… Avec moi. S’il te plait… » Il poussait un peu le plat vers elle ; il souriait doucement puis l’observe manger un morceau de banane. Il souriait. Il avait mangé toute la chantilly et le chocolat ; de loin ce qu’il préférait. Ils achevaient enfin la glace ; il posa l’une de ses mains sur son ventre dont la peau était des plus tendue bien qu’il était loin d’avoir l’air d’une barrique ; il en avait toute la sensation. La sensation d’avoir prit dix kilos d’un coup dans les pattes.

Il faut digérer un peu avant de se mettre à l’eau, il craint qu’elle lui propose une nouvelle boutique. Il songeait qu’il ne saurait entrer dans aucun vêtement. Il lui sourit ; il aimait bien cette journée dehors ; parce qu’il ne se passait rien de dangereux. Personne n’était mort et les esprits le laissaient tranquille. Il ne savait pas si c’était elle qui pouvait les chasser ; il aimait bien le croire. Il prend sa main, doucement. « J’ai moins peur avec toi… Dehors ; il arrive des choses tellement horribles. Tout le monde me déteste… » Paranoïaque ; obsédé par l’image qu’il reflétait dans les regards des autres ; mais surtout de comment il se voyait lui-même ; immonde. Il pensait être un monstre repoussant. Il pensait que personne ne pourrait jamais l’aimer vraiment. Puis il y avait les yeux de Nitzan… Tout le monde le détestait… « Sauf toi… » Sa fée ; l’unique. Depuis le jour de leur rencontre ; elle lui montrait la voix. Lui prouvait qu’il n’était pas fou. Qu’il pouvait s’en sortir. Il était difficile d’évoluer après tout ce temps enfermé dans sa bulle. Il n’avait pour seul refuge cette solitude qui l’éloignait du genre humain si cruel ; cette capacité à se noyer dans ses dessins ; s’enfermer dans son univers que personne ne pouvait comprendre. La sensation d’être coupé du monde des vivants ; de n’être mort ; pourtant à leur yeux il était comme. Condamné de par sa folie.

« Est-ce qu’ils ont raisons les autres ? Est-ce que si Alexey ne m’av…. S’il… » Encore trop difficile à verbaliser « Jamais on ne serait… Amis ? Est-ce… J’aurais été plus malheureux ? Mais… S’il ne m’avait pas tant détesté peut-être… Harry ne serait pas mort… Par ma faute. Est-ce que c’est vrai Nitzan ? Est-ce que les gens vont encore mourir autour de moi ? Je les vois partout… Ils tombent, ils saignent. Et moi… Je ne peux rien faire… » Pourquoi c’était les autres qui meurent à cause de lui ? Et s’il mourrait ; est-ce que cela allait cesser ? Des idées noires oppressantes en une aussi belle journée. Mais il n’y avait pas de larmes sur ce joli visage ; il la fixait avec son besoin de réponse. Un excès de courage ; pas seulement. Il avait tant confiance en elle ; sa sœur. Il n’y avait personne d’autre qui puisse vraiment le comprendre ; il en était persuadé. Personne d’autre ne voulait le faire.
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MessageSujet: Re: Babysitting - Maddy Babysitting - Maddy EmptyDim 3 Aoû - 14:08



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Maddy & Nitzan


[justify] La séance de shopping s’est mieux passée que ce que j’aurais imaginé. Mon petit prince me fait penser à un petit garçon docile, qui accepte tout ce que je lui demande pour me faire plaisir. Et il tient à moi, ou alors il a tellement confiance en moi, qu’il ne me dira pas non. Et pourtant Dieu seul sait à quel point les trucs les plus bateau de la vie de tous les jours sont des parcours du combattant. Deux semaines pour s’habituer à son nouvel appartement, à circuler dans les étages, et à arriver à poser le pied dehors. Une fois dans les boutiques, j’essaie de rendre la torture la plus rapide possible, et sélectionne rapidement les fringues qui lui vont le mieux. D’ailleurs, je lui fais même garder sa nouvelle tenue sur le dos, bazardant ses vieilleries à la poubelle sous ses yeux agrandis d’effroi.

Mon chat, t’en fais pas. Ces fringues étaient vieilles et moches. Maintenant tu en as plein, des toutes belles qui te vont beaucoup mieux. Je t’assure que comme ça, t’es vraiment à croquer.

Je le rassure, j’ébouriffe ses cheveux, et je lui laisse prendre les paquets. Pendant un instant, je fais le parallèle avec un chien qui est tout fier de ramener le journal à ses maîtres, eh ben Maddy se sent fier de porter les courses. Et j’en rajoute une couche, parce que je sais qu’il en a besoin, il a besoin de se sentir important, utile.

Merci petit prince ! J’ai vraiment de la chance d’avoir un grand garçon comme ça pour m’aider avec tous ces paquets !

Il lui en faut peu pour illuminer ses prunelles bleues, le faire se sentir important. Mon petit garçon perdu. Et après la torture qu’il a enduré aussi bravement que possible, c’est l’heure de la récompense. On s’installe à une terrasse, et je le vois détailler la carte avec envie. Ses doigts se promènent sur les photos, je le vois se concentrer et examiner chacune d’elle en détail, avant de poser son index sur l’une d’elles, d’un geste déterminé mais en baissant les yeux. Un immense banana split.

Ok mon chat, je t’avais dit que tu pourrais prendre ce que tu veux !

On commande, et quelques minutes à peine on nous ramène nos coupes. La mienne est déjà appétissante mais celle de Maddy est tout simplement monstrueuse. Je ris doucement en voyant sa tête face à cette montagne de chantilly et sirop de chocolat qu’on lui apporte. C’est bien, il doit encore se remplumer, ça lui fera pas de mal une orgie de crème glacée. Maddy l’observe en détail, sous tous les angles, comme un peintre avant de se lancer dans une toile. Ou alors on dirait qu’il cherche de quel côté l’attaquer. Il est tellement concentré qu’il ne voit même pas mon doigt plein de chantilly se poser sur son nez, et puis il rit. J’aime son rire, comme celui d’un gosse, qui s’élève dans le ciel comme des bulles de savon colorées et légères. Au début, il ne riait jamais, mais maintenant je l’entends, parfois. De plus en plus. Encore un petit signe qu’il se reconstruit doucement. Mon petit garçon perdu. Et il se jette dessus comme un morphale. On dit bien que quand l’appétit va, tout va ! Je savoure tranquillement, et termine ma coupe, quand je le vois lever ses yeux de chien battu vers moi. Il veut que je l’aide à finir. Je suis pourtant pas du genre à l’obliger à finir son assiette quand même. J’attrape ma cuillère et je l’aide à terrasser le banana split géant, et ensuite il se recule et se frotte le ventre. On dirait un chat qui a mangé une souris et qui en est tout content. J’avance ma main et lui caresse doucement la joue.

Tu es content ? Ca t’a plu ?

On reste de longues minutes comme ça, tranquillement à profiter du soleil, écoutant le bruit de la ville, regardant les gens passer, avant qu’il n’attrape ma main. Je sursaute et me tourne vers lui. D’abord c’est un sourire quand il me dit qu’il a moins peur avec moi, et ma gorge se noue quand il me dit que tout le monde le déteste à part moi. Mon pauvre chaton.

Mais qu’est-ce que tu racontes petit prince ? Personne ne te déteste ! Moi je t’aime, et puis Az t’aime beaucoup aussi ! Tu as beaucoup d’amis, de gens pour qui tu comptes ! Ne t’en fais pas pour ça ! Mon pauvre petit chat…

Je le serre doucement dans mes bras, passant ma main dans ses cheveux.

Bien sûr que je te déteste pas. Je te détesterai jamais. On peut pas détester un gentil garçon comme toi ! Tu sais, dans la vie des gens meurent tous les jours. C’est ce qui est arrivé à Harry. C’est pas ta faute ce qui s’est passé. Pas du tout d’accord ? Et pour Alexey… lui est quelqu’un de méchant. De mauvais. Il y a des gens qui sont tout simplement méchants avec tout le monde. Tu peux faire ce que tu veux, ils seront méchants. Ce n’est pas toi qui l’a rendu comme ça. Il l’est tout seul. Tu n’es pas responsable si des gens meurent petit prince. C’est pas toi qui a tiré avec un révolver, qui a fait partir la voiture dans le décor ou qui a serré le cou des gens. Alors non, personne n’est pas mort par ta faute ok ? Si tu veux, on pourra même demander à ta maman qu’elle te le dise aussi, une fois qu’on sera rentrés. Allez, t’en fais pas mon chat…t’en fais pas. Allez viens, on va à la piscine, ça va te changer les idées !

Je me lève pour payer et reviens vers lui. Je rassemble nos affaires puis lui fais signe de me suivre.

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MessageSujet: Re: Babysitting - Maddy Babysitting - Maddy EmptyJeu 7 Aoû - 23:34

Il se sentait valorisé avec Nitzan, si certains pourraient penser qu’elle l’infantilisait. Ils se trompaient ; elle avait tout simplement compris que tout irait à son rythme avec lui. A la fin de la route, que trouverait-il ? Il ne savait pas ; il avait peur. Appréhendait de grandir tout simplement. Ils finissent de manger, il la laisse caresser son visage et acquise à sa question. Il pensait bien qu’il coulerait comme une pierre lorsqu’il irait se baigner. Il ne voulait pas se noyer alors. Mais la conversation dérivait une fois de plus sur des idées noires. Nitzan ne se contente pas de changer de sujet ; elle lui répondait toujours. Le rassurait. C’était aussi pour ça qu’il l’aimait. Il pensait qu’elle ne serait capable de lui mentir. Naïf ? Probablement. Elle vient le prendre dans ses bras et il aime bien ça. Il se laissait faire sans la rejeter ; ne se crispe pas. Elle peut le toucher ; il n’avait pas peur. L’on été bien loin des premiers jours ; loin de cet animal perdu qui se prenait pour un saxophoniste décédé. C’était grâce à Nitzan qu’il avait enfin compris alors ; qu’il n’était pas les personnes dont il avait les visions. Des souvenirs qui n’étaient pas à lui. Il avait compris grâce à elle ; qu’il n’était pas toutes ces vies. Parfois replongeait ; dans ses cauchemars tout avait l’air si réel. Mais elle le raisonnait avec cette douceur ; il la croyait.

Il y a beaucoup d’information dans ce qu’elle dit ; mais il est bien dans ses bras. Il ne comprend peut-être pas tout ; il ne comprenait pas pourquoi les gens meurent autour de lui. Il pense être puni ; il pense qu’on lui veut du mal. Il se faisait du mal tout seul, mais il ne le comprenait pas. Le pauvre fou joue avec une mèche de cheveux de la jeune femme ; il n’aime pas entendre dire qu’Alexey était méchant. O il se souvenait de son sourire ; de sa bienveillance en lui servant le petit déjeuner et cette façon qu’il avait de le border un peu trop fort comme s’il ne voulait pas qu’il s’échappe. Il ne voulait pas que Prince s’en aille. Maddox se souvenait des coups ; des dessins déchirés ; de la colère dans les si beaux yeux de son héros. Les larmes ; les cris. Pitié aimes moi. Mais rien n’y fait. Il est seul, et il souffrait. Les os font mal ; marcher est une douleur insoutenable. Puis il a oublié de fermer la porte à clé ; puis il s’est enfui. Il n’avait dit à personne qu’il avait revu Alexey avant que Tamina ne l’abandonne. Il n’avait rien dit ; il avait peur. Il se demandait s’il était encore là ; quelque part. Il se demandait pourquoi il ne venait pas le voir ; pourquoi est-ce qu’il le lassait douter de la sorte. Prince fut bien malheureux à cette pensée…

Personne n’était mort par sa faute. Ce n’était pas ce que disaient les « autres » ; ils disaient qu’il devait mourir. Qu’il devait être papillon. Elle le rassure pourtant, il est bien triste. Elle décide qu’il est temps de se changer les idées. Elle se lève et il attend. Son regard triste fixait devant lui ; perdu dans ses pensées. Elle arrivait ; il la suivait alors. Docilement ; comme toujours. Il s’arrêtait un moment devant la vitrine de l’animalerie où des petits chiots se bagarrent. Elle l’appelait gentiment et il le rejoint en sursautant. Elle propose le bus pour arriver plus rapidement. Il changeait quelque peu de couleur ; mais se laissait convaincre une fois de plus. Prend trop de temps pour choisir sa place et le carrosse démarre. Il manque de tomber ; un jeune homme lui a prit la main pour le retenir avec un petit sourire. Maddox ; baisse les yeux apeuré. « Est-ce que ça va ? » Prince acquiesçait doucement ; ils s’assoient donc face à ce charmant garçon qui fixait l’étrange personnage avec un soupçon de fascination pour son mystère.

Ils arrivent à la piscine et ils descendaient tous les trois. Maddox restait une fois de plus collé au train de Nitzan ; inquiété par le monde qui afflué par ici. « Je veux pas y aller… » Soufflait-il alors apeuré. Sursaute en voyant au travers de la vitre des dizaines de personnes en slip. Il s’accroche à son bras ; un peu trop fort. Aperçois alors une grimace sur son visage ; la lâche puis s’angoisse de plus belle. Il ne veut pas que tous ces gens en slip le regardent. Oh non… Quelqu’un approche… Il se cachait derrière elle. Elle donne la clé d’un casier et leur indique l’endroit des vestiaires. Il est l’ombre de Nitzan et s’introduit alors chez les dames. Écarquille les yeux en voyant le maillot de bain de l’une d’elle qui ne cachait pas grand-chose. « Mais… Je… Je n’ai pas de maillot. » Lui disait-il doucement. Elle sort alors d’un des paquets une surprise. Il cachait très bien sa joie. Il n’était pas le moins du monde rassuré. Se mettre à moitié nu devant des gens. Il ne savait pas ce qu’il avait pensé en acceptant de venir jusque là. Comment pourrait-il se lâcher avec tous ces gens ? Ses pensées le torturaient. « Nitzan… Je… J’ai peur… De tout ces gens. » Avouait-il enfin.
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MessageSujet: Re: Babysitting - Maddy Babysitting - Maddy EmptyMar 12 Aoû - 14:41



Babysitting

Maddy & Nitzan


[justify] Maddy et son regard inquiet. Maddy et sa main qui cherche toujours la mienne, ses yeux qui balayent la foule pour attraper la tache noire de mes cheveux. Maddy qui peut avoir le regard qui s’illumine pour des choses tellement insignifiantes, comme une glace, une fleur, un papillon ou un beau nuage. C’est ça que j’aime chez lui. Pour beaucoup de gens, il ne servirait à rien, c’est juste un demeuré. Pour moi, il est important parce qu’il sait me montrer la beauté des petites choses. Le genre de choses devant lesquelles on passe trop vite en général. Lui sait les voir, et il me pousse à les regarder moi aussi.
Et puis, mine de rien, il a quand même pas mal changé depuis que je le connais. J’espère que c’est un peu grâce à moi, même si je peux pas le certifier. Il est plus à l’aise à l’extérieur, enfin, quand je suis là, et il est plus à l’aise avec le contact humain. Il vient de lui-même se blottir dans mes bras – chose assez marrante sachant qu’il a une tête de plus que moi, et pourtant quand il veut il sait se faire tout petit – prendre ma main ou caresser mes cheveux ou mon visage. Je suis sa grande sœur, celle qui le défendra, celle qui s’occupe de lui. Et celle qui lui montre la voie pour les esprits. Qui tente de lui montrer qu’il est pas fou, mais qu’il a juste une case différente de la majorité. Un don, le même que le mien, que personne à part moi n’a su expliquer. J’essaie de faire en sorte qu’il s’ouvre au monde, et c’est un travail de tous les jours. Je tente aussi de répondre à ses questions, quand il en a. Et il en a souvent, comme maintenant. Maddy est toujours inquiet, il veut bien faire, et il veut qu’on l’aime. Il comprend pas que des gens puissent être mauvais ou méchants. Mon pauvre chaton vit au pays des bisounours…

Pendant que je paye, il est allé fureter devant une vitrine, et il contemple les petits chiens avec adoration. D’un côté, y’a de quoi. Je l’appelle, il revient doucement vers moi, et on attrape le bus pour aller à la piscine ensemble. En parlant du bus, je le sens qui se crispe. Il déteste être entouré de trop de monde, mais on est en plein milieu de l’après-midi et y’a pas foule.

T’inquiète pas mon chat, ça va bien se passer… promis.

On monte, je prends les tickets pendant que Maddy erre comme une âme en peine. Mais il est encore debout quand le bus démarre, et il manque de s’étaler. Heureusement, quelqu’un l’aide. Un joli garçon qui lui accorde un sourire timide. Je remercie son sauveteur et m’installe à côté de mon petit prince. Je souris en coin quand je vois le type le dévorer des yeux : y’a de quoi. Maddy est vraiment un beau mec, avec ses yeux bleu piscine et son sourire craquant. Pauvre prétendant, si tu savais dans quoi tu te lances en t’intéressant à lui…

Enfin on arrive, et il me suit de près. J’ai parfois l’impression qu’il aurait presque envie qu’on lui mette une laisse. Il est inquiet, encore, et je le rassure, encore.

Petit prince… je te promets que tu vas t’amuser. Tu verras, ça sera drôle !

On s’engouffre dans les vestiaires, et je le sens qui flippe de plus en plus. Son regard balaye nerveusement tout ce qui l’entoure et je l’entraîne dans une grande cabine normalement réservée pour les familles. Je lui tends un bermuda assez large que j’ai acheté en même temps que les autres fringues de notre virée shopping, et je me tourne pendant qu’il l’enfile. De mon côté, je m’enroule dans une serviette, et passe mon maillot par-dessous. En quelques minutes j’ai passé mon une pièces avec des têtes de mort, et je prends ma serviette sur le bras.

Mon chat, c’est bon ? T’es changé ?

Quand je l’entends me dire oui, je me tourne. Qu’est-ce qu’il est maigre… mais ça va déjà mieux que quand je l’ai récupéré. Il se remplume petit à petit à coup de pizzas et de plats bien caloriques. Je range toutes nos affaires dans deux casiers, attrape le bracelet où est fixé la clé, et l’emmène vers les bassins. Pas trop de monde, on est un jour de semaine, les gamins sont à l’école et les gens au boulot. Je me mouille rapidement sous les douches, et je dépose nos affaires sur un banc avant de rentrer lentement dans l’eau. Une fois trempée jusqu’à la taille, je lui fais signe de venir me rejoindre.

Je suis là. Et avec moi il se passera rien. Ok ? Tu peux me faire confiance. On va bien s’amuser tous les deux, c’est tout.

Je lui tends la main et l’entraîne lentement avec moi. De l’eau jusqu’aux chevilles. Aux genoux. A la taille. Je recule un peu, et d’une pichenette j’envoie quelques gouttes vers lui, un peu par jeu, en espérant qu’il s’amuse et qu’il oublie qu’il a peur de tout.


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MessageSujet: Re: Babysitting - Maddy Babysitting - Maddy EmptySam 16 Aoû - 22:28

Il entre dans une cabine plutôt large. Il l’observa s’enrouler dans une serviette et… Voit sa culotte tomber au sol. Maddox devint alors rouge écarlate. Seigneur ; pourquoi est-ce qu’elle faisait cela dans la même pièce que lui. Alors ; il comprend qu’il doit lui aussi mettre son maillot de bain. Il hésite, retire ses nouveau habit ; en caleçon derrière elle ; il ne la quitte pas des yeux particulièrement anxieux alors qu’elle continue à lui tourner le dos. Il avait plus que peur qu’elle ne se retourne vers lui. Alors, il se dépêche, jamais il n’avait été aussi vite pour retirer son slip et enfile un maillot de bain. Il en aurait presque attrapé une suée. Sa pudeur n’avait aucune limite et il était pétrifié de trouille qu’elle puisse le voir nu. Il se souvenait alors de la fois ou Tamina l’eut surpris dans le plus simple appareil ; une scène qui avait fini dans des sanglots d’enfant. Puis à l’hôpital ; ses femmes en blouses blanches qui venaient le laver sans qu’il puisse se défendre et s’il avait le malheur de geindre alors le médecin venait le voir pour ‘discuter’, mais Prince avait été bien trop fatigué pour parler. Alors il pleurait, et ses larmes furent incomprises. Nu dans la baignoire, Alexey qui le plaquait contre le mur et le noyé d’eau glacée venant de la douchette ; le frappant contre le carrelage gelé en lui hurlant qu’il n’y avait personne qui lui parlait. Oui… La nudité ne lui rappelait alors que des souvenirs atroces.

Elle se retourne quand il ose un oui. Il affronte son regard, enfin pas vraiment. Ses yeux trainent par terre. Il sent qu’elle le regarde et c’est dur. Il se sentait mal. Ses os jouent avec sa peau. Puis elle prend leurs affaires ; l’entraine vers les casiers et rangent leur affaire. Des personnes passent ; alors il se cache comme il peut derrière la musicienne préoccupée avec la fermeture de la petite porte métallique. Elle passe sous la douche, il restait près des affaires l’air inquiet. Ses yeux bleus scrutaient les gens présents qui ne semblaient pas l’avoir remarqué, planquant comme il le pouvait son torse trop maigre avec ses bras. Elle l’entraine par la main dans le bassin, il n’était pas rassuré, il est à l’affut du moindre bruit alors qu’elle lui disait qu’il ne se passerait rien. Il avait confiance en elle ; mais Prince ne pouvait s’empêcher d’appréhender chaque pas qu’il pouvait bien faire. C’est alors qu’elle lui envoie de l’eau alors qu’il était à moitié entré. Il ne regardait pas trop la jeune femme. Il ne savait pas vraiment s’il le pouvait. Alors, il plante son regard dans celui de Nitzan qui lui souriait de plus bel. Alors doucement, il dessine un sourire sur ses lèvres.

Alors il lui envoie de l’eau aussi ; discrètement. Il entend glousser pas loin, deux jeunes filles s’amusent. Il sursauta pourtant, attrapant le bras de celle qui veillait si bien sur lui. Se détendait un peu ; lui adresse un sourire gêné de l’avoir… Toucher de la sorte. Les pointes de ses cheveux sont trempées ; il les touche doucement de ses doigts humides. Puis enfin, se calme un peu. Ils ont de l’eau jusqu’au nombril ; il sourit à la jeune femme. Les gens n’ont pas l’air de trop se préoccuper de lui et bonne nouvelle ; aucun fantôme n’errait dans l’eau. « Tu restes avec moi, hein… » Demandait-il capricieux ; mais il avait surtout besoin de se rassurer. Il daigne enfin la lâcher un peu. Il avance dans le bain, un mètre soixante. Il se tourne vers la jeune femme ; il n’avait pas nagé depuis tellement longtemps. Alors il regarde les autres. Il pense qu’il va y arriver. Il regarde Nitzan qui flottait sans bouger les pieds. Alors il essait de nager. Evidement, il fini la tête sou l’eau et fort heureusement il avait largement pied.

Ses cheveux collés devant ses yeux, il agitait la tête pour les épousseter comme un petit animal avant d’attendre Nitzan rire de lui. Il fit d’abord une petite moue bien malheureuse, avant d’aller chahuter avec sa nouvelle tutrice. Ils jouaient, elle arrive à le faire sourire. Prince se mit à rire, pas trop fort. Les éclats de joies restaient noués dans sa gorge ; mais cela faisait du bien. Il n’y avait pas d’enfant à cette heure ci, sauf un. Un petit Prince qui pataugeait tranquillement auprès de sa fleur chérie. Il oubliait un instant qu’il était juste immonde à voir.

Puis l’angoisse revient. Le téléphone de Nitzan a sonné sur le banc, elle sort de l’eau un instant. Il veut la suivre, mais elle lui promet alors de revenir. Alors ; il se tenait là dans un coin. Tente de se faire remarquer le moins possible quand il se fit accoster par deux jeunes femmes qui entament la discussion. Eva et Jill ; elles demandent son nom et si la belle brune est sa petite amie. Il devient rouge ; elles le trouvent adorable à souhait. « J’m’appelle… Maddox… » Parvenait-il enfin à articuler. Il se sentait tout à fait mal à l’aise. S’il était nouveau ici, ce qu’il faisait dans al vie… Tant de questions, elles parlent beaucoup et il ne dit rien. Il les observe, complètement dépassé ; ce cache dans l’eau jusqu’au menton. Au secours… Au secours… Ces femmes sont… Des étrangères.
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MessageSujet: Re: Babysitting - Maddy Babysitting - Maddy EmptyDim 24 Aoû - 19:40



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Maddy & Nitzan


Mon petit Maddy. Mon frère. Mon ami. Celui dont j’ai accepté de guider l’existence, de veiller sur lui, pour un temps j’espère, mais peut-être pour toujours. Mon petit prince amoché, cabossé, à qui je dois réapprendre à vivre. A apprécier les choses les plus cons qui nous entourent, et surtout, à ne plus avoir peur. Peur des autres, peur de ce qui l’entoure, et peur de lui-même. De lui montrer que le monde est beau, et pas seulement fait de crasses et de trucs effrayants. Que c’est cool de se promener nez au vent. Ou de se baigner, comme maintenant.

Après l’avoir convaincu que se mettre en slip était pas dangereux, on arrive à sortir des vestiaires. Je range tout ce qui est pas indispensable, gardant juste les clefs, mon portable et deux draps de bain avec moi, juste au cas où. Doucement, très doucement, je l’emmène sous la douche, puis près des bassins. Il se cache, se tourne, est mal à l’aise. Je le regarde avec tendresse, et lui caresse la joue.

Ne te cache pas mon chat… tu es très beau. Et puis, personne n’est parfait. Moi je suis pas très grande, mais je fais avec ! Personne ne va te faire de mal ici tu sais ?

Je l’emmène, le guide vers la piscine, vers les petits plaisirs tout cons. L’eau chaude, barboter, chahuter un peu. Je pose nos affaires sur le bord, et descend lentement dans le bassin. Je sursaute même pas, l’eau est tellement chaude que je m’enfonce doucement. Et je me retourne vers mon protégé. Il est planté en haut des marches, les bras croisés sur son torse fin. Mon petit prince. Son regard est planté sur ses pieds, et il relève timidement la tête vers moi alors que je l’appelle. Il sourit, enfin. J’aime son sourire. Je l’encourage et il entre dans l’eau jusqu’à la taille.

A ma grande surprise, il se prend au jeu. Il me mouille aussi. Je souris. Même si c’est que quelques gouttes, il a repris goût aux bêtises de gosse. Et j’en suis contente. Mais un bruit le fait sursauter, et en une seconde je le sens venir tout contre moi, s’agrippant à mon bras.

Chuuut petit prince… Elles parlent un peu fort mais elles te feront pas de mal. Elles sont juste là pour s’amuser, comme toi et moi. Je te quitte pas, promis.

Comme un gamin peureux qu’on doit tout le temps rassurer, je lui répète encore et encore que je resterai près de lui, et que jamais je ne lui ferai de mal, ou que jamais je le laisserai. Il soupire et acquiesce pour cette fois, rassuré pour les cinq prochaines minutes, avant qu’autre chose ne revienne lui foutre la trouille.

Je l’observe s’enfoncer dans l’eau comme une canne sur son poussin. Il se sent fier et courageux, entrant petit à petit dans le bassin. Je flotte tranquillement près de lui, sauf que quand il se lance pour une brasse, il coule prodigieusement. Pendant une seconde, j’ai le réflexe d’aller le repêcher, mais je le vois ressortir de l’eau et se secouer comme un chien, me mouillant au passage. Je ris, et le mouille. Il riposte. On gêne personne autour de nous alors on se lâche. On mélange les chatouilles et les gerbes d’eau. Il rit. J’aime tellement son rire, quand il le libère enfin, un vrai rire d’enfant, léger et cristallin. Pour aujourd’hui j’ai réussi.

Sauf que notre chouette moment est interrompu par la sonnerie de mon portable. Peut-être une urgence. Je m’avance vers l’escalier, et quand je vois que Maddy veut me suivre, je lui dis qu’il peut m’attendre dans l’eau, et que je vais revenir tout de suite. J’attrape le combiné. Rien de grave, et j’expédie la conversation en quelques secondes. Là où je suis sur le cul, c’est quand je me tourne après avoir reposé le téléphone. Deux greluches sont passées en mode chasse, et ont harponné mon protégé. Je les regarde un instant contempler la belle petite gueule de Maddy, et souris. Elles ne s’imaginent même pas le loustic qu’elles ont en face d’elles. Un regard paniqué lancé par Maddox, et je reviens le rejoindre. Il est tout paniqué.

Salut les filles ! C’est gentil d’avoir tenu compagnie à mon copain pendant que j’étais allée répondre !

Devant leurs mines ahuries, je souris en coin, et elles repartent, penaudes. Maddy n’a pas tout pigé, alors je me penche vers lui pour lui expliquer.

Elles voulaient que tu sois l’amoureux d’une des deux. Et elles ont cru que moi, j’étais ton amoureuse !

Ouais, là je lui parle comme à un môme, mais bon, Maddy est vraiment pas éveillé pour ce genre de sujets. Je m’enfonce dans l’eau, pour que ma tête seule dépasse, je remplis ma bouche, et je lui crache de l’eau en un long jet, avant de rire pour l’encourager à m’embêter à son tour, et à s’amuser en même temps.


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MessageSujet: Re: Babysitting - Maddy Babysitting - Maddy EmptyJeu 28 Aoû - 14:59

Enfin elle arrivait à son secours. Il la fixa de ses grands yeux bleus jusqu’à ce qu’elle puisse enfin arriver à leur hauteur. Elle s’adresse aux jeunes femmes et les remercie de lui avoir tenu compagnie. Il n’est pas vraiment sur que c’était leur intention, il était persuadée qu’elles voulaient lui causer du mal. Ils le veulent tous ici ! Puis quand elles s’éloignent, il se sentait bien mieux. C’est alors qu’elle lui souffla des explications invraisemblables qui lui firent ouvrir des yeux ronds comme des billes. Il n’arrive rien ajouter de plus. Il se contente de l’observer alors qu’elle l’asperge d’eau venant de sa bouche. Il grogne. Elle lui crache dessus ! Mais lorsqu’elle rit, il comprend que ce n’était pas méchant bien que d’instinct il avait tendance à vivre ce genre de chose comme des agressions. Il se détendit et commença à jouer avec elle dans l’eau. Ils riaient et ils oublient un peu les jours qui ont été difficile. Notamment à cause de lui.

Puis au bout d’un moment, elle s’accrochait au bord de la piscine et il se mit à ses cotés sagement. Ils avaient beaucoup rit et ils avaient clairement digéré leur glace. Prince observa la musicienne qui jouait avec ses jambes dans l’eau avant de lui dire « Moi j’te trouve pas si petite. » En fait, il était plutôt rassuré du fait de dépasser sa tutrice d’une tête et demie si ce n’était plus quand elle ne portait pas de talon. Dans un sens, il se disait qu’elle ne pouvait pas lui faire de mal ; agir comme Alexey qui l’emprisonnait de sa hauteur et le faisait sentir si petit, si écrasé par ce tyran. Oui, il sentait qu’elle ne pourrait pas l’étouffer ; elle l’impressionnait mais bien moins que ceux qui le toisaient. Dans un sens, elle était suffisamment impressionnante à ses yeux pour être très grande. Elle l’impressionnait parce qu’elle était tout simplement grande pour lui. Un ange. Les anges sont si grands de leur beauté, de leur gentillesse. Il lui adressait un sourire tendre, puis ils s’amusaient encore un peu avant de décider de sortir de l’eau. Elle tendait une serviette à Maddox qui s’enroula dedans alors qu’ils allaient passer par les douches. Jeta un regard furtif aux deux baigneuses qui lui jetaient des regards en coin depuis tout à l’heure. C’était vraiment… Etrange.

« Elles m’ont regardé toute la journée. » Boudait-il, il n’était plus très loin une heure de l’après midi à présent et probablement allaient-il renter dans leur doux cocon et manger quelques chose. La matinée avait été une sacrée aventure pour Maddox peu habitué à sortir de la sorte. Mais cela lui avait plu parce qu’il ne se passa strictement rien d’horrible comme il l’avait appréhendé. C’est alors qu’un type passe et ne ce gêna aucunement pour regarder le corps de Nitzan. Une chose que Prince n’osait faire ; bien que… Il jette quelque coup d’œil discret à la jeune femme. Elle était très jolie ; mais il se senti bien plus mal à l’aise de la détailler qu’attirer par ses jolies courbes. Puis il croisa son regard et devint rouge écarlate, déglutissait avec peine « Oh non… Je… » Il avait le sentiment d’avoir fait quelque chose de très mal à cet instant. Comment pourrait-il expliquer qu’il n’avait en rien voulu la regarder comme l’autre homme ; mais… Il était un garçon curieux et c’était demandé pourquoi ce type semblait subjugué par la vue des courbes de sa douce tutrice… Il se senti idiot à cet instant. Même si l’attirance physique n’était pas un attrait qui puisse capter l’attention de Prince qui s’intéressait bien plus à un sourire et une belle âme ; il savait tout de même ce que cela était.
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MessageSujet: Re: Babysitting - Maddy Babysitting - Maddy EmptySam 6 Sep - 14:31



Babysitting

Maddy & Nitzan


Avec Maddy, tout se fait doucement. Lentement. A petits pas. A chaque fois, je dois le rassurer, lui montrer, lui expliquer. Cacher les monstres sous son lit et les squelettes de son placard. Lui montrer que le monde n’est pas contre lui, et qu’il ne risque rien à sortir. Dieu sait que c’est pas facile ! Mais j’ai accepté de m’occuper de lui, avec tout ce que ça implique. Arriver à lui faire comprendre que c’était beau, dehors, et qu’il pouvait vivre des trucs magnifiques sans avoir la trouille à chaque coin de rue. Et il faut que je sois là, tout le temps, sinon il sort à peine du magasin, et seulement pour aller dans des lieux qu’il connaît.
Je suis contente de voir qu’il s’amuse. Enfin. J’aime savoir que je lui accorde ce genre de petits moments, des éclaircies parmi ses nuages. Quelques rayons de soleil. Je ris franchement quand je vois la mine ahurie de Maddy quand je lui révèle ce à quoi pensaient les filles. C’est tellement drôle, comme si j’avais sorti la pire des énormités. Pour lui, ça serait comme à un gamin à qui on dit qu’il est l’amoureux de sa maîtresse d’école.

On se chamaille encore un peu, on s’asperge, je plonge pour lui chatouiller les jambes. Il sursaute mais rit. Il oublie qu’il a peur. Il oublie tout ce qui pourrait lui arriver. Il s’amuse. Et moi je suis heureuse pour lui. Après avoir joué, on se calme un petit peu, et du coin de l’œil, je vois qu’il m’examine très sérieusement, avant de décréter que je suis pas si petite. Je souris et lui ébouriffe les cheveux.

Je m’en fiche de ma taille de toute façon. Je suis comme ça, j’ai pas le choix. Et puis, ils ont pas encore inventé les pilules qui font grandir alors…

J’avoue que la glace, le shopping plus le barbotage m’ont bien crevé, et je sens que c’est pareil pour Maddy. Ses yeux sont moins vifs, il dodeline de la tête… Je crois que l’heure du rapatriement a sonné. On sort de l’eau et on va rapidement se doucher. Une fois loin du bassin, Maddy chuine d’une petite voix que les deux filles de tout à l’heure l’ont observé depuis notre arrivée. N’importe quel type aurait été flatté. Lui a peur. Mon pauvre petit chat.

Tu sais, si elles t’ont regardé, c’est qu’elles te trouvent beau. Et elles ont raison mon petit prince. Tu es très beau.

Je commence à me savonner rapidement, laissant l’eau chaude ruisseler sur moi. Je jette un petit coup d’œil à Maddy, et je vois qu’il était en train de me regarder. Quand il s’en aperçoit, il pique un fard, baisse les yeux. Bafouille. Je souris. Il est vraiment adorable quand il veut, mon prince.

Qu’est-ce qui t’arrive mon grand ? Allez, douche toi et ensuite on va se changer.

Je termine de me rincer, ouvre notre casier et récupère nos affaires.

Mon chat, tu crois que tu pourras te changer tout seul dans une cabine ?

En quelques minutes je suis prête, et je l’attends. Je vérifie qu’on a tout, laissant à Maddy la haute fonction de porter les paquets, et on grimpe dans le bus. Là c’est le coup de barre, je sens que mes paupières sont lourdes, et du coin de l’œil, je vois Maddy endormi, sa tête se balançant doucement au rythme de la circulation. Petit chat. Heureusement, le trajet n’est pas long et je le tire du sommeil pour le faire descendre. J’avoue que j’ai pas envie de foutre grand-chose.

Petit prince, tu veux qu’on fasse une sieste ?

Dans son appartement, je lui ai aménagé un coin avec des matelas moelleux et plein de coussins, où peut se vautrer comme des loques. A cette minute précise, c’est vraiment l’endroit où j’ai envie de me poser. On grimpe donc, larguant ses paquets dans l’entrée, et on s’installe tranquillement, la tête de Maddy dans le creux de mon épaule, et ma main qui lui caresse les cheveux par réflexe. Poe nous rejoint, et on termine l’après-midi comme ça, sans avoir à s’occuper de rien. Maddy s’est amusé, s’est même fait draguer, il a des nouveaux vêtements. Une belle journée.

FIN


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